Free yourself

Vivre et grandir au coeur de l'Alaska

 
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Happy Thanksgiving

Kenny Lake, 28 novembre 2009 

Premier Thanksgiving. Chaque année, Matt et ses amis de Kenny Lake se retrouvent chez Dog et Marny. C’est un rituel immuable et c’est pour eux tous la meilleure fête de l’année. Ils se retrouvent entre amis, toutes générations confondues. Il y a à peu près tous les gens que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans le coin jusqu’à présent.

Les festivités commencent chez Craig avec quelques bières autour d’un match de football américain. J’en profite pour cuire mon pain, chacun amenant quelque chose « fait maison ». Craig vient de sortir du four la plus énorme dinde que je n’ai jamais vue… 10 kg ! Une belle bête. A 14h pétante commence « the Game of the Year », la partie de football américain que tous attendent depuis un an. J’en entends parler depuis des jours et j’ai hâte de jouer. La règle principale est qu’il n’y en a pas justement. Tout est permis. C’est un mix de foot et de rugby. C’est simple, dès que l’équipe adversaire à le ballon, il faut se ruer sur le joueur et tout faire pour l’arrêter de courir vers le fond du terrain. Nous sommes une 20° à jouer : enfants, ado, adultes,  tout le voisinage participe !  Le terrain est un près où paissent les moutons au printemps. Il est recouvert d’une belle neige fraîche, ce qui donne du piment au jeu car il faut réussir à courir. Ça amortie grandement les chutes aussi. Heureusement que Matt est dans notre équipe car c’est un tel colosse qu’il faut 4 personnes pour le mettre à terre ! Bonnes gamelles dans la neige et quelques bosses à la tête pour tous après deux heures de jeu où nous finissons trempés. Notre équipe gagne 4 à 1 !  

La récompense vient juste après : un buffet gargantuesque nous attend chez Marny, une petite femme rondelette qui rit comme une enfant. La maison est comble il y a la queue au buffet. Une 15° de plats tous différents, deux énormes dindes, du jambon fait par le voisin… puis une montagne de gâteaux… Je goûte à tout évidemment. L’ambiance est superbe, pleine de rires et de bonne humeur. Quand nos estomacs sont rassasiés, les joueurs de poker retournent chez Craig. Je suis la seule fille à y aller! Je m’entraîne depuis 15 jours avec Matt et j’ai bien envie d’essayer. Chacun joue avec sa petite monnaie. Je me fais plumer bien vite et Matt me refile quelque quarters de dollars pour continuer. Je suis trop innocente pour ce jeu de ripoux. J’apprends un peu tard que le jeune à ma gauche à regardé mon jeu tout du long ! D’habitude au Tarot, c’est moi qui regarde les cartes du voisin… En fin d’après midi, les « vrais » joueurs lancent un tournoi. Chacun mise 20$, le gagnant emporte la mise. Je trouve ça bizarre de parier de l’argent entre amis mais ça n’a pas l’air de les déranger. Pas question pour moi de me faire plumer encore. J’observe et j’apprends. Les matchs de football américain se poursuivent à la TV. Après le bon exercice de l’après midi et toute cette nourriture, le sommeil me tombe dessus. Déjà je n’écoute plus les voies qui ne sont plus que des bruits. Pas de dog mushing aujourd’hui, c’est férié aussi pour les chiens !

 footballgame.jpg repas.jpg poker.jpg

Photos de gauche à droite: Football game dans le prés des moutons/ Aperçu du repas de Thanksgiving/ Partie de Poker: la tension est à son comble pour John et Dog.

 

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Par judithpuzzuoli
Le 28 novembre, 2009
A 21:49
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Fast and fun

25 novembre 2009

Le dog mushing rythme mon quotidien. Je sors tous les jours, quelque soit le temps ou la température. Parfois deux fois, avec d’autres chiens. A la fin de l’hiver, je vais pouvoir écrire un livre au titre évocateur, du genre « Carnet de route d’une apprentie musheuse en Alaska ». Les sorties se suivent et ne se ressemblent pas… C’est toujours pareil, il y a toujours moins de choses à raconter quand tout se passe bien ! Je gagne en assurance : pas de mauvaises farces ces 4 dernières balades ! Miracle ou apprentissage ? Par trois fois je suis sortie toute seule et les doggies ont été superbes. Le traîneau file sur la neige et les bosses, les chiens sont au top de leur forme et j’ai même le temps de regarder le paysage. Nous avons encore rallongés la balade, qui approche maintenant 28km ! Environ 2h de bon air frais sur un parcours magnifique, au milieu des sapins. Il y a toujours quelques surprises comme des chiens fous au milieu du chemin, des motos-neiges qui arrivent en face effrayant l’équipe, des virages un peu rapide où je me retrouve sur les genoux accrochée par une main… mais comme je sais bien freiner et anticiper maintenant, cela pimente la balade.

J’ai « ouvert » avant-hier le chemin en forêt, celui de mes balades à pied. C’est génial car personne n’est encore passé en traîneau. La neige est fraîche, épaisse et profonde. Les chiens s’enfoncent bien et je dois les aider tout du long, sur une boucle de 5km environ, en plein cœur de la forêt. Quand je dis aider, ça veut dire courir derrière le traîneau (sans le lâcher !) ou bien pousser du pied dans la neige, comme si j’étais sur une trottinette. C’est dans les deux cas épuisant car la neige arrive à mi-genoux. Je n’avais pris que 5 chiens et la bonne suée qu’ils m’ont donnée m’aura appris que c’était trop peu pour « ouvrir » une voie ! Dès que je me laissais tirer sur le traîneau pour reprendre mon souffle, celui-ci freinait dans la neige et les chiens pensaient que l’on s’arrêtait. C’était aussi un bon entraînement pour les faire obéir aux ordres « Hah ! » (gauche) et « Gee ! » (droite), comme ils ne connaissent pas le parcours. La seule surprise a été un arbre mort couché au milieu du chemin. Je me suis baissée -trop tard- et pris une branche en plein front. Ça réveille. Demain j’y retourne, le chemin sera bien damé et l’on pourra aller vite dans les sous-bois… Cette fois je prendrai une scie !

montagechugachmontains.jpg 

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Par judithpuzzuoli
Le 26 novembre, 2009
A 5:18
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Emmêlages, échappée belle et course à pied

Kenny Lake, 23 novembre

Il semble que le burlesque n’est pas de limite pour moi. Les chiens m’aiment bien car ils savent qu’à chaque fois que la Petite est aux commandes ils vont pouvoir bien s’amuser… Il y a des jours où je me demande si j’arriverai à faire une sortie « parfaite », c’est-à-dire sans mauvaises surprises. Mais chaque course de dog mushing réserve son lot d’inattendus. C’est peut-être aussi bien comme ça, cela prouve que les chiens ne sont pas des machines…

Avant hier, Loogie et Picker sont désignés comme leaders du jour. Ils sont censés connaître le chemin maintenant, malgré les bosses et les intersections : toujours tout droit sauf quand je donne un ordre pour tourner. Seulement mes deux leaders ont décidé de me tester un peu… à chaque croisement, ils décident alternativement d’aller à gauche – dans une cour, ou bien à droite- sur la route. Je commence à bien maîtriser le frein de secours et arrive à chaque fois à les arrêter en plein milieu de l’intersection, juste avant qu’ils ne repartent de plus belle dans la mauvaise direction. Je m’assure que mon croc est profondément ancré dans la neige, descend du traîneau, détache l’arrière du harnais des deux  puissants chiens positionnés  en Wheel (à l’arrière)- ce qui permet de stopper leur action sur le traîneau et de parer à un redémarrage inattendu. Puis je vais à l’avant du traîneau pour montrer aux leaders le chemin à prendre. Hélas la femelle du milieu est en chaleur et les chiens veulent tous aller la voir.

Commence un jeu terrible : chaque chien tourne autour de l’autre -plus rien à faire de courir-, s’emmêlant avec leur harnais, la chaîne principale, le copain… Cela me fait penser à un jeu que je jouais étant petite, qui consiste à s’emmêler les bras avec d’autres enfants puis à chercher à retrouver un cercle parfait. Sauf que les chiens ne connaissent que la première partie du jeu. Pendant que j’en démêle un dont la pâte et l’arrière train sont entortillés dans la chaîne principale, les 5 autres continuent de plus belle à jouer ensemble et à empirer le Nœud ! C’est un vrai casse-tête et plus le temps passe, pire ça devient. Et encore ils ne sont que 6 ! Cela me prend 15 bonnes minutes pour remettre tout le monde en ordre, chacun à sa place. Il a fallu les détacher les uns après les autres, prendre le risque qu’ils m’échappent des mains, et surtout beaucoup de patience pour ne pas faire une crise nerveuse. Après ça évidemment je suis en nage. On arrive à repartir… 200 mètres plus loin, rebelote. Nouvelle intersection, nouvelle occasion d’hésiter, d’aller saluer les copains et de s’emmêler… Au bout de trois fois de ce petit jeu mortel, je décide de faire demi-tour plus tôt que d’habitude. I’m Fed up with dogs… Assez tournée en bourrique pour la journée…

La sortie d’hier a bien failli être parfaite : nous sommes sortis avec Matt et les 12 chiens, chacun son traîneau, avons rallongés la ballade d’environ 5 kilomètres, ce qui fait une belle sortie d’environ 1h30. Pas de cascades, pas de chutes incontrôlées, pas de nœuds. Des chiens obéissants ! Le rêve.

Arrivés chez Matt, les chiens sont encore en forme et on se dit qu’on referait bien un tour, cette fois en pleine forêt. J’enfonce mon croc dans le sol, vais demander à Matt les instructions… Je m’éloigne de 10 mètres de mon traîneau. Malheureuse ! A peine le dos tourné que les chiens prennent leur élan pour repartir ! Le croc saute et les voilà qui filent ! Damn it ! Je le sais bien pourtant qu’il faut garder un pied sur le croc ! Je commence à leur courir après. Ils vont vite mais j’ai peut-être encore une chance de bondir sur le traîneau… Seulement comment faire un sprint quant on porte autant d’habits : d’épaisses chaussures de neige, 4 épaisseurs sur les jambes, 5 sur le haut… Peu importe, il faut les suivre de vue au moins pour savoir s’ils vont bien tourner et revenir vers la maison ou aller vers la route et se perdre Dieu sait où. « Cours Forest ! ». J’enrage. La boucle qu’ils risquent de faire fait bien 3km. C’est vraiment la honte qu’ils m’aient échappé « à la maison » ! Je suis trop fière pour faire demi-tour et rentrer les mains vides… je vois déjà la tête de Matt.  Alors je cours et peste après moi et ma bêtise, après ces chiens farceurs. Je les perds de vue et n’ai plus qu’à finir la boucle pour voir si ils ne sont pas coincés quelque part avec le traîneau. Rien. J’arrive sur la route et aperçois Matt et son traîneau. Il a dû prendre un autre chemin pour essayer de les rattraper. Je le perds de vue lui aussi et décide d’arrêter de courir pour rien. Je rentre 15 minutes plus tard, épuisée, trempée, échevelée et rouge pivoine. Les chiens sont rentrés et déjà dans leur niche. Ils sont passés devant chez un voisin qui a sauté sur le traîneau et les a ramené à bon port. Matt et le voisin n’osent pas rigoler quand ils voient la tête que je fais. Ils me consolent en me disant que ça arrive à tout bon musher. Je reste muette de colère toute l’après midi, jusqu’à ce que Matt m’offre un chocolat chaud et une tablette de chocolat… On ne m’y reprendra plus !

kennylakemontagnecopie.jpg dscn3039.jpg dscn3036.jpg

Photos de gauche à droite: Vue sur Kenny Lake, depuis la Edgerton Road. J’ai fait un petit montage. C’est ma vue préférée de tout l’Alaska… c’est trop grandiose. Matt habite au bout de la route (de ce que l’on peut en voir), à gauche dans la forêt, à 1,5km environ de la route. Dans le fond, chaîne des Chugach Mountains, plusieurs sommets de 5000 mètres. Ce beau ciel bleu, nous l’avons presque tout les jours, quand il ne neige pas! / Sorties matinales en traîneau. Vue prise depuis mon sled… pas facile de cadrer car ça va vite et je suis empêtrée avec mes mouffles! / Arrêt obligé avec Matt. Les chiens ont soudain envie de tourner à gauche… Pied sur le croc car mes chiens ne demandent qu’à doubler les autres.

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Par judithpuzzuoli
Le 24 novembre, 2009
A 19:13
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Sorties nocturnes

Kenny Lake, Vendredi 20 novembre

Les journées raccourcissent à vue d’œil. On ne voit le soleil qu’entre 10h et 16H30. Hier pour la première fois nous sommes sortis à la tombée du jour. Il faisait – 35°C (record battu) ! Les chiens aiment courir en fin d’après midi et étaient comme toujours très excités ! Matt a pris son traîneau avec 7 chiens, j’étais derrière avec 5 chiens. C’est impressionnant car avec la frontale je vois à peine le dos de Matt et il faut bien anticiper avant d’arriver devant ces fameux murs de neige –même si ces derniers commencent à bien se tasser maintenant !
J’ai les joues gelées, du givre sur les cheveux, les cils et les vêtements mais je n’ai pas froid. Je suis couverte comme un bibendum ! Il n’y a pas de lune mais la neige éclaire le chemin. Je prévoirais quand même une frontale de secours la prochaine fois, juste au cas où ! Pas de gamelle, tout se passe à merveille et c’est une joie immense d’être avec les chiens et le silence de la nuit. The Big Deeper (la Grande Ourse) nous montre le chemin de la maison. Magique.

C est fou mais il y a tout juste un an, je revais de canada et de chiens de traineau. Un an plus tard me voila, alors que j etais sensee arriver au Japon en automne. Il n y a pas de hasard et j ai la conviction que tous nos reves, tous nos projets se realisent ou prennent forme si l on a la certitude qu ils ne peut en etre autrement. Lorsque l on croit sincerement en soi et en ses reves, tout l Univers conspire en notre faveur.

Je reviens de 2h de randonnees en raquette, en pleine foret. Je suis partie a la tombee du jour, bien equipee contre le froid. La foret prend un autre aspect la nuit, c est drole comme les peurs enfantines du noir et du mechant loup resurgissent! J ai marche vite, malgre la neige fraiche et les raquettes qui s enfoncaient profondemment. Je n ai vu que des traces de lapins et de renards mais ne pouvais m empecher d imaginer des empreintes d ours… pourtant ils ne risquent pas de se montrer par ce froid et sont normalement bien plus loin, pres de la riviere. Je fais trop de bruit avec mes raquettes pour voir quelque chose mais me promet d y retourner plus tot et d attendre dans un coin que les animeaux montrent leur bout du nez!

dscn30341.jpg Ma tête congelée au retour de la ballade à traîneau, par -35°C!

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Par judithpuzzuoli
Le 21 novembre, 2009
A 6:27
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Musher adventures 2

Les aventures de la veille ne m’ont pas découragées, au contraire. Je recommence donc cette après midi, avec d’autres chiens. Sherley et Doc comme leaders (devant). C’est avec Sherley que j’ai eu des petits soucis alors je suis méfiante. Ce chien me teste ! C’est aussi le leader de la meute.

Tout se passe bien jusqu’à ce fameux grand mur de neige: cette fois-ci je ralenti bien et laisse le temps aux chiens de choisir un passage. Ils ont l’air de prendre le mur côté gauche, parfait, sauf qu’arrivés de l’autre côté, Sherley a envie de prendre à droite, vers la route, au lieu de prendre tout droit ! Le sled n’a pas encore passé le mur, je suis en plein dans la montée et peu encore freiner avec mon croc (frein de secours, sorte de double crochet qu’on enfonce dans la neige pour retenir le traîneau et les chiens). Les chiens sont arrêtés, le sled à un angle de 45°, arrêté en milieu du mur. Je descends en vitesse pour leur montrer qu’il faut aller « tout droit ! ». Je prends Sherley par l’encolure : « Ecoute-moi bien toi, tu ne pas recommencer ton cirque ! ».

J’ai l’impression qu’ils ont compris, remonte sur mon sled, retire le croc car déjà ils cherchent à reprendre leur course. C’est dur de reprendre en pleine montée. Mauvais appuis. Sherley me teste vraiment et prend à gauche cette fois, côté cour menant chez des gens. Je suis surprise et sous l’impulsion des chiens le sled se renverse. Je m’accroche bien. Les chiens vont très vite et c’est impossible de freiner car la cour est lisse comme une patinoire, damée par un chasse-neige. Je me fais tirer désespérément. La scène doit être comique de loin : le musher à terre, emporté par ses chiens fous. Après un moment qui me semble interminable, j’arrive à utiliser mon corps comme un frein et à me diriger vers un endroit où il y a de la neige fraîche. Les chiens s’arrêtent. Dès que je suis debout, ils reprennent de plus belle, contournent la maison.  La cour fait une boucle qui revient vers la route. J’y crois fort, ils vont m’écouter et tourner à gauche quand je leur dirai pour reprendre notre chemin. Tu parles! Les chiens vont tout droit, sur la route ! Noooon !!!!! Et c’est reparti pour un tour.

Ça m’est déjà arrivé, je sais comment il faut faire, no panic ! Seulement ça n’est pas facile avec cette neige légère et fraîche sur le bas côté. Nous voilà donc de l’autre côté de la route, à toute allure. Je fais plusieurs tentative, mon croc dérape et les chiens repartent ! Après plusieurs essais, j’arrive à bloquer mon croc profondément dans la neige. Je vais à l’avant du  traîneau, montre aux chiens qu’il faut faire demi-tour. Le temps de remonter sur mon sled, ils ont repris leur course, toujours dans la mauvaise direction ! C’est un cauchemar ! Encore un essai : cette fois, les chiens comprennent qu’il faut traverser. J’ai à peine le temps de grimper sur le sled qu’ils sont déjà repartis. Ça va trop vite, je n’ai pas la force de les retenir, le sled m’échappe des mains ! Purée j’ai perdu mon attelage ! Je cours après eux, en vain. Les voilà partis dans une cour encore. J’espère les prendre par surprise en anticipant leur direction. Ils contournent la maison, vont dans les sous bois et disparaissent.

La course poursuite commence : je cours comme une folle dans les sous-bois. La neige à mi- genou  -parfois plus- il faut que je passe dans des buissons, sous des arbustes, entre des arbres… Ils peuvent être n’importe-où et je ne sais pas s’ils pourront trouver un chemin pour rentrer tout seuls… Je suis en colère  mais je sais quand dans une heure ça me fera rire. Je les cherche en vain pendant 10 minutes. Cette-fois, je crois bien que je vais rentrer à pied. Je reviens sur mes pas, là où je les ai perdus. Je  compte demander de l’aide à la maison, s’il y a quelqu’un. Arrivée devant celle-ci qu’est-ce que je vois !?? Mes chiens et mon traîneau qui m’attendent patiemment ! Deux personnes les ont attrapés et retenus. J’ai le souffle coupé par la course, les cheveux échevelées, de la buée sur les lunettes, sûrement les joues rouges écarlates. Je dois avoir l’air d’une folle. Je les remercie dans un charabia d’anglais. « I’m just an apprentice, those bloody dogs escaped from me ! ». Ils rient et m’aident à les remettre sur le chemin, direction chez Matt. Ils sont mushers aussi et savent ce que sait. Je suis en nage, crevée. J’ai ma dose pour aujourd’hui. Encore un bonne montée d’adrénaline.

Le retour se passe sans problème pour la suite. Les murs semblent plus faciles à passer. Il faut descendre du sled si l’on ne veut pas qu’il se renverse et courir vite, très vite, pour ne pas tout lâcher sous la force et la vitesse des chiens. Avec le temps, les murs vont s’aplatir j’espère. Le chemin est une belle piste maintenant et c’est génial car on file sur la neige. Des virages, des bosses, le sled saute et penche de tous les côtés, un peu comme un bob-sled, c’est marrant.

Il est 4H30 à peine et le soleil se couche déjà. Les lumières sont superbes, ciel bleu turquoise sur les montagnes enneigés. I      l fait pas loin de -30°C mais je ne sens le froid que sur mes joues. Je suis couverte de givre.

Au retour je n’ai plus la force et l’envie d’entraîner la deuxième team. Il va faire nuit et sortir à la frontale est encore trop tôt pour moi.  Je ne veux pas prendre le risque de faire une autre sortie de route ! Je raconte mon histoire à Matt qui rigole évidemment. Encore une histoire qui se termine bien ! Une chose est sûre, je ne veux plus de cette chipie de Shirley comme leader.

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Par judithpuzzuoli
Le 19 novembre, 2009
A 18:53
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L aventure continue!

Kenny Lake, 18 novembre

Voilà, je reviens tout juste de la frontière USA-Canada, à 400 km de Kenny Lake ! ça fait une grosse journée aller-retour et c’est Matt qui a conduit tout du long car les routes étaient assez mauvaises avec la neige. Un groupe de 6 caribous à bien faillit traverser la route juste devant nous ! La route était encore magnifique…

J’ai un peu stressé à l’aller, me disant que ça serait dommage de quitter l’Alaska maintenant que je suis une vraie apprentie musheuse !
Ça s’est passé comme sur des roulettes ! J’ai commencé à raconter mon histoire de bateau depuis la France par la Russie, mon visa d’un mois seulement… Le type –patibulaire- me dit : « Si vous voulez restez 90 jours supplémentaire, vous n’avez qu’à faire demi-tour et entrer à nouveau dans le pays. Préparez 6 $».
A piece of cake ! On a donc fait demi-tour et pris la route Canada-Alaska, le douanier à ouvert la porte « gauche » de son bureau et nous voilà à nouveau ! J’ai rempli un papier, le même que le mois dernier. On ne m’a rien demandé : ni billet d’avion retour, ni adresse fixe, ni ce que je comptais faire, ni si j’avais des choses à déclarer ! Soulagement ! Je crois que l’on peut faire ça autant de fois que l’on veut pourvu que l’on sorte à la date limite.
Je peux donc faire des plans à nouveau, au moins jusqu’à noël. J’ai l’intention de rester jusqu’à mi décembre à Kenny Lake, histoire profiter encore de cette belle vie alaskaise, puis d’aller sur les Etats-Unis ou le Canada à Noel pour voir de la famille. En janvier, on se remet à bosser ! Je compte bien trouver et acheter mon bateau avant l »ete prochain!

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Photos de gauche à droite: Mount Sanford/ Mount Drum/ Sur la route de Tok, soleil levant.

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Par judithpuzzuoli
Le
A 6:06
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Musher adventures

Kenny Lake, 17 novembre 2009

C’est lorsqu’il fait des erreurs que l’apprenti progresse… Il m’est arrivé en traîneau une petite mésaventure qui mérite d’être contée. C’est un peu long car je vous raconte tout.
Qu’on se le dise, le mushing est un vrai sport et il ne s’agit pas seulement de se laisser traîner gentiment par les chiens !
Il a neigé tout le week end, ce qui fait pas loin de 60 cm en une semaine. La neige se tasse progressivement mais l’on s’enfonce tout de même à mi-genou.
Hier matin les chiens étaient fous de joie de s’entraîner après 4 jours de break. Matt me demande de faire tout « toute seule », pour voir si je me débrouille. Je prépare donc le sled (traîneau), choisi mes 6 chiens et leur position dans la team, vais les chercher à leur niche, leur passe le harnais et monte aussitôt sur le sled dès qu’ils sont à leur poste, prête à donner le signal de départ. On ne croirait pas, mais cette étape préliminaire demande déjà beaucoup d’énergie. Les chiens sont survoltés et c’est du rodéo pour les amener au traîneau et leur passer le harnais, souvent étroit. Il fait -24°C mais je n’ai pas froid du tout !
J’hurle pour couvrir les aboiements : « Everybody ready ?! ». Au signal « All right », je lâche l’attache qui retient le traîneau à un arbre. Et c’est parti pour notre ballade habituelle, un tour d’une dizaine de kilomètres, l’aller se terminant par une boucle nous faisant revenir par le même chemin.
Il faut sortir de la cour de Matt, enneigée, puis longer un chemin lui aussi enneigé avant de rejoindre un autre chemin que les voisins empruntent pour rejoindre la route principale, à 1,5 km environ. Pour rejoindre ce chemin, il faut aider les chiens car le traîneau comme les chiens s’enfoncent profondément. Je cours derrière le traîneau -sans le lâcher bien sûr !-, ou bien aide à pousser avec un pied. A noter qui si le lâche le traîneau, les chiens continueront sans moi. Rien à faire de leur maître. Ils savent où aller et rentreront tous seuls. Ça n’est pas facile de courir dans la neige à mi-genou, les bras et le corps penchés en avant vers le traîneau. Je m’essouffle vite et déjà j’ai hâte de rejoindre le chemin damé par les voitures. Là les chiens filent à toute allure. C’est lisse comme une patinoire. Le plaisir de la vitesse ne dure qu’un temps car déjà nous arrivons au bord de la route. Il faut prendre un virage à 90° pour rejoindre le chemin qui la borde.
Ce chemin est emprunté par quelques motos-neige et par d’autres mushers. On progresse moins vite car la neige est fraîche et le chemin pas encore suffisamment tassé. Là où ça se complique c’est que régulièrement, il y a des pistes qui croisent ce chemin, pour rejoindre la route. Ces pistes sont damées ce qui crée de véritable murs de neige en plein travers de mon chemin ! Je passe le premier « petit » mur (1m) sans trop de souci. Les chiens prennent de l’élan et dans la montée je cours derrière en m’accrochant pour les aider à faire passer le traîneau de l’autre côté. On continue. Deuxième mur : cette fois les chiens arrivent vite et c’est très haut (environ 1,60m) ! Il faut que les chiens le contournent. Comme je ne freine pas suffisamment, les chiens se « mangent » le mur, surpris par la hauteur (moi aussi !). Pagaille générale, tout le monde s’emmêle. Ça me fait rire jusqu’à ce qu’ils décident de passer à droite, vers la route.
Je me crois sortie d’affaire le mur passé, sauf que les chiens sont désorientés. Tout se passe très vite, pas le temps de crier « Hah ! » (gauche), que déjà les chiens traversent la route, moi derrière avec le traîneau !! Nous voilà de l’autre côté, sur le bas-côté où il y a un peu de neige. Pour eux c’est parfait : c’est tout lisse, ça glisse bien, ils courent à plein régime. Pour moi c’est la cata ! Je suis en plein sur la route, heureusement peu fréquentée, mais je ne contrôle plus rien ! Je crie « Hah ! » des dizaines de fois, rien n’y fait, ils ne m’écoutent pas ! Si bien que je me demande si je crie le bon ordre ! « Hah ! » c’est à gauche ou à droite ? Merde, je ne sais plus à force! Freiner est quasiment impossible : il n’y a presque pas de neige, le frein glisse sur la route. Mais pourquoi les mushers n’ont-ils pas un ordre pour dire aux chiens de s’arrêter !? J’ai l’impression d’être sur une monture devenue folle. Les chiens comprennent bien qu’ils ne devraient pas être là mais ils n’ont en tête de courir comme des diables. Je les maudits dans toutes les langues, crie pour qu’ils s’arrêtent. Rien n’y fait.
Ça va vraiment vite et déjà on dépasse l’endroit où l’on fait habituellement demi-tour.
Deux options :
Continuer ainsi jusqu’à Chitina (prochain bled, 35miles, fin de la route !), jusqu’à ce que les chiens soient crevés, ou jusqu’à ce que Matt se demande ce que je fais.
Trouver un moyen de s’arrêter et de faire demi-tour.
Je choisi l’option 2 car ça commence à me taper sur les nerfs cette affaire. A plusieurs reprises j’ai réussi à freiner les chiens. Ils s’arrêtent quelques instants. Je leur crie « Hah ! » sans succès et bien vite ils aboient et tirent de toute leur force pour repartir. Je choisi un endroit où il y a un peu plus de neige sur le bas-côté. Là je freine difficilement de tout mon poids, prend le croc dans le traîneau et l’enfonce dans la neige. Ce croc est relié au traîneau et est sensé servir de frein de secours. Encore faut-il une neige épaisse bien profonde. Celle du bas-côté de la route est légère car poussée par les voitures. Je sais que je n’ai que quelques secondes avant que les chiens tirent, soulèvent le croc et repartent de plus belle. Je cours à l’avant du traîneau, prend les deux leaders par leur harnais et les poussent à faire demi-tour. C’est risqué car si les chiens repartent avant que j’ai eu le temps de monter… je les perd et eux continuent dans une direction qu’ils ne connaissent pas.
Les leaders semblent comprendre. Ils tournent à 180°, le reste de l’attelage suit. Déjà ils commencent à tirer fort pour repartir, je grimpe à toute vitesse sur le traîneau. On traverse la route et nous voilà vers la direction de la maison. Ouf !
Je ne suis pas tirée d’affaire pour autant : les voitures arrivent dans mon dos maintenant et font peur aux chiens. J’ai peur qu’ils paniquent comme des lapins et se mettent en travers de la route. Heureusement les quelques voitures qui passent ralentissent. J’essaie encore de m’arrêter pour que les chiens descendent vers le chemin « habituel ». Sans succès. Ça ne va pas continuer indéfiniment ! Nous voilà arrivés au chemin menant chez Matt. Je freine, crie « Gee ! » (droite) : les chiens continuent ! Je freine de toutes mes forces, une main sur le traîneau, l’autre sur le croc. Accroupie à l’arrière du traîneau, je cherche à enfoncer le croc dans la neige du bas-côté en me penchant vers le sol. Ça marche ! Je vais à l’avant, montre aux leaders (les chiens de devant) qu’il faut descendre vers le chemin de prendre la direction de la maison. Enfin ils acceptent de marcher dans la neige fraîche et une fois sur le chemin, semblent reprendre leur esprit. Nous voilà où il faut.
De retour chez Matt, je suis épuisée, en sueur, le souffle court. Je me dis que c’est la dernière fois que je monte sur un fucking sled avec ces crazy dogs. Matt me dit que je suis maintenant une vraie musheuse ! Que l’on ne devient bon qu’avec des petites aventures comme celle-là ! J’ai fait ce qu’il fallait faire et ça arrive apparemment à tous les mushers au moins une fois… il paraît qu’une fois sur la route, les chiens paniquent et n’écoutent plus les ordres. Bon à savoir…

Après une bonne boisson chaude, un bon repas, je décide finalement de remettre ça. C’est au tour de la deuxième équipe, les six autres chiens. J’ai pris les conseils de Matt : bien freiner avant d’arriver devant les murs de neige pour laisser le temps aux chiens de trouver un passage. Cette fois-ci tout se passe bien. Arrivé au tournant où il faut faire demi-tour, dans les sous-bois, la neige n’est plus damé, toute fraîche. Il faut aider les chiens et courir derrière. C’est épuisant. Ça dure 5 minutes mais il faut courir à fond car les chiens tirent bien. Au retour, en passant le fameux mur qui m’a valu l’aventure du matin, le sled est littéralement soulevé dans les airs, mes bras avec, mais pas mon corps ! Donc je me ramasse dans la neige –heureusement de l’autre côté du mur- et les chiens me tirent quelques instants avant que mon poids ne fasse frein. Je redresse le traîneau renversé et remonte en vitesse. Cette fois-ci je rentre à la maison super contente. J’ai réussi à conduire mon attelage sans fausse note, ou presque. Quelle journée ! J’ai beaucoup appris et je crois bien être maintenant une mordue de dog mushing ! Car vraiment, quand « tout va bien », c’est que du bonheur avec les montagnes enneigées tout autour, les lumières d’hiver, le souffle des chiens et le glissement du traîneau qui file sur la neige. Unique à chaque fois.

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Par judithpuzzuoli
Le
A 6:03
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Record de froid

Kenny Lake , 16 novembre 2009

Les nuits sont bien fraîches désormais : hier soir, le thermomètre a enregistré -29°4C comme minima ! Il paraît que ça n’est qu’un début… Pour Matt, c’est encore « a little bit chilly », c’est-à-dire « un peu frisquet ». Moi qui ai horreur du froid, je m’étonne de le supporter aussi bien ! Avant, -10°C semblait une limite infranchissable, aujourd’hui par moins 18°C, tout va bien… a condition de s’activer lorsqu’on est dehors. Comme quoi on s’habitue à tout !

Les chiens sont recouverts de givre mais n’ont pas l’air de se plaindre. Ils se mettent à l’abri dans leur niche au fond de paille. Il a neigé tout le week end : 35 centimètres viennent s’ajouter aux 30 cm tombés dans la semaine… ça commence à faire pas mal ! Parfait pour faire du Mushing…

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Par judithpuzzuoli
Le 17 novembre, 2009
A 7:00
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La fin du chapitre en Alaska ?

Kenny Lake, 16 novembre 2009

Mercredi 18 s’achève mon Visa. Déjà un mois. Je me rends en voiture à la frontière Canadienne avec Matt. Suspens et légère angoisse… serais-je autorisée à rentrer à nouveau aux States et à renouveler mon visa pour 3 mois !? Je ne peux pas croire que l’aventure alaskaise se termine déjà : encore trop de choses à voir et à apprendre, encore trop de rencontres à faire. J’aime ce pays et ses habitants. Ils m’inspirent. J’aime être une apprentie musheuse et vivre dans les bois. Et puis je n’ai pas prévu de « plan B » si je me fais refouler.
Je croise donc les doigts pour que la Sainte Aude me porte bonheur ! Sinon, direction Vancouver… et on improvisera. Il n’y a pas de mauvais chemin.

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Par judithpuzzuoli
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A 6:47
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Week end à Fairbanks

Kenny Lake, 16 novembre 2009

Une fois par an, Matt “descend” en ville avec ses amis de Kenny Lake. Un retour à la civilisation, principalement pour faire la fête. Je ne pouvais pas manquer ça ! DD, John et Craig nous accompagnent. DD (Diane) est Musheuse en hiver et pêcheuse en été, une sacrée nana. Elle parle comme un gars et j’apprends de « jolis » mots et des expressions commençant par « F ».
Il faut 5 heures pour aller à Fairbanks, la dernière grande ville du Nord de l’Alaska. Ensuite c’est le Grand Nord et il n’y a plus que des petits villages épars. Il faut passer par « the Alaska Range », une chaîne de montagnes avec des sommets proches des 5000 mètres. Le road trip vaut le détour, le paysage est à couper le souffle. Il n’y a qu’une route principale, toute droite, à l’infini, tout autour c’est le wild complet ! Il a des « mooses » (élans) sur le bord de la route ! On s’est arrêté tout prêt pour observer une mère et son petit. C’est énorme ! Bien plus gros qu’un cheval.
Week end festifs, entre concert de Hobo Jim – la star locale jouant du country rock-, sorties au resto et parties de cartes. Sympa. Fairbanks, tout comme Anchorage, reste pour moi une ville typiquement américaine, sans âme. Pas vraiment de centre ville, tout est tellement étendu que l’on ne marche JAMAIS. Ce qui surprend c’est qu’autour tout soit aussi sauvage. Je suis toujours étonnée de voir comment les hommes savent créer de si grandes villes au milieu de nulle part… et l’énergie nécessaire dépensée.

 

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Photos de gauche à droite: DD au volant/ Vue sur the Alaskan Range avec le poisson volant d’Arizona Dream/La maison du Père Noel: nous passons devant une ville nommée North Pole. Tout est rouge et blanc et il y a un parc d’attraction sur le thème du Père Noel… je n’ai pas visité sa maison hélas. Remarquez que Santa Claus a un truck! Les lampadaires de la ville sont en forme de sucre glace… un drôle d’endroit/ Les lutins du Père Noel peuvent même aller manger au McDo.

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Par judithpuzzuoli
Le
A 6:47
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