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Vivre et grandir au coeur de l'Alaska

 
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Retour à la civilisation : premières impressions

Vancouver, samedi 30 janvier 

Après tant de temps passé en pleine nature, proche des éléments, loin du bruit, de la foule, de la pollution et du confort moderne, la ville est un cauchemar. Je me sens comme un chat sauvage emprisonné dans une boîte, les sens hérissés : les odeurs de pollutions, les bruits de trafic, le goût de la nourriture, la vue de cette immense ville toute grise dans la bruine et le brouillard… Une autre réalité oubliée.    

Repenser à la vie à Kenny Lake et à la pureté de l’Alaska me fait presque pleurer. Si j’ai cette impression si forte c’est parce que pour la première fois, j’ai vécu un idéal de vie que je souhaiterai vivre toute ma vie. J’ai appris chez Matt qu’il est possible de vivre bien, dans un cadre magnifique, sainement, simplement, heureux. En vivant de la terre, en étant autonome pour s’alimenter, se chauffer… 

Pierre Rabhi, un grand Humaniste, agro-écologiste (je vous conseil de le lire ou l’entendre*), appelle cela « la sobriété heureuse » : l’accomplissement de l’être, son épanouissement, n’est pas dans la possession mais dans la sobriété… et cela passe bien sûr par notre mode de vie au quotidien. « Tout changement implique le changement de soi car si l’être humain ne change pas lui-même, il ne pourra changer durablement le monde dont il est le responsable». 

J’étais déjà une convaincue. Après cette expérience en Alaska, je sais comment je souhaite vivre. C’est comme si j’avais passée une barrière de compréhension qui fait que je ne peux plus revenir en arrière et faire « comme si de rien ». Je suis plus que jamais choquée par nos modes de vie, de consommation… notre gaspillage illimité, nos désirs de possession créateur de frustrations et de mal être. Je ne peux pas faire changer les autres, mais à mon niveau, j’entends bien vivre mes convictions. 

La ville est pour moi le parfait exemple d’une société qui a dérapé, profondément ancrée dans le matérialisme, le superficiel et le superflu. On ne cesse de travailler pour courir après ce que l’on va consommer. Une société d’  « Avoir », plutôt qu’une société « d’Etre ». Totalement flippant. 

Et voilà que j’ai choisi d’habiter en ville ! Pourquoi ? Pour « gagner de l’argent » et pouvoir réaliser mon rêve : vivre sur mon bateau. Un rêve matérialiste vous me direz ! Certes, mais cette possession n’est en fait qu’un outil. Un outil pour voyager, pour grandir intérieurement en me frottant au monde. Sans compter le cheminement (difficultés, rencontres…) pour y parvenir. 

M’accrocher à mon rêve me permettra de « tenir » en ville. Il va falloir être forte mentalement ! Mais si je me rends compte que je dépense plus que je ne gagne, alors je partirai bien vite ! J’ai appris que Vancouver était la ville la plus chère au monde, par rapport aux salaires… Mal tombée !  Bien sûr j’aurai pu choisir un autre endroit… mais j’ai pensé que travailler en ville me permettrais d’atteindre plus tôt mon rêve. 

C’est donc un nouveau chapitre qui s’ouvre. Celui de Kenny Lake -Alaska- reste grand ouvert. Eternelle source d’inspiration et d’énergie pure.  

* Pour ceux que çà interesse, Pierre Rabhi a crée Le mouvement Colibri : http://www.colibris-lemouvement.org/  et Terre & Humanisme : www.terre-humanisme.org  Il a aussi écris plusieurs livres magnifiques, dont La part du colibri, Parole de Terre, Gardien du feu. Tous très inspirants.   

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Par judithpuzzuoli
Le 31 janvier, 2010
A 6:44
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Chez les Couch Surfers

Vancouver, samedi 30 janvier 

Après avoir passé la journée de mercredi à la gare routière de Vancouver, j’ai retrouvé chez eux Emilie et Gérald, des « amis d’amis » (Merci Sandrine!!), français du même âge qui habitent au Canada depuis l’été dernier. Le hasard veut que se soit aussi des « Couch Surfers » ! Tout comme les amis rencontrés à Anchorage, ils font partie de cette grande communauté de gens sympas et ouverts qui accueillent chez eux ou sont hébergés chez d’autres membres lorsqu’ils sont en voyage. Vive le couch surfing, et vivement que chez un « chez moi » pour pouvoir rendre la pareille ! Emilie et Gérald habitent en coloc dans un grand appart avec d’autres étrangers : Divina (australienne), Simon et Daniel (Anglais) – tous vraiment sympas. Suberbe bonne ambiance.

On a bien échangé et on va se revoir dès que je serai un peu installée… d’autant que nous avons beaucoup de points communs avec Emilie : Cancer également (du 2 juillet !), elle adore les jeux de sociétés, tout ce qui est lié à l’imaginaire, aux contes… et comme moi, est grande amatrice de gâteaux, surtout au chocolat ! Echange de recettes en perspective…

Je suis restée deux nuits, le temps de trouver une chambre à louer et de découvrir un peu la ville, aidée par leurs bons conseils. Le deuxième soir, j’ai cuisiné pour les amis friands de nouvelles recettes. Cela fait aussi partie de l’échange culturel ! Au menu, repas libanais ! Fallafels, pains pita, sauce yogourt et salade verte, tout « fait maison ». Yumi ! J’étais partie pour faire des lasagnes -pour honorer mes origines- mais ils en avaient mangé la veille… Next time!

Merci amis couch surfers de m’avoir offert « un toit » et bien plus encore…

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De gauche à droite : Divina, Simon, Gerald, Daniel, Emilie. Avant d’attaquer les fallafels !

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Par judithpuzzuoli
Le
A 4:55
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L’arrivée à Vancouver

Vancouver, mercredi 27 janvier   

Je suis arrivée à la gare routière de Vancouver ce matin, vers 5h30. Je n’y croyais pas, la nuit a si vite passée ! J’ai dû bien dormir, allongée entre 2 banquettes, les jambes traversant le couloir pour rejoindre les banquettes d’en face. De loin la position la plus confortable que j’ai pu trouvée. Impossible de rester assise.   

Le reste du trajet s’est bien passé. 1 jour et demi et 2 nuits passés dans le bus. Jamais je n’ai fait un voyage d’une traite aussi long. Je n’ai pas fermé l’œil la 1ere nuit. S’est finalement passé « assez vite », l’esprit dans mes pensées, mes pensées entre l’Alaska et le futur prochain à Vancouver. Le paysage a progressivement changé. Le Yukon est superbement sauvage et gigantesque, mais moins impressionnant que l’Alaska (de ce que j’en ai vu car nous avons aussi voyagé de nuit !). En descendant vers le sud de la Colombie Britannique, moins de montagnes et moins hautes. Moins de neige aussi. Vers Prince Georges, nous traversons même des plaines agricoles, entourées de vallons. Les villes que nous traversons sont de plus en plus grandes. Toujours les mêmes : grandes chaînes de Fast Food, d’Hôtels et de stations services, par centaines. Rien de beau à voir dans ces villes. 

Je pensais pouvoir poser mes valises dans un casier pour la journée, le temps de retrouver ce soir les amis qui m’hébergent pour la nuit, mais avec les JO d’hiver qui approchent, ils ont tout fermé !! Je suis donc bloquée à la gare routière pour le moment. Impossible de me déplacer loin avec mon gros sac à dos et toutes les affaires chaudes que j’ai enfilé pour alléger le sac ! Ici, pas de neige !!! Et il fait chaud, je ne sais pas combien exactement, mais c’est incroyable. J’ai donc l’air d’un extra-terrestre habillée comme par -30°C… 

J’ai trouvé une prise pour mon ordi et écris maintenant depuis 2h30 pour le blog. Il ne me reste que 10$ en poche. De quoi me rendre en bus chez les amis, quand j’aurai réussi à les joindre au téléphone…   

Total de milles parcourus depuis Kenny Lake : 1968 milles !! (soit 3149 kilomètres) 
Kenny Lake –Whitehorse : 336 milles Whitehorse -Vancouver: 1632 milles 

trajet.jpg Carte du trajet

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Par judithpuzzuoli
Le 28 janvier, 2010
A 4:50
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On the road

Whitehorse (Canada- Yukon), lundi 25 janvier 

Me voilà en chemin pour Vancouver. Une vraie épopée du Grand Nord pour arriver jusqu’ici… 

J’ai fait mes « au revoir » à Matt et à Kenny Lake hier matin (dimanche). Larmoyants… quand d’habitude je pars toujours avec le sourire ! Il faisait -30°C au petit matin, et les chiens sont restés au chaud dans leur niche. Une douce caresse pour chacun, un petit tour dans le jardin et je tourne le dos à Kenny Lake. Dernier « big hug » de Matt à Glennallen (à 1H de KL) et c’est parti pour 16h de bus, direction Whitehorse, Canada. (carte) 

Dur dur ! J’ai l’impression d’être vidée et de repartir de zéro. Etrange sensation. Je me rappelle ce que Matt m’a dit à propos de l’image du saut à l’élastique et je « bloque mon esprit » pour ne pas réfléchir à tout ce que je laisse derrière et me centrer uniquement sur le présent. 

Première partie du voyage tranquille jusqu’à Tok, non loin de la frontière. Le bus driver a mis une musique entraînante, pour redonner le sourire à la « young lady » (moi). Une famille de 7 caribous (le renne du Grand Nord) traverse la route devant nous et le chauffeur à tout juste le temps de s’arrêter. J’en vois une dizaine d’autres au bord de la route en l’espace de quelques heures ! Le conducteur aperçoit même 2 lynx que je manque hélas ! 

A Tok, il y a un changement de bus. Le temps d’avaler une soupe en compagnie de Tomas, un vieil Indien du Yukon. Il a bien 65 ans, la peau toute burinée, de long cheveux noir, une casquette recouverte de poil de castor aux oreilles, veste en cuir, habillé tout en noir. Il parle tout bas et tout doucement. Je l’aime bien ce papi. Il me raconte ses années de pêche au large du Détroit de Béring et son enfance dans le Yukon, quand les chiens de traîneaux étaient leur unique moyen de transport et leurs meilleurs compagnons. Leurs chiens étaient mi-huskie/mi-loup, ce qui les rendaient sauvages et bagarreurs mais très résistants. Il se sent chez lui tout le long de la Yukon River, entre l’Alaska et le Canada. 

Nous ne sommes que 3 passagers dans le mini-bus. J’ai une grande banquette 3 places pour moi toute seule et peux m’allonger confortablement. Glen, un new-yorkais qui a fait tout le voyage en bus nous a rejoint à Tok. Ce type m’est antipathique au premier contact : ses questions incessantes dépassent la simple curiosité. Il est affreusement impoli et nous bombarde tous de questions personnelles. Je me sens limite « attaquée » verbalement. Tomas fait la sourde oreille, je lui dis que j’ai sommeil. Quand il ne parle pas, il filme le paysage, pendant des heures, sans mentir. Ça me dépasse que l’on fasse un si long voyage pour regarder le paysage à travers un petit écran de caméra ! 

Nous passons la frontière US vers 21h, sans s’arrêter. Une 20° de miles s’éparent le poste de douane canadien. La route est mauvaise et je saute de la banquette à tout va. Tout se passe bien pour moi au poste frontalier, j’obtiens mon visa travail sans problème. Mais mon ami Tomas et refoulé ! Raison : conduite en état d’ivresse sur le sol canadien, il y a 20 ans !! Complètement dingue ! Je suis contre les frontières : on devrait tous être libre d’aller où l’on veut sur cette Terre. Le bus driver doit le raccompagner jusqu’à la frontière US. Nous attendons 1h30 à la Douane avec Glen. Ô joie d’être en compagnie de ce zigoto là! 

Le reste du trajet est très long : Glen ne cesse de parler (fort) avec le conducteur, qui n’en peut plus également (il me l’avoue plus tard). Ce type ne peut fermer sa grande bouche plus de 30 secondes (j’ai compté) ! Impossible de dormir. Je découvre que c’est un Monsieur Je-Sais-Tout en puissance, fraîchement diplômé. A côté de ça, le paysage du Yukon est spectaculaire : le clair de lune éclaire une chaîne de montagne enneigée interminable, recouverte de sapins jusqu’à mi-sommet. Pendant des heures, la même chaîne défile sous mes yeux. Surréaliste. Ça me fait penser à ces vieux films où l’on voit le même faux paysage défiler sur les côtés. Sauf que celui-ci est bien réel ! 

La meilleure anecdote du parcours arrive à Haynes Junction, 2 heures de route après la frontière : Haynes est au beau milieu de nulle part. Un no man’s land où ne s’arrêtent que les camions pour faire le plein d’essence. Arrivés à la station service, le chauffeur me demande si je veux descendre. Je réponds que non. Glen et lui descendent. Au moment où Glen revient, je décide de sortir finalement et croise Glen au moment où il rentre dans le bus. En sortant des toilettes, je vois le bus qui démarre doucement. Je le suis sous courir, me disant que le chauffeur me fait une blague. Le matin même, le premier chauffeur avait fait cette blague quelques secondes à Tomas. Je me dis qu’ils sont comiques ces chauffeurs de bus Alaskais, mais qu’à 23h, ils poussent un peu ! Donc, je ne veux pas faire « celle qui tombe dans le panneau » et ne cours pas derrière comme une paniquée, sachant qu’il va s’arrêter. Très malin comme raisonnement, je sais. Mais le bus continue et arrivé au stop, je commence à courir car je vois qu’il n’a pas l’intention de s’arrêter ! Il reprend la route et déjà me sème. Je cours comme une délurée derrière lui par -20°C et crie « WAIT !!!! ». Trop tard, le bus est parti ! Je n’y crois pas. C’est une blague : il va revenir ?! Je me sens aussi désespérée et misérable que lorsque j’ai perdu mon attelage de chiens en forêt. C’est simple, je suis cul-nu : pas de manteau, aucune affaires chaudes sur moi (j’ai tout retiré dans le bus tellement il faisait chaud) et bien sûr, j’ai laissé mon portefeuille et mes tous papiers dans le mini-bus !!! Bien joué Judith. J’entends déjà maman dire : « On ne fait JAMAIS ça ! Laisser ses papiers derrière soi, mais t’a pas de tête ma pauvre fille !». Je regarde le bus partir et cours vers la station pour prévenir le gars que mon chauffeur est parti sans moi. Après 500 mètres, je vois le mini-bus fait demi-tour ! Alléluia ! Je l’attends au bord de la route, ouvre la portière et grimpe en vitesse. « Sorry, I though you were sleeping in the back » (Désolé, je pensais que vous dormiez à l’arrière) me dit le conducteur. Non, ça n’était pas une blague. Mais je sais que Glen m’a vu sortir du bus. Soit il a fait exprès de ne rien dire, vexé que je ne sois pas plus enthousiaste à parler avec lui (ce que je pense), soit il était tellement absorbé dans son bla-bla ininterrompu qu’il n’a pas fait gaffe si j’étais revenu ou pas. Dans les deux cas, je déteste ce type et j’ai hâte d’arriver pour ne plus avoir à le supporter. Bon, je m’en sors bien, alors tout va bien ! 

J’arrive à 2h du matin à l’hôtel. Un véritable croque-mitaine m’accueille sans mot dire. Il baragouine trois mots dans un anglais incompréhensible pour m’expliquer le prix et où se trouve la chambre. Enfin je pose la tête sur l’oreiller, lessivée. Est-ce que j’ai bien fait de prendre le bus ? Encore 2 jours et demi !!! 

Heureusement, ce matin, j’ai pu appeler les parents par Skype. Ça me fait du bien de partager mes mésaventures et je retrouve le moral pour la suite.

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Whitehorse city/ La Yukon River, gelée, depuis Whitehorse (la rivière passe au pied de la ville/ Vue sur le Yukon depuis le bus

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Par judithpuzzuoli
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Farewells to Alaska

Farewells to Alaska 

Vancouver, mercredi 27 janvier   

Avant de vous faire le récit de la traversée « Alaska-Vancouver » en bus, je me dois de vous raconter les derniers bons moments passés à Kenny Lake, avant mon départ, le dimanche 24 janvier. 

Dernières sorties mushing 

Pour mon « avant dernière», je décide d’aller en forêt for the last time, faire le Big Loop, mon parcours préféré (voir carte). Tout se passe bien jusqu’à mi-parcours, dans un certain virage à 90°, planté d’arbres sur le côté… Les chiens vont vite et j’ai à peine le temps de les ralentir que mon sled, fragilisé par la dernière rando (collision dans une vieille voiture*), percute un arbre mal placé dans le virage ! Le sled s’ouvre littéralement en deux jusqu’au tiers de sa longueur -comme une feuille que l’on déchirer- et le tronc se retrouve entre les deux parties ! Je cris de surprise… le retour va être difficile. J’ai toute les peines pour le décoincer de l’arbre, avec les chiens qui tirent déjà pour repartir ! Une bonne intuition avant le départ m’a fait prendre une corde (on ne sait jamais !) : ouf ! Elle me permet de rafistoler vite-fait le sled, pour éviter qu’il ne s’ouvre encore au moindre coup. Je suis prudente au retour, effectuant des valses acrobatiques dans les virages les plus secs pour éviter les collisions. Encore une pièce à changer ! Désolée Matt, j’ai attendu de partir pour casser complètement ce superbe traîneau ! Heureusement, tout se change sur ce sled indestructible « fait main ». 

La dernière sortie « solo » se fait avec 7 chiens, le long de la route vers Chitina ! C’est Matt qui m’y pousse ! J’hésite un peu, car quelques jours plus tôt, j’ai essayé avec 8 chiens et ils m’ont échappé dès la sortie du jardin, dans un mauvais virage !!! C’est qu’avec la puissance et la vitesse de deux chiens supplémentaires, les repères ne sont plus les mêmes. Nous avions retrouvés les chiens le long de la route, pas très loin en voiture, tout emmêlés. La pauvre Snot était même coincée sous le sled ! 

Je me lance donc par défi de réussir avec mes 7 chiens et tout se passe bien : superbe vitesse, les chiens sont heureux, moi aussi ! Et j’ai droit à un magnifique couché de soleil, rose et bleu pastel sur les montagnes… 

Enfin, la « der des der » se fait avec Matt en fin d’après midi, direction Tonsina Lodge, pour fêter mon départ autour d’un bon repas ! Nous arrivons juste avant la nuit, après avoir vu le soleil se coucher sur la chaîne des montagnes Wrangells, depuis le sommet de la Edgerton Road. Mon sled a désormais une mauvaise déviation et tend à aller un peu trop vers la droite. Dans la descente vers Tonsina, je mors le bas-côté dans la neige fraîche et évite de peu de perdre mon attelage. Je me cramponne et atterri sur les genoux, toujours entraînée par les chiens ! Avec la vitesse de la descente, c’est du rodéo pour me relever mais j’y parviens…    

Le retour est extraordinaire : il fait -30°C ! Demi-lune, grand ciel étoilé. Nos amis de Tonsina viennent voir le départ. Les chiens ont attendus patiemment plus de 3h. Ils sont bien reposés et ont mangé leur snack « saumon ». Ils sont fous de joie de rentrer de nuit. Avec la lune qui se reflète sur la neige, c’est « presque » comme en plein jour ! Nous éteignons nos lampes frontales dans les lignes droites : c’est magique !! La lune projette mon ombre, celle des chiens et du sled sur la neige. Le paysage n’est plus le même, c’est comme découvrir un nouveau parcours. Derrière les montagnes Wrangells, une aurore boréale montre le bout de son nez. Elle est pale et ne fait aucun drapage mouvant, mais elle est vaste et je remplis mes yeux de sa couleur verte fantomatique.  Les chiens tracent comme des flèches. Tout est calme. Nous sommes silencieux, en harmonie avec les chiens, la nature. Ils sont vite recouverts de givre, mon nez gèle un peu aussi mais ça n’est pas grave. C’est tellement bon d’être là ! Déjà je me promets que je renouvèlerai l’expérience. *voir Grande Randonnée mushing, publiée le 18 janvier

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La musheuse et son bonnet Alaskais/ La préparation du traîneau et des harnais avant d’amener les chiens/ Une carte « fait main » de Kenny Lake et des parcours à traîneau.

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Mount Drum , matinée et couché de soleil, deux vues différentes

Dernière journée à Kenny Lake 

Pas de dog mushing ce jour-là. Il faut garder des forces pour le long voyage qui m’attend en bus ! 

Matt m’emmène en voiture au pont de Kuskulana (voir Google map), direction Chitina. Je n’y suis encore jamais allée. C’est géant : Kenny Lake me semblait isolé, mais ça n’est rien comparé à Chitina, et Mc Carthy, le village du bout du monde. Mc Carthy est à 96 miles de la Richardson Road, et fini par un cul de sac, après avoir emprunté une piste de gravier depuis Chitina. Le village se fait ravitailler par avion. Ils ne sont qu’une 10° d’habitants en hiver. Prendre cette piste, c’est comme se retrouver au temps au temps des premiers pionniers, chercheurs d’or et mineurs. Les montagnes nous entourent, la Nature est partout ! Aucun signe de « civilisation » ne vient perturber la vision. On passe au dessus de rivières gelées, au milieu de forêt de sapins vénérables. Comme dit Matt, ici les arbres meurent plus vite qu’il n’y a de gens pour les couper. Nous nous arrêtons au pont de Kuskulana, construit en 1908, pour amener le train jusqu’à Mc Carthy. La région de la Copper River a été pendant un temps la plus grande extraction de cuivre au monde ! Le pont surplombe de près de 100 mètres la Kuskulana River. Nous avons emprunté à pied le « Cat trail », la passerelle au dessous de l’ancienne voie de chemin de fer. Il y a quelques années, Matt a sauté à l’élastique depuis ce pont : 80 mètres de chute libre ! A voir le vide sous mes pieds, je me dis que jamais je ne pourrai faire un saut pareil ! Le secret selon Matt, c’est de « bloquer son esprit, sinon on ne saute jamais ! ». Une belle métaphore… 

Au retour, nous allons boire un verre à Tonsina Lodge. Sergei et Leena, les propriétaires du lieu sont russes. Ils ont quitté Miami pour reprendre ce business ! « Il fait trop chaud en Californie » comme ils disent ! Ce sont des cœurs ces deux là… et des personnages hauts en couleur. Je les appelle les « Busy Beavers » (Ils bossent tout le temps, comme les castors). Leena avait préparé pour mon départ un gâteau absolument délicieux !! Ça m’a évidemment beaucoup touché. Josh, le barman était là également. Lui c’est Mister Cool : jamais stressé, jamais pressé. Adorable aussi. Je les ai quitté la larme à l’œil, en leur promettant de revenir. Le plafond du bar est couvert de billet de 1$, avec des mots signés dessus par des 10° d’amis du lieu. J’y ai laissé mon 1$ bill, en écrivant « I’ll be back ! ». Enfin, pendant que je faisais mon sac, Matt a cuisiné du saumon d’Alaska, pêché dans la Copper River par Doug l’été dernier. Mon dernier vrai saumon ! Dégusté jusqu’au bout des arrêtes… ça fait partie des milliers de choses en Alaska qui me manquent déjà. 

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Vue sur la Tonsina River et la Copper River, en route pour le pont de Kuskulana dscn3523.jpg dscn3525.jpg pont.jpg

La vue depuis le pont de Kuskulana/ Le pont depuis la route et le pont depuis la passerelle piéton.   

dscn3533.jpg dscn3536.jpg dscn3537.jpg Josh coupe mon magnifique gâteau de départ! / Sergei, Josh, Leena et Matt, au Tonsina Lodge.

 

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Par judithpuzzuoli
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Milk delivery

Kenny Lake, 19 janvier   

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Chaque mardi matin, Matt récupère à la ferme des Libbeys (à Kenny Lake), du lait de vache fraîchement tiré, qu’il livre à des clients sur Valdez, après avoir animé son émission radio. Cette livraison de lait m’inspire beaucoup et je me suis dit que ça pouvait vous intéresser également… 

Je me souviens qu’étant petite, nous allions parfois à la ferme chercher le lait du fermier voisin, avec sous le bras notre pot au lait… charmant ! C’est évidemment aujourd’hui interdit, à cause de toutes ces réglementations sanitaires contraignantes…. « Pour le bien de la santé publique! » La blague… Pour le bien des grandes surfaces, oui ! Ce qui fait qu’au lieu d’aller chercher le lait le plus proche de chez soi, chez des fermiers locaux que l’on connaît, nous devons allez acheter en magazin un lait -pasteurisé bien entendu- qui vient d’on ne sait où et qui a sûrement parcouru des centaines de kilomètres et nécessité le gaspillage de dizaines de litres de gasoil… Sans comptez l’énergie dépensée pour mettre en bouteille… Et comme vous le savez, c’est la même histoire pour tous les produits frais et fermiers en général… 

Ici en Alaska, ils ont trouvé une solution géniale, qu’il serait bon de voir se développer par chez nous, et pas seulement pour le lait : Les clients des Libbeys n’achètent pas de lait de vache mais une part  de la vache !  Ce qui est tout à fait légal : il partage la propriété d’un animal, élevé par quelqu’un d’autre, et peuvent donc en partager les bénéfices (viande ou lait). Et légalement, il ne s’agit pas d’une vente. Génial, non ?! Donc tous ces gens paient mensuellement, en fonction du nombre de parts de vache qu’ils possèdent (en fait, en fonction de la consommation de lait dont ils ont besoin). Ok, ça coûte un peu plus cher que du lait de grande surface mais quand on sait tous les avantages et le bienfondé de cette démarche !   

-  un lait ultra frais 

 -  produit localement : vaches nourris sans OGM ou antibiotiques… au bon foin de la ferme.   

 -  livré à domicile  -  zéro emballage jeté 

-  et peut-être j’oublie des choses ?… 

 Ce lait n’est pas pasteurisé : j’en bois depuis 3 mois et n’ai jamais été malade… Alors les histoires d’interdiction pour cause de sécurité sanitaire… Le lait ne se garde pas des jours, certes, mais il est si bon qu’on le boit comme de l’eau !  En plus, il n’y a pas de bouteilles d’emballage utilisées. Combien en jetons-nous par semaine ? Le lait est livré dans des bouteilles de verre, récupérées chaque semaine sur le palier des maisons, lavées, stérilisées puis réutilisées. Les bouteilles sont mêmes « privées » en quelque sorte, car marquées au nom du client. La seule « contrainte » est de rendre ses bouteilles rincées pour ne pas les faire moisir.  En échange de sa livraison, Matt reçoit environ 4l de lait par semaine… On fait même du beurre avec la crème restée en surface ! Une demi-heure de « shake-shake » avec les mains (la crème étant mise dans un petit pot de confiture)… crevant (quand on n’a pas de mixeur électrique !), mais ça en vaut la peine.   

Pour la petite histoire, une des familles qui achètent le lait s’appelle « les Bloods » (Sang, au pluriel) ! Cette famille est parmi celles qui en consomment le plus ! Evidemment, à chaque fois que nous déposons le lait devant le palier des « Bloods », je ne peux m’empêcher de me raconter des histoires du genre : « Mr et Mme Bloods et leurs enfants –les vampires de Valdez- ouvrent l’œil chaque mardi à minuit, pour aller récupérer les 6 litres du délicieux lait les attendant sur le palier et qui assouvira pour quelques jours leur immense soif… »

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Qu’est-ce qu’on attend pour faire pareil ?! Avec le lait, les œufs, la viande (poule, cochon…) !  À bas les grandes surfaces ! Vive les combines locales et vive le troc ! 

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Par judithpuzzuoli
Le 20 janvier, 2010
A 5:49
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Matt’s garden

Kenny Lake, 19 janvier

 Deux petites vues panoramiques (360°) de chez Matt, pour que vous vous ayez une meilleure idée de l’endroit où j’habite depuis 3 mois déjà!

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Par judithpuzzuoli
Le 19 janvier, 2010
A 19:06
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Grande randonnée mushing

Kenny Lake, lundi 18 janvier 2010 

Deux fois par mois environ, nous partons avec Matt et tous les chiens pour une grande balade à traineau. Hier fut la plus grande de toutes, avec près de 43 miles (70 km) parcourus ! 9H de rando, dont 6H de course ! La plus sportive également. 

Nous sommes partis vers 11H30, direction la Richardson Road. Avant de l’atteindre, nous longeons pendant 9 miles (14,5km) la Edgerton Road. Par chance, des motos neige sont passées avant nous et malgré la neige fraîchement tombée, les chiens ne s’enfoncent pas trop et avancent à belle allure. Grand ciel bleu, doux soleil d’hiver, seulement -15°C : le bonheur ! 

Nous avons chacun 6 chiens. Matt prend surtout les « Boys », qui sont suffisamment costaux pour le traîner. Gobi la Matriarche et Loogy l’Idiot sont mes leaders du jour. Ils sont heureux de suivre Matt et courent à plein régime. La remontée de la Edgerton est une montée en pente douce interminable où il faut souvent aider les chiens avec des « kicks » (coups de pied dans la neige) pour les aider à monter la côte.   

Arrivés en haut de la Edgerton, il faut traverser la route en vitesse (même si le trafic est limité, mieux vaut ne pas traîner), avant de longer la Richardson direction Valdez. Là c’est une longue descente avec une vue imprenable sur la fin de la chaîne montagneuse « Chugacks ». Arrivée vers la fin de la descente, je vois pour la première fois Matt tomber du sled -sans le lâcher, surpris par une petite pente raide inattendue. Evidemment je rigole bien car pour une fois  que ça n’est pas moi ! 

Peu après, vers Tonsina Lodge (notre bar préféré), nous devons rejoindre John Fowler, un autre ami musher, mais celui-ci est arrivé en avance et a déjà filé avec ses chiens. Nous le retrouvons plus loin sur le petit chemin qui mène à Bernard Creek. Cela motive les chiens de se retrouver à plusieurs équipes. Cette fois nous sommes en pleine forêt. C’est plus sympa. Je n’ai jamais pris ce chemin et je découvre qu’il ne fait que monter dans la montagne, sans fin ! C’est épuisant car je ne peux pas me laisser traîner dans la montée sans quoi les chiens s’arrêtent. Donc je « kick » à tout va et avec mes grandes chaussures de clown et mon pantalon trop long sur lequel je me prends les pieds. Ça devient mon Chemin de Croix ! 

Enfin une descente ! Les montées sont raides dans le coin, les descentes le sont tout autant. J’ai les deux pieds sur le frein et ça ne freine pas autant que je le souhaiterai car la neige fraîche me soulève littéralement. Dans cette descente se trouve sur le côté une vieille carcasse de voiture ! (genre un truck Ford des années 70, superbe !) Mais qui a bien pu l’emmener jusqu’ici, si loin de tout !? Les chiens passent hélas un peu trop près et je rentre en plein dans l’arrière de la carcasse ! Enorme BAM ! Ça m’arrête net, les chiens aussi ! Ils se retrouvent tout surpris le nez dans la neige fraiche, et moi assise sur le sled couché. Ce sled en bois est heureusement ultra solide. Seule la partie avant est cassée, une sorte de pare-choc en plastique. J’arrive à décoincer mon sled et c’est reparti ! 

Ce chemin est un vrai parcours de « montagnes russes » -ok, sans les loopings, mais quand même ! Chaque belle montée est suivie d’une effrayante descente. Cette fois, on me prévient que la descente se finie par une petite rivière à traverser, sur un pont de glace ! Je freine de tout mon poids et arrivés à la rivière laisse faire les chiens qui n’ont de toute façon aucune envie de se mouiller les pattes dans l’eau gelée. Certains chougnent comme s’ils avaient peur, mais nous passons le petit pont étroit sans problème.  Enfin nous arrivons à Bernard Creek. « Creek » signifie le ruisseau, sauf que celui-ci doit se transformer parfois en torrent violent car la maison forestière qui devait être là n’y est plus ! 

John me demande si j’ai vu le lynx dans l’arbre ? QUOI !? Non, je n’ai rien vue ! Il me dit que la bête est prise à la patte par un piège posé par un trappeur. En tant que « pro chat », je suis évidemment choquée qu’ils attrapent d’aussi beaux animaux juste pour leur fourrure… J’ai beau guetter au retour à l’endroit indiqué, je ne vois rien… Il s’est peut être échappé ! (John pense qu’il était mort au pied de l’arbre !) 

Après quasiment 4h non stop de course, nous faisons une longe halte au retour, à Tonsina. Nous attachons comme il faut les chiens, récompensés par un beau morceau de poisson, puis nous allons manger au bar/restaurant. On a une faim de loup et sommes assoiffés ! J’ai les bras en compote, déjà fatigués par le ramassage de bois de la veille (6 sapins coupés en rondins transportés jusqu’au truck..). Le temps de bien récupérer et de faire sécher nos affaires mouillées, qu’il est temps de rentrer. Déjà 19h30 ! 

Le plus dur est de sortir dans le froid, après avoir été au chaud si longtemps et avec le ventre plein… Je n’ai qu’une envie : dormir !  Mais la fatigue s’envole dès que nous reprenons la route. Le retour se fait à la lampe frontale, par une nuit noire totale ! Pas de lune mais des millions d’étoiles au dessus de la tête. Aucune lumière de ville ne vient perturber le spectacle. C’est magique : 1H40 dans la nuit, toute l’attention sur le traîneau et les chiens, avec quand même des petits coups d’œil fréquents sur la voûte étoilée. Nous suivons la Grande Ourse (la « queue de la casserole » vers « le bas »), mais Orion veille sur nous aussi à l’Est. Il fait assez doux (-18°C), je n’ai froid qu’au bout du nez. Pas de voiture. On n’entend que le bruit du traîneau qui glisse sur la neige et les petits pas des chiens qui courent courageusement pour rentrer au bercail. Mes chiens suivent Matt de près, mais se font parfois distancer et je me retrouve alors absolument seule, ce qui n’est pas pour me déplaire (tant que je ne me prends aucune gamelle !). De temps en temps, l’odeur d’un feu de bois provenant de l’une des maisons que nous passons. Parfois je ne sais si l’odeur ne vient pas tout simplement de la forêt de sapins et de bouleaux sur le côté de la route. Ça sent comme une douce odeur d’encens. Je remplis mes poumons de cette fragrance et essaie de garder tous mes sens en éveil pour graver en moi cette expérience unique. 

 Nous rentrons tous épuisés mais heureux. Quelle bonne fatigue ! Dehors tout le jour, et plus encore. Les chiens ont droit encore à un bon repas et s’endorment aussi sec. Je les remercie de m’avoir « traînée » aussi loin, aussi longtemps et de ne m’avoir joué aucune « mauvaise » surprise… Cette nuit là, je dors 12 heures d’affilées. Bien méritées !

Photos: à venir j’espère… j’en ai pris de superbes mais ma carte mémoire bug depuis hier!! 

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Par judithpuzzuoli
Le
A 18:53
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Copper Basin 300: Sled Dog Race

Copper Basin 300: Sled Dog Race 

Kenny Lake, mercredi 13 janvier   

C’est le nom de l’une des courses de chiens de traîneau les plus connues en Alaska, et dans le monde du Dog Mushing. Chaque année, début janvier, une 30° de mushers professionnels des 4 coins du monde (principalement les pays nordiques !), partent avec leur attelage de 12 chiens pour un parcours en pleine nature de 300 miles (480 kilomètres). Les premiers mettent 3 jours, mais selon les conditions (neige, météo, surprises), cela peut prendre beaucoup plus de temps.   

Samedi dernier, nous sommes donc allés voir le départ de la course avec Matt, à Glennallen (1H de route de KL). Maintenant que je m’y connais un peu plus en dog mushing, j’étais impatiente de voir tous ces « pros » , leurs chiens et les préparatifs. 

Les chiens des « pros » ne ressemblent plus aux Huskies bien touffus comme on se les imagine (ou comme ceux de Matt…) : ils ont fait tellement de croisement avec d’autres races de chiens résistantes et rapides (genre Greyhound), que les chiens sont assez petits, le poil court et tout en muscle. Impressionnant. Ils sont beaux mais je préfère quand même les vrais Huskies, les descendants des loups ! 

Cette année il y avait 41 équipes au départ, ce qui fait beaucoup de chiens et une grosse organisation ! Pour éviter la pagaille générale au départ, une équipe démarre toute les  2 minutes. Les chiens portent tous 4 paires de petites chaussettes, pour éviter que des morceaux de neige gelées se coincent entre les cousinés (ce qui à la longue blesse les chiens). Ils sont tellement surexcités qu’on leur fait tirer derrière le traineau un petit quad jusqu’à la ligne de départ, histoire de les contrôler ! Là, 5 ou 6 volontaires retiennent les chiens le temps des derniers préparatifs. Deux crocs retiennent le sled également, mais 12 chiens peuvent les faire sauter facilement s’ils en ont envie…. Ce qui est le cas avec toute cette excitation. Le musher donne une dernière caresse à chacun et au signal retire les 2 crocs. Les chiens partent comme des bombes ! 

Les règles du jeu sont simples : arriver le premier à la dernière étape. 24h/24 de course « into the wild », avec 4-5 « check points » tout au long du parcours, pour que les chiens et leur maître se restaurent et fassent une courte sieste (environ 4-5 heures). Bien sûr, ils font quand même d’autres pauses tout au long du parcours, mais celles-là ne sont pas décomptées du chrono. Si des chiens sont blessés ou épuisés et doivent arrêter la course, le musher les emmène sur son sled jusqu’au prochain check point. Il a l’obligation de terminer avec 5 chiens minimum. Aucune aide sur le parcours, ni aux étapes. Si le musher à un problème en cours de route, il peut toujours demander l’aide d’un concurrent derrière lui. S’il a recourt à l’organisation, il est automatiquement éliminé. Chacun concoure avec le type de traîneau (sled) de son choix et le nombre de kilos souhaités. Il y a seulement pour obligation d’avoir 1 pound de nourriture par chien pour chaque étape. 

Matt a participé à cette course en 2002 mais a dû s’arrêter un peu avant la fin (280° miles !) car les chiens étaient épuisés. Il a l’intention de la refaire l’année prochaine, cette fois en étant mieux préparé et mieux entraîné. A l’époque, il débutait et avait guère mieux d’expérience que moi ! 

J’étais contente de voir que la moitié des mushers sont des femmes ! Et je leur tire mon chapeau car c’est vraiment fou cette course… Il faut être incroyablement endurant pour résister au froid, à la fatigue… mais aussi très musclé pour réussir à contrôler 12 puissants chiens !  Nous avons ensuite suivi les équipes sur le début du parcours, qui longe la route qui mène à Anchorage. C’était magnifique de voir toutes ces équipes qui se suivaient à la file indienne. Très belle lumière du matin aussi, j’ai pris de belles photos : 

Si vous voulez jeter un coup d’œil au site web de la course : www.cb300.com . Il y a plein de belles photos ! 

dscn3394.jpg Les Seavey sont l’une des familles les plus célèbres en Alaska. Grand Musher de père en fils ! Ils avaient 2 équipes au départ. 

dscn3396.jpg Un zoom sur leurs chiens…   dscn3399.jpg dscn3403.jpg   D’autres chiens, au fond à droite, c’est Jeff King, le gagnant de cette année ! Il a gagné 3 fois l’Iditarod, la course la plus difficile au monde (1000 miles !). 

dscn3406.jpg dscn3408.jpg Sur la ligne du départ !  

 dscn3416.jpg  dscn3418.jpg dscn3419.jpgdscn3426.jpg    Et c’est parti ! A quelques miles du départ. Montagnes Sanford (à gauche) et Drum (milieu).   Si vous voulez tout savoir, les chiens savent doubler les concurrents moins rapides !  

 dscn3412.jpg  dscn3413.jpg Sur fond de forêt de sapins qui poussent sur un sol permafrost (gelés en permanence), ce qui rend les arbres minces comme des bâtons et très fins. Ils mettent des années à pousser. 

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Par judithpuzzuoli
Le 14 janvier, 2010
A 5:50
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On the road again !

Kenny Lake, Vendredi 8 janvier   

 

Après 3 mois de pur bonheur en Alaska, il faut bien se résigner à quitter ce petit coin de paradis pour continuer la route vers d’autres ailleurs! Je quitte donc mon ermitage le 20 janvier, direction Vancouver (Canada). Trois jours de voyage en bus, je vais en voir du pays ! 

Bientôt fini donc les longues journées à méditer, les courses à traineau, ce paisible art de vivre… dans quelques semaines, au boulot! C’est qu’il va en falloir des heures de travail pour payer le bateau de mes rêves… J’ai obtenu mon visa Vacances-Travail pour toute l’année 2010, et peux donc travailler légalement. 

Je compte trouver une petite chambre à louer en ville (chez une mamie ça me plairait bien !) et chercher un petit boulot sympa : n’importe où sauf dans un bureau derrière un ordinateur –le choc serait trop grand après ces mois passés en pleine nature ! J’aimerai plutôt travailler avec des gens et voir du monde : un restaurant ou une boutique du genre serait parfait. Avec les Jeux Olympique d’hiver qui commencent le 14 février, j’arrive normalement au bon moment… Je pourrais même essayer de travailler pour l’organisation des Jeux ! 

Mes amis, si vous connaissez du monde sur Vancouver, vos contacts sont les bienvenus !!! 

En attendant, je vais continuer de profiter à fond de ces quelques jours encore sur Kenny Lake et faire le plein d’énergie ! 

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Par judithpuzzuoli
Le 9 janvier, 2010
A 23:18
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