Free yourself

Vivre et grandir au coeur de l'Alaska

 

Spirit of freedom

Vancouver, 26 mai   

C’est le joli nom du voilier sur lequel je travaille aujourd’hui. Un magnifique Ketch de 50 pieds (15m), 1970, pont en teck, conçu pour voyager loin. Intérieur spacieux, tout en bois. Le poste arrière (cabine du capitaine) est si beau qu’on se croirait dans un décor de film (de pirate !). Jamais visité un bateau aussi bien aménagé!

Ponçage de coque : une nouvelle fois toute bleue, mais cette fois c’est plus drôle car nous sommes deux, Mike le propriétaire également. Sur le chantier, ils nous appellent les « Twin Smurfs ». 

Mike a acheté ce voilier pour faire un tour du monde. Un rêve de longue date. Quatre ans plus tard, il est toujours là. Pourtant, il sait naviguer (je l’ai vu faire une manœuvre impeccable pour amener son bateau à la grue par marée montante et fort courant) et n’a pas de problème d’argent. Il a une moue de tristesse quand il m’avoue vouloir vendre Spirit of freedom. Il a abandonné son rêve ! Je lui demande pourquoi : sa mère est âgée et il ne veut pas la quitter. Aussi, il se voit mal faire ce voyage tout seul. « Part ! Emmène ta maman. Tu trouveras une sirène en cours de route ». Ça n’a pas l’air de le convaincre. 

De cette rencontre, beaucoup de questions : Est-ce que l’on ne se cherche pas des excuses au moment où l’on est prêt à partir ?  Est-ce qu’il n’y a pas toujours quelque chose pour nous retenir ? 

« Quel est le meilleur moment pour agir ? 

Quelle est la personne la plus importante ? 

Quelle est la meilleure chose à faire ? » 

Les Trois Questions de Tolstoi. (si vous voulez les réponses à ces trois là, il faut lire le conte !) 

Trois de choses de sûre : 

-          L’argent ne peut pas acheter tous les rêves. 

-          Personne ne peut choisir à notre place. 

-          Rien de ce que l’on fait n’est accomplit sans volonté. Notre volonté. 

 dscn3964.jpg Après le ponçage…

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Par judithpuzzuoli
Le 28 mai, 2010
A 3:19
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Les 12 travaux d’Hercula

Vancouver, 22 mai

Les travaux s’enchaînent chez Bill les fins de semaine. Pour la dernière fois. Après « Le tuyau caché », « Les 1001 briques », « Le mur impossible », « Le dallage damné », voici  « La piscine infernale ». Tandis que d’autres profitent de leur pont de mai pour aller camper…

Au programme ce matin : remplir de gravas le fond de la piscine de Bill. 4 m2 à transporter, pelle après pelle, depuis la route vers un toboggan improvisé, puis la piscine. Motif : la piscine est trop profonde et demande beaucoup trop d’énergie pour chauffer. Bill me dit que je ne suis pas obligée si je n’en ai pas envie. C’est mal me connaître !

C’est répétitif mais pas si lourd, car petit à petit. Mon esprit a le temps de s’échapper. Ça évite de penser à ce qu’il reste à déplacer. 4H30 plus tard, méga pyramide dans la piscine : y a « plus qu’à » étaler vers le fond! A chaque jour suffit sa peine.

 dscn3927.jpg Le déchargement: du truck vers le tobogan puis la piscine. Enfin ça glisse pas tout seul! Faut venir faire descendre ce maudit gravas.

dscn3929.jpg Une fois dans la piscine, 2° étape: faire descendre la terre vers le fond. Pelle et rateau sont mes deux amis.

dscn3939.jpg dscn3936.jpg Allez, encore 2000 pelletées et c’est fini.

 dscn3946.jpg Ta-dam!!! Tout ça pour 15 petits centimètres.

 Vous me  direz sûrement avec ironie. « Heureusement que ton blog s’appelle Free yourself ». Mais franchement, je vois ce semblant d’esclavage ainsi : chaque coup de pelle me rapproche de ce cher voilier ! Et voilier, ça rime avec Liberté.

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Par judithpuzzuoli
Le 24 mai, 2010
A 1:38
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Départs et retours

Vancouver, 22 mai 

J- 7 : départ de Vancouver…. pour l’Alaska (dimanche 30 mai) ! Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, j’ai décidé avant de rentrer en France, d’aller refaire un petit tour en Alaska. Je vais revoir la famille du Manguier, qui fait escale à Seward (sud d’Anchorage), et bien sûr Matt, ses doggies et les autres amis de Kenny Lake. Après avoir vu l’Alaska sous la neige et le froid, j’ai hâte de la découvrir avant l’été, toute en fleur et ensoleillée. 

Ça sera court, car le 16 juin, retour en France depuis Seattle, en passant par l’Islande- si le volcan ne fait pas des siennes ! J’ai déjà prévu un été de folie entre: revoir toute la famille et le plus d’amis possible, aller aux fêtes maritimes et musicales bretonnes, camper et randonner à droite à gauche, cueillir le raisin… Bref, un vrai été comme je les aime.

Pourtant, faire le choix de rentrer maintenant n’était pas si évident. Ok, vous me manquez, mais cette année, je souhaitais vraiment la consacrer à mon rêve de bateau. J’ai trouvé LE job idéal – le chantier de bateaux- où j’apprends ce que j’ai besoin d’apprendre et où je pourrai facilement acheter un voilier pas cher et le restaurer en ayant tous les outils sous la main, et les pros pour me conseiller.

Mais bien sûr, je ne veux pas manquer le mariage de mes chers amis, Del et Dan, l’un en juin, l’autre en septembre… et je ne me vois pas retourner sur Vancouver entre temps. Donc, l’amitié et la famille avant tout. J’ai déjà un billet retour pour Seattle mi septembre. Le chantier est déjà près à me reprendre si je le souhaite, mais l’automne c’est la fin de la saison pour eux. 

Je ne me fais pas de soucis pour la suite car mon objectif reste le même et il y a mille chemins pour y parvenir. Il faut encore que ma tirelire grossisse un peu. Je continue donc de suivre mon cœur et mon inspiration. Heureuse de mon bonhomme de chemin. En accord avec moi-même. L’esprit libre.

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Par judithpuzzuoli
Le
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Baby raccoons

Vancouver, 22 mai

Chez nous, on a les souris derrière les murs. Ici, c’est du gros calibre : des ratons laveurs ! Ils ont envahis la ville -ou plutôt la ville les a enhavis et ils ont résistés- tout comme les coyotes et les putois, trouvant abri sous les toits ou les caves. Ils ne sortent que la nuit. Il paraît que les coyotes peuvent attraper des chats et même des petits chiens.

Ce matin, Bill démonte son toit pour déloger 4 bébés ratons laveurs ! Il a piégé la mère dehors, en bouchant toutes les entrées possible. Si ça ne tenait qu’à lui, il les laisserait en paix là où ils sont, mais sa femme ne veut rien entendre et aimerait même qu’il les tue ! Mais Bill a grandi dans la forêt et aime les bêtes. Il veut simplement déplacer les petits dehors pour que madame raton se trouve un autre abri. Pas possible de les relâcher en forêt ou dans un parc car les ratons laveurs sont territoriaux et s’ils se retrouvent sur un territoire qui n’est pas le leur, d’autres chercheront à les tuer.

Les petits sont mis sur une couverture chaude, dans un carton fermé, au pied de la maison. . Maman raccoon essaye toute la journée de venir récupérer sa progéniture. Mais entre les chats, les rapaces, les chiens et les voitures, ça n’est pas gagné ! Ce soir, ils sont encore 3 dans le carton… Elle a réussi à en récupérer un et s’est apparemment trouvé une nouvelle maison. Cette nuit devrait être plus facile pour continuer son sauvetage. Cette fois, le carton est mis dans une cage, que seul le raton laveur sait ouvrir (plus malin qu’un chat !). En attendant, Bill et sa petite nièce ont acheté des biberons et du lait. Sans succès : les petits n’ont rien voulu boire.

dscn3935.jpg dscn3934.jpg raccoon.jpg Ils sont encore aveugles: 4 petites boules de poils, pas plus grosses que des bébés chats. Nourrice Bill et derrière, sa petite nièce. L’essai biberon à lieu dans son atelier, en cachette de sa femme! Haha!

En pleine nuit, Bill entend du remue-ménage sous son toit : il regarde par la fenêtre et voit que maman raccoon a littéralement défoncé la cage pour récupérer ses petits et… qu’elle s’est creusé un nouveau trou dans le toit pour les remettre à leur abri initial !  Bill a droit à une scène de ménage (le pauvre !) et doit trouvé une solution immédiatement. Il répare la cage, cette fois-ci bien décidé à attraper toute la famille, maman compris. Une fois capturée –beaucoup de patience plus tard- il va les mettre dans le petit établi de la maison où je travaille, à quelques pâtés de maison de chez lui. Là-bas ils ne dérangeront personne et seront en sécurité des prédateurs. Espérons seulement que madame raton trouvera ce nouveau logis à son goût.

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Par judithpuzzuoli
Le
A 1:19
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Un peu de culture…

Vancouver, 20 mai 

La semaine passée, je suis allée sur le campus universitaire de Vancouver, faire une visite du muséum d’Anthropologie. Superbe.

La plus grande partie du musée est dédiée à l’art des amérindiens de Colombie Britannique. Rien que dans la province, il y avait une 20° de tribus, principalement répartie sur la côte et ses nombreuses îles. Il y a une salle immense, très lumineuse, où se trouve les totems et autres sculptures en bois de toute beauté. C’est assez fascinant et émouvant de voir et d’imaginer que ces œuvres sont à peu près tout ce qu’il « reste » du passé artistique de ces peuples. Car le bois n’a pas une durée de vie illimité et encore moins ici dans ce climat humide. 

 dscn3909.jpgdscn3908.jpg Photo de gauche: 1 seul et même gigantesque totem coupé en 3 pièces (impossible de le faire tenir en entier dans les plafonds pourtant haut du musée). C’est dommage de l’avoir coupé mais c’est aussi la meilleur façon de le conserver à l’abri des intempéries.

Fort heureusement, la tradition de la sculpture sur bois n’est pas perdue, et connaît même une renaissance auprès des jeunes « natifs » (comme on dit ici). La pièce centrale du musée a été réalisée par Bill Reid. Une célébrité. Cette sculpture (on dirait du marbre tellement le bois est lisse et sans trace d’outils !) raconte comment “Raven” (Corbeau), chez le people Haida, ouvre une coquille d’huitre sur une plage et y trouve les premiers hommes. Raven est le personnage central des mythes fondateurs. (Et ça ne m’étonne pas, parce que par ici, il y a plus de corbeaux que de mouettes et de moineaux réunis !)

billreidraven.jpg Raven, du sculpteur Bill Reid (tribu Haida)

Les plus hauts totems, taillés dans un tronc d’une seule pièce, atteignaient une 15° de mètres ! Planté devant chaque maison, le totem représente l’armoirie de chaque famille. Il est dédié à l’ancêtre éponyme de la famille, et raconte les grands événements de sa vie. Toute la symbolique se fait autour des animaux, principalement le corbeau, l’aigle, l’ours, le coyotte, la greouille, le héron et la loutre. Une maison pouvait héberger jusqu’à une 20° de personnes de la même famille !

 dscn3914.jpg

Petit aparté : La province compte des dizaines de réserves indiennes. Même au sein de Vancouver, ce qui assez étrange : l’une d’elle est sur la rive Nord de Vancouver, juste en dessous du pont qui relie le nord au sud de la ville. Autant dire que c’est super bruyant et pollué par les milliers de voitures qui passent chaque jour sur ce pont. Des maisons de poupée (préfabriqués bon marché, sans style), micro jardin, maisons les unes contre les autres. Triste à mourir. Je dois dire que ça me fait mal au cœur et que je trouve ça presque insultant. « Ok on est sympa, on vous laisse un morceau de votre terre ancestrale ! » –réduit à un mouchoir de poche. Le meilleur c’est que les centres commerciaux et l’industrie portuaire on progressivement gagné du terrain tout autour et au sein de la réserve… en échange de quoi, les natifs sont exemptés de taxes sur les produits du CC !

ecureuil.jpg Trop choux!

Pour la petite histoire, en me promenant dans le parc autour du musée, j’entends un bruit de grattement venant d’une poubelle. Je m’approche pour voir de plus près. Une boule brune surgit par bonds depuis le fond de la poubelle! C’est un écureuil : il a voulu faire le gourmand et s’est piégé tout seul. Je m’apprête déjà à l’aider pour sortir quand je le vois apparaître derrière les barreaux de la poubelle. Il pousse sa tête de toutes ses forces entre les barreaux mais il est trop gros et la poubelle trop glissante pour escalader ! Cela me rappelle un vieux conte : l’histoire d’un rat qui trouve un trou pour entrer dans grenier plein de charcuterie. Il mange tant que sa panse est pleine à craquer. Quand il s’apprête à sortir, repût, plus possible : son ventre ne passe plus ! Il doit alors jeûner et attendre de « désenfler », fermant les yeux pour résister à la tentation de tout ces mets… Pas le temps de finir mon conte que je vois l’écureuil sortir comme un bouchon de bouteille. Il connaît le secret : la poubelle est son garde manger illimité à condition d’y aller « mollo » s’il ne veut pas y passer le Réveillon! La morale de cette histoire:  »Gourmand patient, mangeaille au tournant ». 

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Par judithpuzzuoli
Le 21 mai, 2010
A 6:02
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Smurf Girl (Schtroumpfette)

Vancouver, 14 mai

Mission du jour: poncer la coque d’un bateau très très sale. Berniques incrustés par milliers, algues vertes et tâches en tout genre. Je fais équipe avec Ron… et découvre qu’il est tout chauve sous son bonnet inséparable et qu’il ne veut pas se mettre en T-shirt parce qu’il est tatoué de partout! (folies de jeunesse m’a-t-il dit). 

8H bien sales et bien crevantes de ponceuse. Je peux vous dire que ça fait les bras, surtout lorsqu’il faut poncer au dessous la tête (l’une des machines pèse bien 4 kg !)! Et les morceaux pointus de berniques qui volent de partout sont terribles ! Le vent m’a balayé de poussière pendant plusieurs heures et voilà le résultat ! 

dscn3924.jpg Heureusement, j’avais une combinaison, un masque et des lunettes!

En gentleman, Richard m’a proposé de me raccompagner en voiture pour que j’aille vite me laver ! J’aurai aimé voir la tête des gens dans le bus en me voyant mais ça sera pour une prochaine fois. 

 dscn3917.jpg  Le bateau, après la 1ere partie du ponçage (le haut de la coque, le plus facile!!)

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Par judithpuzzuoli
Le 15 mai, 2010
A 3:08
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Another day in Paradise

Vancouver, 8 mai   

Petite visite de Race Rock, le chantier de bateaux où je travaille depuis un mois déjà. « Another day in paradise », c’est ce que dit Richard chaque matin en arrivant (lorsqu’il fait beau !).

dscn38803.jpg L’entrée du chantier. Petit matin (7H30). J’arrive tôt pour pouvoir prendre le thé avec Kim et Mark, les deux « Early Birds ». Le trajet en bus est superbe: au sortir de la ville, une petite route sinueuse qui longe la côte, montrant toue la baie de Vancouver et au loin l’Ile de Vancouver. Partout, des maisons cossues cachées dans la verdure. En descendant du bus, c’est tout calme: le bruit d’une chute d’eau cachée dans la falaise (le chantier est au pied de la montagne), le chant des oiseaux et le cliquetis du vent dans les drisses des bateaux. Il fait 6°C à peine, mais au soleil on se réchauffe vite.  

 dscn38713.jpg Vue depuis la sortie.

dscn38681.jpg En avancat dans le chantier. Des bateaux en travaux partout. Certains pour quelques jours (simple carénage), d’autres pour quelques mois… voir années! Dans le fond, on voit la grande grue qui sort les bateaux de l’eau.

 dscn38702.jpg Le long du chantier (partie est), une marina bien abritée.

dscn38813.jpg En face de la marina, plusieurs îles. Celle-ci est la plus petite, privée: L’île est à vendre avec la maison. Quelques millions de dollars…

 dscn38823.jpg Le bâtiment principal: la réception, le magasin d’accastillage, l’atelier et dans le fond, le hangar qui abrite le Buccanner.

 dscn38841.jpgdscn38861.jpg Pause lunch, face à la baie. Y a pire comme vue pour déjeûner! On voit Richard, Mark et un petit nouveau, Michel. mécanicien allemand. Le bateau derrière, c’est Sky 100. Aujourd’hui, c’est l’ouverture de la saison au Yach Club d’à côté. Journée parfaite pour naviguer. Tous les bateaux (ou presque) sont sortis en file indienne dans la matinée. Parade annuelle dans la baie. Tous les équipages sont habillés en blanc avec veste bleu. On dirait qu’ils vont à un mariage en mer! C’est le coin le plus riche de Vancouver… autant dire que les bateaux on la classe!

 sanstitre11.jpg Petit matin. Une vue à 180° de la baie face au chantier.

dscn38931.jpg Vue depuis Sky 100. Le petit remorqueur en bois est en travaux depuis des années. Le proprio est fauché malheureusement… L’autre jour, un type est venu pour l’acheter éventuellement : il travaille dans un Yacht Club qui chaque année, à l’ouverture de la saison, explose un bateau en mer, façon feu d’artifice! C’est pas des blagues! Carrément choquant comme pratique. Donc, ils choisissent un vieux bateau qui flotte mais qui n’a pas grande valeur. Je vais suivre de près cette histoire!

Samedi après midi, fin de la semaine. On a fini la première couche de peinture sur Sky 100. Il est encore tôt (14H30). Kim nous libère ! L’arrêt de bus est en face du Yacht Club. Il y a un super orchestre qui joue sous un chapiteau. C’est l’heure de l’apéro et des petits fours! Je m’inviterai bien mais sale comme je suis ça ne passerai pas! A quelques kilomètres du chantier, je descends du bus pour aller visiter « Lighthouse Park ». Une belle forêt primaire -ce qu’il en reste- au bord de l’eau. Les géants sont morts mais il y a encore de beaux arbres et c’est fou de se retrouver en pleine nature si proche de la ville. Je fais le lézard deux heures sur un rocher, face à la baie. Le bonheur. Désormais, je viendrai apèrs le travail dès qu’il fait beau! Sur la deuxième photo, on voit la côte Sud ouest de Vancouver.

 dscn38951.jpg dscn38991.jpg

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Par judithpuzzuoli
Le 9 mai, 2010
A 16:16
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Sky 100

Vancouver, 8 mai

Pour vous donner une petite idée de ce que je fais sur le chantier…

Sky 100 est un beau voilier d’une 12° de mètres, en plein chantier. Le proprio est riche et a donné le feu vert pour la restauration et tout ce qu’il lui en coûtera. Autant dire qu’on affectionne ce genre de client ! J’aime bien ce voilier. Y a des bateaux sur lesquels on se sent bien, ça ne s’explique pas. Je me verrai bien à la barre de Sky 100… mais une fois rénové, il vaudra bien 50 000$ – pas vraiment mon budget !

La coque a été restaurée et semble neuve, mais le pont est en piteux état et il y a aussi pas mal de travaux d’aménagements intérieurs. Cette semaine, grand beau temps -à peine croyable!: notre mission avec mes acolytes Richard et Ron, est de poncer tout le pont et de passer une première couche de peinture.  Ça semble facile comme ça à dire mais il nous faudra 2 jours et demi de ponçage à 3 : plusieurs couches de peinture à décaper, le sablage (antidérapant), les parties en bois, sans oublier tous ces petits recoins sales couverts de mousse verte terriblement incrustée !  On travaille avec masque et combinaison (méga poussière) et mousse dans les oreilles… Trois bruits de perceuse pendant 8 H, ça rend sourd ! Et puis il faut aussi boucher tous les trous et imperfections avec une pâte spéciale et poncer encore… Sur les genoux toute la journée, la tête en bas parfois. Les bras et le dos en compote, les doigts et les ongles « poncés » eux aussi, mais on est content du résultat.

Il me faut une demi-journée pour nettoyer le pont. Mission impossible avec le vent qui amène sans cesse d’autres poussières d’autres bateaux en travaux… Sans compter ces « bloody seagulls » (maudits goélands ») qui visent leur fiente bien sur le pont fraîchement lavé ! Un petit nombre d’heures également pour mettre partout du ruban adhésif pour protéger de la peinture le bois, hublots et autres accastillages inox.

Après tout ce boulot, peindre est un jeu d’enfant. Richard m’apprend à préparer la peinture façon « cours de cuisine »… sauf qu’ici, les ingrédients (chimiques !) sentent vraiment mauvais, voir sont carrément irrespirable. On se met à la tâche avec Ron… Il est terrible : il arrive sur le pont avec ses chaussures sales et allume une énième cigarette : 1) je lui dis d’enfiler ses chaussons (comme moi !), 2) d’éteindre sa clope car toute ses cendres s’envolent sur le pont (enfin propre !) et sur la surface fraîche que je suis en train de peindre ! Je l’appelle « my ennemy » et lui « Sissy ». Après ça, chacun fait sa moitié du pont : je lui mets la pression car j’avance plus vite ! Alors il laisse sur ma partie finie de grosses traces de rouleau pour que je repasse derrière ! Bref, on ne s’ennuie pas…

  dscn3890.jpg  Vue sur le pont fraîchement peint. La première couche très fine, la deuxième couvre totalement.

 dscn3892.jpg On croirait qu’on est sur l’eau! Presque! On est à quelque mètres à peine du bord. Plutôt sympa comme cadre de travail!

 dscn3891.jpg Ron enfile ses chaussons!

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Par judithpuzzuoli
Le
A 3:38
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Ship yard team

Vancouver, 4 mai 

L’équipe du chantier avec qui je travaille mérite une petite présentation… Une joyeuse bande qui m’inspire et m’apprend beaucoup !

Ron: 66 ans (eh oui ! Yen a qui travaille encore à cet âge là !). Un drôle de personnage qui me fait beaucoup rire ! Ses accessoires inséparables: bandana rouge et bonnet gris éternellement sur la tête, lunettes de soleil noire et genouillères. Vêtement large, dos courbé, tout sec. Il me fait penser à un épouvantail. C’est un sauvage qui vit dans son monde mais reste très sympathique. Il se mouche bruyamment dans ses manches (et sans se soucier de qui le regarde) ! Crado, mais venant de lui, c’est plutôt marrant. On travaille souvent en binôme (l’aîné et la jeunette… une sacré paire). Il est lent à la tâche mais très appliqué. Il dit qu’il faut avoir du plaisir dans ce qu’on fait (« Enjoy what you’re doing ! ». Toutes les 10 minutes, il sort un « Yeah ! » de satisfaction (quand il a fini de poncer une partie difficile par exemple), avec sa voix grave –cassée- de fumeur. Ça me fait sursauter. Il me dit tout le temps que je travaille trop et trop vite et que ça le fatigue rien que de me regarder. Aussi, il a peur que je tombe d’un bateau ou d’une échelle et me donne toujours des conseils de sécurité. Il n’amène jamais de casse croûte pour midi: une banane, 2 barres céréales et c’est tout ! Vu les efforts qu’on produit, je me demande comment il tient encore debout. Mais il se vexe si on lui propose à manger.

Richard : Approche les 60 ans. 5 ans de service dans ce chantier. Il connait plein de choses sur tout. Un vrai Mc Giver. Mon mentor ! Il me montre tout, avec détail et patience. Je pense qu’il y prend plaisir. On travaille souvent en tandem. Ça me plaît car ça va vite et bien. Pas le temps de s’endormir à la tâche ! Quand il me montre un truc et que je commence à bien faire le geste il dit « NOW, you’re cooking ! » et ça me fait rire. C’est un gentil bougon. Il n’arrête pas de jurer (notamment sur les erreurs/oublis ou bêtises des autres. Il fume la pipe à chaque pause. Son dessert tous les midis : deux cookies collés l’un sur l’autre avec du peanut butter au milieu. « Energy ! » qu’il dit. 

Shayne : 63 ans. Le vrai-faux retraité de la bande. Un vrai bon vivant qui ne s’en fait pour rien et sort des petites blagues toute la journée. Il travaille surtout pour s’occuper, donc il s’en fout un peu du boulot. Pas pressé, pas stressé. Il dit souvent qu’on se prend trop au sérieux. Le 68tard qui aimerait bien revivre ces années là. Il parle souvent du « bon vieux temps » : de la vague hippie où tout le monde voyageait (sans danger), où la musique était géniale… J’aime bien l’entendre parler de tout ça. (Ça me fait penser que je ne suis pas née à la bonne époque !). Shayne a eu un accident il y a quelques années et est resté 2 ans coincé en fauteuil roulant. Moral d’acier pour réapprendre à marcher quand les médecins n’y croyaient pas. Depuis, il dit qu’il n’y a rien de grave dans la vie. Eternel voyageur : il déménage tous les 4-5 ans ! On s’entend bien donc ! ça me plaît que quelqu’un de son âge est encore un esprit aussi « frais ».

Mark : 39 ans. Le grand calme moustachu. Ne parle que quand il a quelque chose à dire. Il achète des vieux t-shirt à l’Armée du Salut, toujours drôles et originaux. Il a un sweat qui dit « Alcatraz : psycho yard – Escaped » (Cellule psychiatrique. Echappé). Il est doué pour tout, de la mécanique à la menuiserie. Un vrai gentleman : il ne me laisse jamais porter des trucs lourds et prépare l’eau de mon thé avant que j’arrive le matin. Ses sandwiches sont toujours magnifiques : les tomates tranchées fines avec des herbes, dans un tupperware à côté… ajoutées à la dernière minute ! On prend le bus ensemble le soir car on habite dans le même coin. C’est surtout moi qui fais la causette. Je lui raconte mes anecdotes sur ma Crazy House.

Kim : 50 ans. La peau tannée de soleil, tout en muscle ! Gère le chantier depuis le décès de son père. Elle y travaille depuis 16 ans et connaît tout sur tout dans le milieu bateau. Elle sait même manœuvrer la grosse grue pour sortir les bateaux de l’eau ! Une femme de caractère ! Elle m’inspire et m’intrigue. En plus du chantier, elle s’occupe d’un autre business de traitement de l’eau. Pour ça aussi je la respecte beaucoup, moi qui n’arrive pas à faire 2 choses à la fois. Kim a une passion pour l’Amérique Latine, la chiromancie, numérologie et autres sciences occultes. Ça me plaît ! Son unique moyen de locomotion est une sorte de vieille bécane noire, genre Harley. Elle vit sur le chantier, dans une petite cabane au bord de l’eau ! Elle toujours adorable et lorsqu’elle me m’apprend une technique spéciale (en peinture par exemple), c’est toujours pour m’apprendre la meilleure technique, efficace et rapide. J’aime !

Yann : la 50°. Le frère de Kim. Ours carré et costaud qui porte des chemises Hawaïenne. Il me fait penser à Baloo (du Livre de la Jungle). C’est officiellement lui l’héritier du chantier, mais c’est véritablement Kim qui tient les rennes. Il s’occupe principalement de la mécanique et de la grue géante du chantier (principal gagne-pain). Comme Kim, il en connaît un rayon en restauration de bateaux, ayant grandi dans le chantier. C’est LE grand bavard de l’équipe. Il parle même en travaillant (ça je ne sais pas faire !). Le plus drôle est qu’il travaille en tandem avec Mark le silencieux. Ils font la paire… Très gentil aussi et blagueur. Vous connaissez beaucoup de patron qui vous invite à manger en fin de semaine ? (toute la bande, samedi dernier).

Jack le corbeau. Un petit nombre d’années. Il vit sur le chantier avec toute sa famille. C’est le chef et le plus téméraire. L’ami de Kim. Il n’hésite pas à entrer dans le bureau, faire sa fiente et repartir ! A midi, il attend de voir où on s’installe pour demander sa part. Miette de pain et de cookies. J’ai appris que les corbeaux pouvaient vivre une 30° d’années ! Et aussi que l’égoïsme n’est pas un très de caractère humain : Jack est toujours le premier à prendre les gros morceaux et les stocks tous dans son bec ! Les autres n’ont que les poussières de miette ! Vraiment drôle à voir.  

Je vous mettrai quelques photos de tous ces drôles très bientôt. C’est bien aussi d’imaginer d’après une description et de voir les images ensuite !

dscn3867.jpg Devinez!

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Par judithpuzzuoli
Le 7 mai, 2010
A 3:36
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Home sweet home

Vancouver, 2 mai

A la demande de ma môman qui s’inquiète du lieu sordide où j’habite, voici quelques photos de mon nouveau « chez moi ». En fait, la maison et le cadre sont très sympas.

dscn3847.jpg The Crazy House. La fenêtre de ma chambre, à droite du palier. Admirez le ciel bleu, c’est pas souvent!

 dscn3845.jpg Ma chambrette, partagée avec JO, koréenne. Pas très bavarde mais on s’entend bien. Mon lit est celui du fond. C’est sobre, mais pas besoin de plus.

dscn3843.jpg veranda.jpg La cuisine, qui donne accès à la véranda. On a une vue sur les buildings du centre ville. La nuit c’est joli quand ils sont tout illuminés.

dscn3841.jpg dscn3842.jpg  Le jardin et l’arrière de la maison. Ha! On voit le toutou albinos au doux nom de « muchacho » (garçon, en espagnol).

Je ne croise Luis (le proprio) qu’occasionnellement et il semble même m’apprécier. Cet affreux jojo a insisté l’autre jour pour qu’on ouvre la fenêtre de la cuisine, afin d’espionner nos discussions depuis le jardin ! Evidemment, on a dû changer de sujet de conversation…

Avec tous ces départs, il y a de nouvelles arrivées. C’est quand même bizarre de ne jamais savoir qui habite sous le même toit, pour sûr. A peine le temps de connaître le prénom de quelqu’un, qu’il déménage et un autre le remplace. Et comme on a tous des rythmes de vie très différents, il peut se passer une semaine sans que je vois untel, si bien que je ne sais pas s’il vit encore là ! Le dernier locataire arrivée est un géant allemand, chef de cuisine. Il a une grosse voix d’ogre et quand il me dit bonjour à 6H du matin -quand j’essaye de me faire plus discrète qu’une souris en mangeant mes céréales, j’ai bien peur qu’il réveille toute la maisonnée !

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Par judithpuzzuoli
Le 2 mai, 2010
A 22:02
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