Free yourself

Vivre et grandir au coeur de l'Alaska

 

Premier hiver en Alaska…

 Premier hiver en Alaska…

Kenny Lake, 25 mars   

Avec l’arrivée du printemps, je sens le besoin de revenir sur ce premier hiver passé dans sa totalité en Alaska. Une sorte de « bilan ». Je n’ai pas réussi à faire court, alors bonne lecture aux courageux ! 

C’est un peu mon deuxième hiver ici, mais l’année dernière était bien différente à tout point de vue, et notamment parce que je ne savais pas encore que j’y habiterai pour une durée indéterminée ! J’ai découvert pleinement ce que vivre « Off the Grid » (non relié au réseau électrique) impliquait au quotidien.

Le premier mot qui me vient à l’esprit pour résumer cet hiver est « FROID » ! Jamais je n’aurai cru passer un jour un hiver avec de telles températures, pour des mois. On a beau s’habituer, on ne peut oublier ce froid permanent, terrible parfois. J’ai une grande estime pour tous ces alaskiens d’adoption qui ont fait le choix un jour de venir s’installer dans une contrée si peu hospitalière pour l’homme. C’est facile d’oublier le froid lorsque l’on est au chaud dans son chalet, mais il suffit de mettre les pieds dehors une minute pour aller chercher du bois, aller aux toilettes, nourrir les chiens… pour se rappeler qu’ici, au cœur de l’hiver, on ne peut survivre plus de quelques heures sans équipement. Il ne faut pas 2 minutes pour congeler sur place ! (Un pauvre gars de KL s’est endormi bourré dans la neige et a dû se faire amputer de presque tous ces doigts et orteils !)

Et la valeur du bois prend toute son importance quand dehors il fait -40°C, qu’il n’y a plus d’essence pour alimenter la tronçonneuse (parce que la station essence de Kenny Lake est à sec) et que nous sommes à court de bois ! Oui, il existe encore la bonne vieille hache, mais encore faut-il aller chercher et trouver l’arbre mort dans 60 centimètres de neige. Et la pile de bois descend vite par ces températures. Cet hiver, avec notre truck bloqué dans la cours à cause de toute cette neige, nous avons pour ainsi dire fait toute notre collecte en bois en traîneau dans la forêt autour, les chiens ramenant un sled plein tous les 2 jours. Un exercice amusant et vital. Avoir le privilège de ne pas payer de facture d’électricité s’apprécie mais se mérite ! Aussi,  le « wood stove » ne se recharge pas tout seul et il faut toujours avoir un œil pour ne pas laisser mourir le feu. Il faut être courageux chaque matin pour se lever, quand le feu est presque mort et qu’il fait 5°C dans la pièce (parfois plus, rarement moins). Bref, savoir couper du bois et maintenir un feu assure notre survie et on ne peut se payer le luxe d’être feignant de ce côté-là ! Heureusement, Matt, le parfait bucheron, ne considère pas la coupe du bois comme une corvée, mais comme l’occasion de prendre un bon bol d’air.

J’aime la chaleur et l’odeur d’un bon feu de bois, de pouvoir garder la bouilloire au chaud, toaster mon pain, faire fondre la neige pour l’eau des chiens, réchauffer un plat… Parfois, je suis seulement frustrée de ne pouvoir couper du bois moi-même, lorsque la pile est vide, que Matt est absent et qu’il fait froid à l’intérieur! Je m’habille chaudement, mais je me sens tellement dépendante et vulnérable ! Je n’ose pas me servir de la tronçonneuse toute seule. C’est lourd et délicat à manipuler…

Si le bois est important en hiver, l’eau l’est tout autant, même c’est plus facile de s’approvisionner. Il suffit d’aller au puits communautaire et de remplir nos bidons, ou bien de faire fondre de la neige dans des casseroles si la voiture ne démarre pas ce jour-là !

L’hiver « off the grid » demande à s’adapter et à être flexible : nous avons souvent cuisiné sur le wood stove cet hiver, nos bouteilles de propane étant vides, et faisant trop froid dehors pour que la pompe du marchand puisse fonctionner ! ça cuit très bien, mais la chaleur ne pouvant se réguler, il fait parfois 35°C dans la cabin après avoir cuit notre plat ! On ouvre alors grand la porte et un nuage de froid à -35°C entre dans la pièce…

Notre unique station essence locale a souvent été à court, le commerce ayant du mal à faire vivre le business en cette saison. Ça veut dire parfois pas d’essence pour approvisionner la voiture, la tronçonneuse ou notre générateur, fournisseur d’électricité pour internet… vital pour travailler sur notre Journal !

Beaucoup de gens autour d’ici ont le même style de vie que nous. Jamais je n’entends quelqu’un se plaindre des aléas de l’hiver. Matt comme les autres, ont une remarquable capacité d’adaptation, d’abnégation. Ils ont fait le choix le vivre en Alaska et l’assument pleinement, quelque soit la dureté du milieu ! Ils n’en tirent aucune fierté. Juste la satisfaction de vivre selon leurs aspirations. Cela me pousse bien sûr à prendre exemple et à prendre tout « du bon côté ». Quand on n’a pas le choix parfois, il faut juste accepter les choses comme elles viennent.  Matt est un grand philosophe pour cela…

A côté de ça, lorsque l’on « gère » le froid et que l’on prend du recul… l’Alaska, c’est le paradis ! Ici, comme rarement ailleurs, on a la chance de vivre libres ! Et je ne pèse pas mes mots. La « liberté » est sans doute ma plus grande aspiration dans cette petite vie, et il me semble qu’ici elle se réalise ! Comme beaucoup de gens ici, nous travaillons pour nous. Plaisir et chance d’exercer une activité qui nous plaît (la rédaction/publication du journal local et le jardinage en été). Chance de travailler à notre rythme, depuis chez nous, sans pression. Privilège d’avoir du temps libre, tant qu’on en veut (surtout en hiver !), de prendre son temps chaque matin pour petit déjeuner, de se demander tranquillement ce qu’on aimerait faire aujourd’hui. On vit réellement au présent, au jour le jour.

J’ai toujours aimé « faire » de mes propres mains. Ici, on peut exercer sa créativité et ses dix doigts tous les jours (autrement que derrière un écran d’ordi). C’est même une philosophie : « DIY = Do It Yourself ». Et c’est vrai que pour vivre en Alaska, il faut être manuel et débrouillard,  parce qu’on est loin de tout…

J’ai fait beaucoup de rencontres ces derniers mois et j’ai pu voir à quel point les habitants du coin son doués de leurs mains : les hommes sont tous des charpentiers/menuisiers autodidactes, les femmes tricotent, brodent, jardinent, cousent… tous regorgent d’ingéniosité et de talents et préfèrent se creuser la tête à faire par eux mêmes qu’acheter tout fait. De même que  l’on récupère et l’on fait du troque à tout va. Le mode de vie de nos grands parents, adaptés au XXI° siècle.

Après avoir vécue 18 ans dans mon village en Normandie, je ne peux pas dire que je connais beaucoup de gens ni tissé de liens forts. C’est une mentalité assez fermée et si l’on n’est pas normands de sang, on ne devient jamais « d’Ici ». L’Alaska a une autre passé bien sûre : pour survivre ici, on a besoin des autres et le mot communauté prend tout son sens. Car c’est bien ce que nous sommes. Kenny Lake n’est pas un village, un lieu-dit qui n’existe pas sur les cartes et qui n’a pas de mairie ou d’autorité locale… C’est la communauté qui se gère et se rassemble pour décider ensemble. Un peu comme un village Gaulois mais sans chef !

Aussi, tout le monde ici est « d’ailleurs ». On vient tous d’horizons différents (peu sont nés ici finalement), tous réunis pour vivre volontairement une vie différente, loin de la société, indépendants et autonomes. Et bien sûr pour l’amour des grands espaces, de la Nature intacte et sauvage. Tout ça fait que chaque « nouveau » est accueilli chaleureusement car nous partageons les mêmes idéaux. Nouvelle tête, nouvelles histoires, nouvel(le) ami(e ). On « devient » Alaskien si l’on adopte ce mode de vie et que sait s’émerveiller chaque jour de la beauté du lieu.

Il y a peu de jeunes de mon âge à Kenny Lake. C’est dommage, mais il faut faire avec. Cela me rappelle que mes amis sont en France et à quel point il est important de garder le lien.

Cet hiver est passé vite aussi grâce mes compagnons canins : nos 14 sled dogs ! Je les aimais déjà l’hiver dernier, je les adore désormais. J’ai appris à mieux les connaître, à me faire écouter. Nous avons eu de belles aventures ensemble et j’ai énormément d’affection pour eux. Ils sont pleins d’humour et de tendresse, tous si uniques… Nous sommes vraiment une famille ! La saison mushing s’achève, la neige devenant mauvaise. Ça me manque déjà, d’autant que j’ai perdu un mois d’entraînement avec mon entorse du genou ! Mais j’en aurai profité comme jamais et il y aura d’autres hivers !

J’accueille le Printemps avec joie, comme tout le monde. Chaque jour apporte plus de lumière, de chaleur, d’oiseaux et de vie ! Premier printemps autant attendu ! Des projets plein la tête, le jardin que l’on espère commencer bientôt. Toujours aussi bien entourée par mon Sweet Giant. La Vraie Vie. Heureuse.

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Par judithpuzzuoli
Le 25 mars, 2011
A 6:02
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Spring project N°1

Kenny Lake, 22 mars 

Avec ces longues journées de soleil (7h-20h), nous pouvons désormais profiter d’être dehors et reprendre nos projets de bricolage, à commencer par un plancher pour notre cabin.

Première étape : vider la maison, petit à petit, à commencer par le coin batteries, bureau et cuisine. Un vrai déménagement. Le camping commence!

montagetravauxcopie.jpg Quelques étapes en image: une fois le vide fait, nous retirons les planches stratifiées qui faisaient office de sol, cloutées sur des palettes. (Sherley apprécie la fraîcheur du sol). Je m’occupe ensuite d’isoler tout le bas du mur, avant la pose de lattes en bois transversales sur lequelles viennent se poser de belles planches. Nous isolons aussi entre les lattes. La différence se fait déjà sentir: finit l’air froid par le sol! Nous badigeonnons le sol d’huile de lin, avant d’attaquer la suite. 4 feet par 4 feet, nous progressons, déplaçant les meubles d’un côté et de l’autre.

img0995.jpg Sans oublier de faire passer les cables pour l’électricité et l’internet. Un truc que j’aurai oublié!

 img1008.jpg Et voilà où nous en sommes! Un peu plus de la moitié de la cabin. La dernière étape va être drôle car il faut déplacer le wood stove et surtout le tronc qui nous fait office d’escalier pour le loft, hyper lourd! Nous avons près de 20 cm par rapport à avant et les fenêtres semblent bien basses, surtout pour Matt!

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Par judithpuzzuoli
Le 22 mars, 2011
A 20:27
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Puppies puppies…

Kenny Lake, 22 mars   Ces temps-ci, nous recevons la visite régulière de nos « neighborhood puppies », le plus souvent sans leur maître…

img0899.jpg Oliver & Lucky les puppy’ puppets des “Hyppies” Matt & Kim. Labrador agés de 3 mois.  

img1002.jpg img1015.jpg Buck-Eye le monstre loup de Chris.  5 mois ½ , déjà un colosse ! Si Matt arrive encore à le porter, moi pas ! Le pauvre à désormais droit à chacune de ses échappées sauvage par chez nous, de repartir avec un déguisement sur le dos !  T-shirt, casquette ou tout se qui passe sous la main de Matt. Ceci afin de lui apprendre à ne pas mettre les pieds par ici sans son maître! On l’aime bien ce petit, mais on ne veut pas qu’il se serve en été de notre jardin comme d’un terrain de jeu ! Donc Matt lui apprend à se méfier… Et Buck-Eye repart tout honteux chez lui…

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Par judithpuzzuoli
Le
A 19:47
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Private Taxi Dogs

Kenny Lake, 15 mars   

A smart dogs story… 

Chaque lundi soir, je vais en voiture à mon « weekly social time » – le club Tricot de Kenny Lake. La voiture est toujours garée à 10 minutes à pied du chalet, l’accès à notre chemin étant encore impraticable à cause de la dernière chute de neige (40 cm d’un coup). Matt m’accompagne avec le sled pour éviter que je n’aie à marcher de trop avec mon genou en convalescence… En blaguant, je lui dis que pour le retour, il n’a qu’à m’envoyer les filles (Gobi et Sherley) avec leur harnais pour qu’elles me ramènent en traîneau…

 Il est 21H quand je prends la piste damée de notre subdivision. Premier virage : j’aperçois un gros chien courir vers chez des voisins, avec un gros « Garfield Cat » (roux et angora) à ses trousses ! La scène me fait me rire, je continue. Deuxième virage, une dizaine de mètres plus loin. Surprise : j’aperçois 2 chiens, un de chaque côté de la piste, avec des harnais, attendant gentiment sur leur derrière ! Ma première pensée est qu’un voisin a perdu ses sleds dogs… Mais en approchant je reconnais ces chiens- mes chiens ! Et me voilà escortée par mes body guards sur 500 mètres jusqu’à l’endroit où je gare la voiture habituellement : Sherley courant fièrement devant, s’arrêtant de temps en temps pour m’attendre,  Gobi derrière, comme lors de nos balades à pied.

En descendant de la voiture, je les appelle aussitôt pour qu’elles m’attendent. Je n’ai qu’à les attacher à l’avant du sled, mettre les provisions dans le traîneau et crier « Everybody ready ?! ». Et nous voilà parti au galop vers la maison, demi-lune splendide au dessus de nous, belle nuit étoilée. En moins de 5 minutes, nous voilà arrivées.

Matt m’attend dehors en riant de me voir arriver en taxi dog. Il a envoyé les chiennes il y a plus d’une demi-heure pour qu’elles viennent me chercher et il n’aurait jamais cru qu’elles attendraient si longtemps, surtout à l’heure de leur dîner ! Nous les récompensons d’un bon morceau de poisson. Ce soir, nous allons tenter l’expérience encore, à mon retour de la librairie…

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Par judithpuzzuoli
Le 16 mars, 2011
A 1:28
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Spring Time in Alaska

Kenny Lake, 13 mars   

img08691.jpg Plage de sable blanc en Alaska… Elle est pas belle la vie?!

Nous avons apprécié hier après midi notre premier bain de soleil de la saison dans le hamac -en combinaison d’hiver certes- mais par un soleil radieux. Température encore « a bit chilly », (environ -5°C au soleil) mais bien équipés, on peut rester des heures.

img0863.jpg img0872.jpg img0866.jpg Matt inaugure le hamac, suivi de Sherley! HAPPY BIRTHDAY!

Et tandis que nous apprécions le soleil, nous pensons aux prochains projets de printemps: installer un plancher dans le chalet, faire des meubles pour la cuisine, et bien sûr commencer le jardin: refaire le toit de la serre (effondré sous la neige), commencer les semis… Nous aimerions démarrer au plus tôt nos semis, mais la température la nuit est encore extrêmement froide: -36°C la nuit dernière. Du jamais vu pour Matt en cette saison.

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Par judithpuzzuoli
Le 13 mars, 2011
A 19:51
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My First Diamond Willow Stick

Kenny Lake, 12 mars 

Après de longues heures de ponçage à la main et 4 couches de vernis au pinceau, voilà le résultat!

img0819.jpg  img0876.jpg Diamond Willow stick, avant/après vernis.

diamondwillowzoom.jpg Zoom sur deux « Diamonds« .

J’adore ce bois (du saule). Il sent bon et les formes et les couleurs qui se découvrent au fur et à mesure qu’on le travaille au couteau sont uniques et superbes. Ce sont donc ces sortes d’ « yeux » que l’on appelle « Diamond ». Le bois est brun foncé à l’intérieur, et devient plus clair selon la profondeur de la taille au couteau. On peut aussi faire des cuillères en bois à partir de ces formes… Ce que j’ai hâte d’essayer dès que je trouve un autre bel arbre. Les saules sont partout dans les sous-bois, mais il faut chercher un peu pour trouver les arbres qui forment des Diamonds, une variété à part dans la grande famille des saules. Ça va rendre les balades en forêt encore plus attrayantes !

Prochain projets avec le saule : faire des tringles de rideaux, ainsi que des paniers en osier (avec les branches). Bref, il y a de quoi s’amuser pour un moment !

Evidemment, vu la hauteur de mon baton, je ne vais pas en faire un baton de marche ! Il va servir dans la maison, comme rambarde de sécurité pour ne pas que je me casse la figure de la mezzanine… Je travaille les montants pour l’instant avec un autre arbre. Je mettrai des photos en ligne dès que tout ça sera en place…

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Par judithpuzzuoli
Le
A 19:25
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Portrait de Luna et Stella

 Kenny Lake, 10 mars

J’achève mon tour de portraits de nos 14 mushing dogs, avec les deux nouvelles recrues !

img0846.jpg img0849.jpgStella, dans sa niche à demi-ensevelie/ Luna la Blonde.

Arrivées le 21 janvier, Luna et Stella appartiennent à notre amie musheuse DD. Celle-ci nous les as « prêté » pour la saison, non parce qu’elles ne voulaient pas garder les deux petites, mais parce qu’elle savait qu’elles s’amuseraient plus avec nous ! DD est installée à Fairbanks en hiver, où elle emmène des touristes faire des « dog mushing tours ». Les chiens font la même boucle de quelques kilomètres tous les jours, rien de bien excitant pour de jeunes chiens! Ces deux nouvelles recrues permettent aussi de remplacer Gobi et Snot qui courent moins cette saison. C’est l’occasion de les entraîner et les former, n’étant âgées que de 2 ans…

J’ai un coup de cœur pour Luna, car c’est vraiment une petite chienne extraordinaire… Comme souvent, on s’attache plus facilement aux animaux qui font parler d’eux et Luna est un sacré numéro ! Un vrai cirque à elle toute seule ! Luna la Loony (folle) comme on la surnomme…

Cette petite boule de muscle nous en fait voir de toutes les couleurs et nous fait rire tous les jours. Je ne sais ce qu’il y a de plus marquant chez elle, entre sa voix terrible et son énergie débordante.

Luna a vraiment la voix la plus horrible et pénible à écouter de toute l’Histoire des canidés! Cela mériterait un enregistrement ! Je suis sûre que Sarah s’en souvient encore… Difficile à décrire : son aboiement, qui est en fait un cri, ressemble à un chien que l’on torture (à mort) ! C’est vraiment douloureux à attendre ! Que ce soit pour être choisie pour courir, pour manger, pour attendre de débuter la course, ou l’espoir d’une caresse, Luna braille à tue-tête à nous briser les tympans. On peut lui crier dessus, ça ne sert à rien ! Le seul moyen de la faire taire est de répondre à ses désirs ou s’approcher d’elle.

Son cri est associé à son énergie bien sûr : quand elle veut quelque chose, elle saute, tire, se débat dans tous les sens, mord tout ce qu’elle peut, monte sur le dos du voisin,  jusqu’à ce qu’on vienne vers elle. C’est vraiment une cinglée incontrôlable ! Si ce chien était un animal de compagnie, elle serait la plus fidèle d’entre tous. C’est simple, cette petite a besoin d’amour comme aucun autre de la bande! Lors de notre course à Tonsina, nous l’avions mise « au piquet », seule attachée à un arbre par une chaîne, à quelques mètres des autres, car elle commençait à mordre sa corde pour se libérer. Il fallait voir comme elle hurlait à la mort ! Matt a dû lui mettre du scotch autour du museau plus d’une fois.

Mais Luna a un atout indéniable de par son énergie : c’est une fonceuse ! Placée devant en leader, elle tire avec toute l’énergie de son petit corps ! Et quel enthousiasme ! Une fois partie, on ne l’arrête plus et on va bien deux fois plus vite qu’en temps normal ! Elle s’emmêle encore les pinceaux quand il faut tourner à droite ou à gauche, mais à la volonté de suivre et de progresser et surtout n’a peur de rien. Elle a donc tout le potentiel pour devenir une excellente leader ! Si elle se retrouve emmêlée comme un saucisson, les quatre pattes bloquées dans son harnais, elle hurle pour qu’on la libère et pour repartir aussi sec. Et gare à moi si je m’arrête plus de quelques secondes sous peine d’entendre son horrible cri, indignée à l’idée d’une pause ! Il y a un gros travail à faire pour lui apprendre la patience, mais c’est peut être son jeune âge qui la rend si folle.

Enfin, Luna, c’est Madame Caresse. Je n’ai jamais vu ça chez un animal : elle a un vrai besoin d’affection et d’attention. J’ai souvent du mal à la quitter après une caresse, Luna s’agrippant à moi quitte à s’étrangler, mordant mes gants pour me retenir. Bref, elle n’a pas fini de faire parler d’elle cette petite !

img0832.jpg Luna au retour de course s’agite tellement qu’elle se retrouve toujours emmêlée comme il faut…

Quant à Stella sa sœur, c’est tout l’opposé ! Elle a le même tempérament que Snot ou Picker : calme, réservée, timide. Elle se débrouille bien en Swing désormais, s’emmêlant encore de temps en temps, mais à fait de gros progrès depuis son arrivée… Elle aussi est petite et frêle comme Luna, brûlant toutes les calories qu’elle ingurgite. Et comme sa sœur, elle déploie toute son énergie lorsqu’il s’agit de courir. Fougueuse jeunesse !

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Par judithpuzzuoli
Le 11 mars, 2011
A 6:59
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Portrait de Picker et Snot

Mercredi 9 mars, Kenny Lake

La série de portraits continue… 

Elles aussi je peux vous les présenter ensemble. Picker et Snot sont les deux « timides » de la bande. Deux chiennes avec moins de personnalité que les autres femelles et trop peureuse pour être placées en Leader. Leur éternelle place est donc en Swing, ce qui leur convient parfaitement. Les deux sœurs sont filles de Gobi. Snot ressemble trait pour trait à sa mère. Toutes les deux sont douces et réservées mais font généralement leur boulot avec efficacité.

Snot n’a pas beaucoup couru cette saison, vu son manque d’intérêt durant la préparation du sled, se cachant souvent dans sa niche pour passer inaperçue ! En course, elle a bien compris la maline,  qu’elle pouvait courir juste assez si elle voulait pour ne pas tirer le sled ! On a découvert récemment qu’elle avait un début de tumeur cancéreuse au niveau du bas ventre, ce qui doit sûrement lui faire mal lorsqu’elle court. Nous l’avons donc mis en retraite anticipée et elle semble heureuse ainsi.  Elle attend patiemment sa caresse, quasi quotidienne, et me regarde alors d’un œil implorant qui semble dire « Reste encore un peu ».

Picker aussi est une chienne discrète qui est occasionnellement placée devant, à côté d’un bon leader, et souvent lorsque je suis derrière Matt en traîneau. Autrement, elle a vite fait de paniquer à se retrouver devant et peut me jouer de mauvais tours…

img5683.jpg  Snot la douce. Beaucoup de ressemblance avec Loogy, son frérot.

img08571.jpg  Picker la discrète.

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Par judithpuzzuoli
Le 10 mars, 2011
A 4:50
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Portrait de Chewy et Dewy

Mercredi 9 mars, Kenny Lake 

dewy.jpg Les Bad Boys… Dewy au premier plan, Chewy derrière.

Ces deux là, je vous les présente ensemble car ils font la paire et sont inséparables. Ils sont demi-frère mais se ressemble beaucoup. Je les surnomme les « Bad Boys », les gros durs de la bande, les chiens-taureaux. Non pas qu’ils soient méchants (aucun de nos chiens n’a mauvais caractère), mais pour leur force étonnante. Leur place attitrée est bien sûr en « wheel », à l’arrière de la chaîne, pour leur capacité à tirer le sled, par toutes conditions. Le plus dur en dog mushing avec eux, est d’aller les chercher à leur niche, les amener au sled et leur installer leur harnais. Cette opération me coûte une masse d’énergie pas croyable ! Même chose au retour de course, quand il faut les ramener à leur coin et qu’ils savent que des croquettes les attendent… C’est sûrement grâce eux que je me suis fait les bras, à devoir les retenir, dans leur impatience à aller courir/manger. Ils me traînent jusqu’au sled, puis me donnent toutes les peines pour se laisser passer le harnais. Après ça, tout va bien. Le seul risque est quand je dois descendre du sled pour quelconque raison, et que Dewy et Chewy tirent comme des brutes pour repartir, faisant so uvent sauter le croc planté dans la neige.

Dewy a une tête carré de boxeur et un corps trappu. Son tête toute noire hormis deux petites tâches crème au niveau des sourcils, accentue son côté gad guy.

Chewy ressemble beaucoup à Loogy, mais son poil est plus long, en brosse et dru. J’aime sa queue d’écureuil touffue aux reflets violet. Ce chien est vraiment « LE Crado » de la bande. J’ai beau nettoyer tous les deux jours, son coin est répugnant et puant ! Une vraie porcherie…

Tous les deux aiment dormir dehors de jour comme de nuit, quelque soit la température et la bonne paille qu’on peut leur donner ! Le coin de Chewy est partout marqué de cercles enfoncés dans la neige, marquant les différents emplacements où il s’est mis en boule pour la nuit. Chewy s’est fait un igloo abrité derrière sa niche et entouré de neige profonde. Ils doivent se sentir investi d’une mission, tel deux cerbères protecteurs.

Malgré tout ça, les deux lascars sont friands de caresses, comme les autres…

img0830.jpg Dewy, cette après midi, scrutant le bon saumon congelé que Matt est en train de découper en morceau à la hache.

img0851.jpg Chewy, toujours en mouvement, monte la garde.  

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Par judithpuzzuoli
Le
A 4:43
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Portrait de Loogy

Kenny Lake, Mercredi 9 mars   

Je continue ma série de portraits de nos chers doggies.  Etant encore en convalescence pour mon genou, « nothing much happens those days »… 

img5688.jpg Loogy, le « mischievous boy », le coquin malin;

Si ce chien était humain, se serait l’éternel enfant espiègle, joueur et intelligent, mais qui n’en fait qu’à sa tête. Et drôle malgré tout dans ses âneries. C’est avec Doc, le seul mâle de la bande à pouvoir courir en position de Leader. Seulement, à la différence de Doc, sage et à l’écoute, Loogy n’en rate pas une. C’est toujours un risque de l’avoir devant, le coquin réservant toujours des surprises, comme sa compère Fluffy… Son atout est d’être toujours partant et enthousiaste pour toutes les courses, quand d’autres chiens rechignent parfois à être devant (Magellan, Fluffy). Pour lui, être devant est synonyme de liberté ! Pas d’attache au cou, personne à suivre, Yahoo ! Donc monsieur croit qu’il fait ce qu’il veut, quand il veut, c’est-à-dire le plus souvent s’arrêter pour pisser contre un arbre, une odeur attrayante… Il en profite aussi pour saluer les demoiselles derrière lui, parfois s’emmêler dans leur harnais…  Lui crier dessus ne sert pas à grand-chose, hélas. Quand il a décidé de s’arrêter, et donc de faire stopper toute l’équipe, il faut le plus souvent descendre du sled et lui tordre une oreille pour lui faire comprendre qu’il n’a pas à s’arrêter toutes les 5 minutes ! Entre deux arrêts, Loogy court à fond, heureux d’être devant et de se dégourdir les jambes. Son enthousiasme entraîne tout le monde. Aux intersections, selon l’humeur, il peut décider de m’écouter ou bien de prendre un chemin différent, juste pour s’amuser. Grâce à Loogy, j’ai beaucoup progressé cette saison!

Récemment, il s’est mis en tête de renverser sa gamelle à l’heure du repas, vidant l’eau pour avoir accès directement aux croquettes. Matt n’était pas content, car il a appris aux chiens dès leur plus jeune âge à manger dans leur gamelle. Trois soirs de suite, Loogy renverse sa gamelle sur le sol. A chaque fois, Matt éloigne la nourriture du pied pour qu’il ne puisse plus l’atteindre. Le 4° soir, l’estomac bien vite après ce jeûne prolongé, Loogy mange enfin dans sa gamelle, sans rien renverser ! Sacré lui.

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Par judithpuzzuoli
Le
A 4:26
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