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Vivre et grandir au coeur de l'Alaska

 
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First real snow, real happy dogs

Kenny Lake, Dimanche 30 octobre 

Après un début de semaine mémorable – une vraie tempête comme on en a rarement vu par ici, la neige est arrivée sans prévenir. Une douzaine de centimètres en une nuit. Pas grand-chose encore, mais de quoi aller s’amuser avec les chiens.

Dans la matinée (jeudi), température idéale (-2°C), et je ne résiste pas à l’envie d’ouvrir le chemin dans la forêt. Pendant une heure, je prépare le sled et le matériel, sous les aboiements joyeux et impatients du clan. Ils attendent cette sortie depuis longtemps, la dernière remontant au 25 mars!

Je choisis mes chiens, les « Smart » de la bande : Sherley et Gobi en leader, Magellan en swing, Doc et Loogy en wheel.  Cinq chiens suffisent amplement dans cette poudreuse légère et glissante. Nous sommes tous excités au départ et partons au galop en direction de la forêt ! Ha… ce moment du départ ! Comment exprimer cette adrénaline qui coure dans tout le corps et réveille les sens ?! Comme un skieur en haut d’une piste avant de descendre en flèche. Le sentiment de glisse est tout simplement grisant et sans cesse renouvelé à chaque sortie. L’air froid qui fouette le visage et fait pleurer les yeux, les virages secs et rapides où le corps doit s’ajuster dans l’instant au dérapage du sled (sous peine de basculer), la neige des branches s’éclatant sur la tête à mon passage, la joie de voir les chiens courir avec tant d’entrain. Le sentiment d’être vivant et bien dans le présent.

C’est toujours une surprise de découvrir le chemin pour la première fois de la saison. Et un privilège d’être le premier humain à fouler cette neige pure et immaculée. C’est comme entrer dans un univers parallèle. Le reste du monde a disparu et il n’y a plus que les chiens et moi, connectés par cette même adrénaline. Le ciel est blanc opaque, et la neige recouvre tout jusqu’à la plus petite pointe de brindille ! Ce chemin que je connais si bien pour m’y balader souvent est d’un coup transformé par l’hiver. Un paysage nouveau, hostile, froid, féérique.

Peu de temps pour la rêverie cependant. Tous les sens sont en éveil. Nous avançons à toute allure (15-20km/h ?), et des branches barrent le chemin de partout. Chargées de neige, elles se penchent dangereusement en travers et il est difficile d’évaluer leur épaisseur. Un quart de seconde pour réfléchir. Si la branche est fine, je suis bonne pour un effet boule de neige en pleine figure. Rafraîchissant. Si je la pressant épaisse, alors je m’abaisse jusqu’aux genoux. Généralement le sled passe juste en dessous, et je fais en sorte d’éviter d’avoir les mains dans la trajectoire de la branche, ou bien lâche une main. Pour celles qui sont à hauteur des chiens, les leaders les évitent ou passent en dessous. Parfois, une branche casse et vient se caser dans mon frein ! Je la pousse du pied ou bien arrête les chiens quelques secondes pour la retirer. Le sol est chaotique, car la neige n’est pas encore assez profonde pour couvrir toute les marnières et les crevasses. Ça remue bien et je m’accroche de toutes mes forces, d’autant que mes pieds glissent sur les patins du sled couverts de neige glacée. Un vrai rodéo ! Il faut avoir les yeux partout : voir ce qui arrive dans la seconde etvoir au loin pour anticiper le prochain virage ou la prochaine banche. Je freine souvent, même si cela ralenti à peine les chiens. Le croc est inutile avec si peu de neige. Je suis contente de rentrer au bercail après 20 minutes de course effrénée, sans m’être étalée ni avoir perdue le sled ! Yahoo ! Les chiens sont en sueur mais heureux. Moi aussi!

C’est partie pour ma troisième saison de dog mushing !!

Impossible de prendre des photos de cette course, mais quelques photos de cette première neige:

img3310.jpg Matin blanc à Kenny Lake (jeudi 27)

img3309.jpg  »The » School Bus. Les derniers Couch Surfeurs ont laissé de sacrés compliments de leur visite chez nous sur le site du CouchSurfing et nous aurons sûrement beaucoup de demandes la saison prochaine!

img3307.jpg L’enclos des poules tout recouvert. Hens and pig still alive!

img3305.jpg Notre « root cellar », cet hiver doublement isolé. Une vraie forteresse! Double porte d’entrée, tous les trous ont été bouchés, plus du papier journal pour renforcer l’isolation. On ne sait pas encore si l’intérieur restera à 0°C au coeur de l’hiver, mais pourtant, ça marche! Matt a construit à l’intérieur un coffre fort « anti-souris », qui laisse circuler l’air mais pas les rongeurs! Nos veggies sont à l’abri!

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Par judithpuzzuoli
Le 31 octobre, 2011
A 4:44
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On top of Willow Mountain

On top of Willow Mountain

Kenny Lake, 24 octobre

Violente tempête depuis ce matin. Les fenêtres tremblent et les arbres se penchent dangereusement. Des bourrasques de terre s’envolent en tourbillon dans le ciel. Bien au chaud à l’intérieur, levant le nez de mon bureau, je vois passer devant la fenêtre tout un tas de choses mal rangées. Entre autres, la pauvre bâche couvrant Juma que j’ai eu toutes les peines à rattacher. Le vent ne cesse de s’engouffrer par dessous et celle-ci se transforme en une voile violente qui claque au visage.  Pour un peu, je me croirais dans une tempête en mer en train d’essayer d’affaler le yankee!

C’est aujourd’hui notre premier anniversaire de mariage avec Matt. Heureusement, nous l’avons fêté hier car aujourd’hui, pas moyen de mettre le nez dehors plus de quelques minutes! Je souhaitais faire une belle randonnée avant la première neige et prendre un bon bol d’air en altitude. Nous choisissons Willow Mountain, une montagne proche et facile d’accès par la route. Avec son 1000 mètres d’altitude, elle fait figure de naine en face des géants de la chaîne Wrangell. Le temps est idéal: +5°C, pas de vent, grand ciel bleu.

 img3264.jpg img3232.jpg img3266.jpg img3267.jpg

Au pied de Willow lake (début de la rando), déjà recouvert d’une fine couche de glace. Les 4 photos ci-dessus forment un panorama complet de la chaîne de Wrangell. De gauche à droite: Mount Drum, Sandford, Wrangell et Balckburn. Willow mountain se trouve derrière le lac et nous pouvons admirer la chaîne Wrangell tout le long de l’ascension.

Nous garons la voiture juste devant un accès menant à la pipeline. Il n’y a pas de chemin pour aller au sommet et ce qui me semble être une petite grimpette, devient vite difficile dans les sous-bois, entre les buissons de saules, les arbres morts à enjamber et la mousse profonde qui s’enfonce à chaque pas. Il n’y a pas de pente « douce » à moins de zigzaguer sans fin et nous préférons grimper sec vers le sommet. C’est l’une des caractéristiques majeures de la randonnée en Alaska: pas de piste toute tracée, pas de balisage. A chacun de tracer sa route! Il y a quelques chemins ici et là près des villes, mais pour la grande majorité des montagnes, aucun accès! Cela fait le charme de l’Alaska et en même temps, ça veut dire que l’alpinisme est un sport souvent réservé aux pros (et sportifs fortunés car il faut souvent se faire déposer en avion aux pieds des montagnes). A un moment, nous arrivons face à une façade rocheuse assez raide. Le sommet est derrière mais il faut escalader un peu. La roche s’effrite facilement et il y a beaucoup de graviers qui ne demandent qu’à glisser sous le pied. En contournant la paroi, nous finissons par trouver un passage accessible dans une brèche en se disant qu’on ne redescendra pas par le même chemin! La vue au sommet vaut tous les efforts de la montée. La vallée s’ouvre à nous, à perte de vue, avec pour fond d’un côté la chaîne de Wrangell et de l’autre la chaîne de Chugach.

img3279.jpg img3281.jpg Prenant de l’altitude au dessus du lac, nous découvrons la grandeur du Copper Basin.  L’immensité du paysage ne peut tenir dans une photo, ni même plusieurs! De la où nous sommes, le bassin s’étant à perte de vue d’Est en Ouest sur plus de 400 kilomètres. Face au Nord, environ 80km nous séparent du pied de la chaîne Wrangell. Un bassin grand comme deux Corses mises bout-à-bout! Le contraste entre ce bassin, « plat » par définition, sans limite aussi loin que porte notre vue, et cette chaîne de montagnes colossale, barrière naturelle avec le Canada est tout simplement « speechless« .

img3288.jpg img3291.jpg Matt cherche Kenny Lake, que l’on ne peut deviner. Si ce n’est la Richardson Road et la pipeline, aucun signe de civilisation. Les habitations se fondent dans la forêt et l’on se croirait seuls au monde. Près de 3H pour atteindre le sommet! Moins d’une heure pour descendre.

img3292.jpg Le petit point rouge sur la photo, c’est le « Wedding Bluff », à 40 minutes à pied de la maison! Pique-nique express au sommet, car petite brise glaciale!

img3294.jpg Plein Sud, le sommet continue vers les montagnes de Chugach. Invitation à continuer la randonnée. Une prochaine fois, en été et avec la tente!

img3302.jpg En redescendant vers le lac, un petit singe sur une branche.

img3303.jpg img3304.jpg La célèbre « pipeline », serpentant du Nord au Sud, entre Pruhoe Bay et Valdez sur 800 miles (1300 km)!  Le panneau en anglais donne des infos intéressantes: le projet titanesque a été achevé en 1977 et traverse 3 chaînes de montagnes. Capacité maximale de pétrole transporté par jour: 1.5 million de barils par jour!!! Pendant 20 ans, c’est la quantité qui passait chaque jour dans ce tuyau géant! Maitenant, à peine la moitié et le grand débat par ici est de savoir si l’extraction est encore rentable aujourd’hui. A la fin de l’activité, le contrat de la société Alyeska stipule que les 1300km de réseau seront démantelé. Aussi, chaque Alaskan reçoit chaque année une rente sur l’exploitation du pétrole, même les nouveaux nés! C’est année, elle était de 1000$. Je vous laisse aussi imaginer les centaines d’employés qui travaillent chaque jour sur différents tronçons de la pipeline, pour s’assurer de son étanchéité. Heureusement, elle est assez bien cachée par la végétation et si on peut la voir en altitude, on la devine à peine depuis la route, occasionnellement.

Bref, ma première vraie rando « montagne » en Alaska et un souvenir mémorable pour fêter notre anniv! Vivement la prochaine!

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Par judithpuzzuoli
Le 25 octobre, 2011
A 2:53
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Hiking the woods with Czech visitors

Kenny Lake, 22 octobre

Cette semaine, nous avons eu la surprise de recevoir deux demandes de Couch Surfers d’origine Tchèque! Le premier, Mira est resté deux nuits. Sportif de haut niveau, il a randonné tout l’été en Alaska, voygeant en stop exclusivement et s’apprête à rentrer chez lui après un an passé au Canada. Andy et Jari, un couple tchèque sont repartis ce matin. Ils ont eux aussi vécu un an au Canada et profitent de leur dernier mois pour voir du pays. Tous les trois ont adoré dormir dans le bus et la vie simple dans les bois. De bons moments de convivialité et l’occasion de les accompagner jusqu’au « wedding bluff ».

dscn9603.jpg Matinée fraîche sur Kenny Lake.

dscn9608.jpg  dscn9616.jpg dscn9612.jpg (photos de Mira) Jeudi ensoleillé sur la Copper River Valley.

dscn9629.jpg dscn9618.jpgdscn9625.jpg dscn9626.jpg 

(photos de Mira) J’ai accompagné Mira jusqu’au bluff et il a poussé seul la balade jusqu’à la rivière en compagnie de Gobi, toujours prête à poser pour une photo.

img31201.jpg img31351.jpg img3121.jpg (photos de Jari) Ce matin, voile nuageux et température vivifiante (-7° plus une brise glaciale). La forêt et la vallée n’en sont que plus belles.

img3129.jpg Avec notre nouvelle amie Andy, enceinte de 4 mois.

img31321.jpg  Au « wedding bluff », un an (presque jour pour jour) après notre cérémonie de mariage.

img31421.jpg img31511.jpg  Sherley, le coyotte des bois.

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Par judithpuzzuoli
Le 22 octobre, 2011
A 21:59
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Getting ready for the winter

Kenny Lake, 22 octobre 

Ça y est, Juma est à l’abri pour cet hiver. Les températures ne me permettant plus d’avancer les travaux, autant tout protéger avant la première neige qui ne saurait tarder.

 img3257.jpg img3258.jpg Grand nettoyage avant de bâcher le bateau, le vent ayant déposé des tonnes de poussière partout. Au printemps, il restera quelques couches de peinture pour la finition et l’antifouling en dessous de la ligne de flotaison. Il y aura aussi l’intérieur bois à faire (les planches sont vernis et prêtes à être posées), avant d’attaquer le gréement. Ces jours-ci, je vais m’occuper de la barre (que nous n’avons pas!): j’ai trouvé un beau « diamond willow » qui devrait être parfait pour l’emploi. L’été prochain, obligé, Juma sera prête à naviguer!

 img3259.jpg La quille est presque finie. Je suis tombée en rade de résine époxy et il fait désormais trop froid pour l’appliquer. La partie bois a déjà une couche de résine + fibre de verre et est suffisamment protégée pour l’hiver. Une autre couche au printemps plus la peinture et ça sera bon! Capt’ain Phil, merci encore! Le plus dur est fait!

img3263.jpg Nous avons retiré la bache de l’abri bateau pour éviter l’humidité. Et puis comme nous partons un mois en France à la fin de l’année, autant être sûrs que les chutes de neige ne fassent pas s’effondrer la structure en notre absence.

Pendant ce temps-là, Matt à protégé le bâtiment qui prenait l’eau par le toit. Les outils sont rangés et il ne reste plus que trois projets impératifs avant l’hiver: s’occuper du cochon et des poules et réparer les niches des chiens. Les poules ne donnent plus un oeuf depuis bien 15 jours et me font pitié la nuit lorsqu’il fait -10°C.

Je m’occuperai des niches la semaine prochaine. Petit projet extérieur pendant que Matt suivra les cours d’EMT (Emergency Medical Technician), qui vont durer un peu plus de 15 jours, à raison de 8H par jour!

On tuera le cochon dans la semaine, quant aux poules, nous allons y aller progressivement. Je ne sais pas encore si je suis assez brave pour en tuer toute seule. Une fois mortes, pas de problème, mais donner le coup de couteau m’écoeure. Dur de ne pas faire de sentiments même avec une poule pas très sympa.

Cette après-midi, grande coupe de bois au programme. Nous n’en aurons pas assez pour l’hiver, mais avec un plein chargement, on devrait tenir normalement un bon mois et demi (en comptant ce qui nous reste de la dernière coupe). Ce soir, nous récompenserons nos efforts par un bon sauna brûlant au Tonsina Lodge!

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Par judithpuzzuoli
Le
A 21:19
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Learning new skills

Kenny Lake, 18 octobre 

Nous venons de terminer avec Matt quinze jours de formation continue pour apprendre à devenirs secouriste. Une connaissance bien utile quand on habite au milieu de nulle part. 

La formation a été proposée par le CREMS (Copper River Emergency Service) et nous avons sauté sur l’occasion pour suivre les cours à Kenny Lake, 3H par jour, plus deux samedis complets (44H de cours au total). Assez intense !

Kenny Lake est à 45 minutes de voiture de la clinique de Glennallen, par condition de route « normale» (plus long en hiver). Il n’y a pas de docteur dans le coin et comme les autres communautés autour de Glennallen, il existe à Kenny Lake une équipe de volontaires secouristes, qui sont appelés à intervenir 24H/24, 7J/7. Il y a un local chauffé (en hiver) avec une ambulance, prête à déplacer malades et blessés le plus rapidement possible sur Glennallen. C’est un système complètement unique. Je ne crois pas qu’il existe en France et il est présent aux States uniquement dans les communautés reculées. Ce sont des citoyens comme vous et moi qui se portent volontaires pour répondre aux urgences. Il faut savoir faire face à des appels souvent graves comme des accidents de voiture, des arrêts cardiaques, des accidents domestiques demandant des soins médicaux immédiats. Bref, une grande responsabilité qui demande un entraînement et une formation spécifique.   

Depuis un ou deux ans, il n’y a presque plus de volontaires sur Kenny Lake: un chauffeur et un EMT (Emergency Medical Technician). Ce qui fait que lorsque ces personnes ne sont pas disponibles, il faut faire venir une ambulance de Glennallen, et attendre un minimum de 50 minutes ! De quoi perdre un temps précieux en terme de survie. Grâce à une lettre ouverte à la communauté dans le journal et aux efforts du CREMS, 11 personnes se sont inscrites aux cours de secourisme et la plupart vont désormais rejoindre « the KL Squad », dont Matt et moi.

Ne connaissant quasiment rien en matière de premiers soins, j’ai fait des bonds de géant en l’espace de 15 jours. Parmi les choses que nous avons apprises : reconnaître l’urgence d’une situation et connaître les gestes qui sauvent pour agir immédiatement. Savoir faire les massages cardiaques et les respirations avec masque, utiliser un défibrillateur, mettre un patient sous oxygène, arrêter une hémorragie, dégager les voies respiratoires (à l’aide de différents outils), immobiliser la colonne vertébrale, déplacer un patient jusqu’à l’ambulance sur une planche, faire un check-up complet du patient (examen médical)…  Tout cela et bien des choses encore dont je n’avais aucune idée et qui me semblait réservées à un personnel médical expert. Beaucoup de vocabulaire à apprendre et des techniques de manipulation. Nous avons fait beaucoup d’exercices pratiques et de mises en situation. Si je suis plus à l’aise maintenant, je ne sais pas encore comment je réagirai dans la réalité !  

Notre examen a eu lieu samedi dernier : à l’écrit, 60 questions bien techniques (avec réponses multiples), et un examen pratique. Nous sommes par équipe de 3 (ce qui arrivera souvent sur le terrain). Je suis avec Matt et Kathy, l’ambulancière acutelle. Notre cas : une tentative de suicide. Un patient allongé par terre avec une hémorragie à chaque poignet. Qu’est-ce qu’on fait ? Wouaaw ! C’était intense et il nous a fallu un bon quart d’heure pour finir notre intervention. Matt suait à grosse goutte sur le faux blessé, étant en charge de donner les ordres à l’équipe. L’instructeur était content du travail et nous à donc validé la formation : nous sommes officiellement des ETT (Emergency Trauma Technician). Le reste du groupe a aussi validé son examen. Maintenant qu’une équipe va se reconstituer à Kenny Lake, nous aurons une réunion mensuelle pour réviser nos connaissances et nous familiariser avec l’ambulance. D’autant qu’au final, les urgences ne sont pas si courantes…

Ma formation s’arrête là et il va falloir continuer à réviser régulièrement pour ne pas oublier tout ce savoir ! Quant à Matt, il enchaîne la semaine prochaine avec le niveau au dessus : Emergency Medical Technician. 80H de cours et beaucoup de pratique. Plus de responsabilité aussi. A terme, nous aurons en permanence avec nous notre mallette d’urgence avec tout ce qu’il faut pour réaliser les premiers soins. Avec son grand calme et sa parole juste, l’équipe a déjà élue à l’unanimité Matt comme nouveau « chef  » de la Kenny Lake squad (sans son accord)!!

img3249.jpg L’équipe des secouristes de Kenny Lake (en bas à droite, Mike, notre prof).

Ps: tandis que je finis d’écrire, le sol se couvre de blanc. Première vraie neige?

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Par judithpuzzuoli
Le 19 octobre, 2011
A 0:39
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Le premier flocon

Kenny Lake, 16 octobre

Le ciel est blanc, impénétrable. Le soleil a essayé de percer le voile toute la journée, en vain. Pour la première fois de l’automne, l’après midi n’a pas dépassé le +1°C.  Dehors tout est calme, comme si la Nature attendait quelque chose. Toujours enthousiaste à l’idée d’avancer les travaux sur Juma, je décide de peindre quand même mes 3 panneaux de cockpit. Je me mets à l’abri dans la serre où il fait guère plus chaud. Le travail pourra finir de sécher à l’intérieur cette nuit. Je me dis pour la première fois de l’automne, qu’il va falloir remettre au printemps tout ce que j’avais prévu de faire sur Juma avant la fin de l’année.

Ça sent le froid et la neige. On s’était dit qu’on avait encore du temps devant nous pour rayer de la liste tous les points :

-          Réparer des niches pour les chiens (certains ayant leur maison en pièce !)

-          Tuer Miss Piguy + préparer la charcuterie

-          Tuer les poules (et le stocker quelques part !)

-          Faire une bonne coupe de bois

-          Nettoyer le bateau, ranger le matériel et tout couvrir

-          Couvrir le bâtiment à outils qui prend l’eau

-          Ranger le jardin et tout ce qui traîne par terre

-          Avancer les travaux de la maison : cuisine + fondations de la serre

-          Réparer le quad et aller s’amuser avec les chiens sur les chemins de la forêt (la version mushing automne !)

16H30. On se pose avec Matt autour d’un chocolat chaud pour marquer dans le calendrier le planning des choses « à faire absolument avant qu’il neige ». Ça motive et ça permet de procéder par priorités.

17H00. Matt plante quelques semis en terre. Je vais prendre quelques photos dehors quand… je vois les premiers flocons de la saison voler ici et là ! Bien gros, bien lent à la descente. Ça surprend toujours : on pense toujours qu’on a des semaines devant nous, eh bien non ! Faut se faire à l’idée que les beaux jours sont derrière et que désormais et pour 7 mois (sinon plus), le simple fait d’aller dehors me soulera tous les poils! Le petit 0°C dehors me semblera de la rigolade dans quelques semaines, mais d’ici là, faut que le corps se réhabitue !

Après la frénésie du printemps pour se remettre aux activités extérieures, la vie active estivale, la frénésie automnale de voir les choses « finies » arrive bientôt à terme. Frustrant par certains côtés, mais aussi une vague de soulagement, d’acceptation. De vivre aussi dépendent de la Nature apprend à faire avec ce qui vient, comme toutes les créatures du coin qui acceptent le cycle naturel des choses. On finira ce qu’on a le temps de faire et pour le reste… l’année prochaine ! Cela crée de l’espace dans la tête. Je vais pouvoir lire des heures dans le canapé sans me sentir coupable de ne « rien faire », passer à mes activités d’hiver (travaux manuels en tout genre) et surtout me poser et ne plus courir d’une activité à une autre. Déjà on remarque qu’on se lève bien plus tard ! 9H30 toute la semaine !

img3240.jpg Sherley et Gobi ont bien compris senties ce qui arrivait et ont passées la journée endormies sous mon bureau. La belle vie de chien. Un seul et unique « concern » : être nourries à l’heure ce soir ! Avec ces deux-là sous mon bureau, peu d’espace pour les jambes!

 img3234.jpg Matt plante quelques semis avant que le sol ne gèle complètement. On prend de l’avance sur la saison prochaine. Un essai. On espère que les plantes pousseront plus tôt au printemps (plutôt que d’attendre que le sol soit cultivable, vers mai).

img3236.jpg img3238.jpg Les derniers jours de Miss Piguy. Vue de haut, elle a l’air « petite », mais c’est en fait un vrai monstre! Ses oreilles sont énormes, son corps massif! Je l’aime bien cette cochonne, elle va me manquer. C’est vraiment sympa comme animal, bien plus qu’une poule!

img3239.jpg Les fondations sont faites: la structure octogonale de la serre, dont un quart sera réservé à ma yoga room! Il reste environ 1m70 entre la serre et la maison, où il y aura un petit sauna/douche d’un côté, un espace rangement pour Matt de l’autre. On pensait attaquer les murs mais on attendra!

 

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Par judithpuzzuoli
Le 14 octobre, 2011
A 19:32
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First year in Alaska

Kenny Lake, 7 Octobre 2011 

Le temps de se poser pour faire un petit retour sur cette première année en Alaska….

Quand je suis arrivée en octobre 2009 pour passer un premier hiver par ici, j’étais évidemment loin de me douter que j’y reviendrai un an plus tard m’installer pour une durée indéterminée ! Surprises des voyages, tours du destin.

Notre mariage avec Matt sans frou-frou, un mois après mon retour (le 25 octobre) – simple et beau, résume à lui tout seul nos aspirations et notre idéal de vie. Une vie loin de la civilisation, du confort moderne, du bruit et de la pollution, de la bureaucratie, du superflu. Pour un retour à l’Essentiel, à la Nature, à la contemplation, au silence et à la paix intérieure.

Est-ce si difficile de se couper de tout ? Est-ce un sacrifice, une fuite, de vivre en dehors des tourments de la société, de ses proches ?

Parfois, le confort me manque : une bonne douche chaude, chez soi, sans avoir à partager la douche « communautaire » (à la propreté souvent douteuse) ; un bon éclairage le soir pour cuisiner, lire ; une vraie cuisine ; de vrais rangements pour mettre mes affaires, protégées de la poussière, un coin à moi… Mais tout s’accepte, car nous sommes encore dans une phase de construction, d’amélioration du confort, et de jour en jour, petit à petit, je me sens un plus chez moi. Patience et laisser-aller, deux qualités que j’acquière ici.

Pour le reste : société de consommation, news du monde, ça fait un bien fou d’en être coupé ! Je vois la société de consommation comme un parasite de l’esprit, qui vise à nous rendre éternellement insatisfait et malheureux. Ici, pas de tentation, pas de dépense inutile : on apprend à vivre avec ce qu’on a ! Par exemple, j’achète tous mes vêtements aux fripes. Et puis finalement par ici, pas besoin d’avoir toute une garde robe : quelques fringues de travail, une paire de jeans corrects, des vêtements chauds. Tout est utile. Les belles robes que j’ai ramenées de France sont restées au placard tout l’été, de peur de les déchirer ou tâcher !

Quant aux news du monde, je me porte mieux à ne pas les connaître. S’il m’arrive d’aller sur Internet les lire, ça me donne le bourdon pendant des jours, à me désoler des horreurs des Hommes et à douter de son avenir. Parce que finalement, à quoi ça sert de savoir toutes ces choses si l’on n’a aucun moyen d’agir ?

De cette année en Alaska, je tire la compréhension et conviction que c’est à chacun de changer le monde à travers sa façon de vivre. On ne peut pas se mettre dans tous les combats, défendre toutes les causes justes, mais on peut chercher à vivre en étant honnête envers les principes que l’on veut défendre. Cela ne sert à rien le bla-bla ou de se plaindre si on reste assis dans la même routine !

J’appelle cette phase en Alaska « Travaux pratique » : la mise en place concrète de ce qui me tient à cœur : chercher à vivre d’une façon respectueuse de la Terre. Notre modèle de vie est encore loin d’être parfait mais le fait d’apprendre à vivre de façon autonome, à faire plutôt qu’acheter, nous fait progresser chaque jour vers un idéal. Et quel plaisir de réaliser toutes ces choses de se ses propres main, de vivre au rythme que l’on décide, de faire la grasse mat un jeudi, bosser un dimanche… Je continue quand même de me demander s’il est possible de vivre en France comme on le fait…

Vendre les légumes au marché cet été à une immense satisfaction. Je ne pouvais imaginer le boulot que ça représente, mais que de  récompenses ! Être dehors toute la journée, les mains dans la terre, récolter le fruit de son travail (poussé sans engrais chimique ni traitement), entendre les remerciements de clients qui apprécient nos légumes, voir le cellier plein de bonnes choses pour l’hiver, la montagne de confitures, de conserves de saumon et champignons, les pots de miel… Et bientôt la charcuterie ! Y a de quoi être content du travail accompli ! Jardinier/fermier, c’est quand même le plus beau métier au monde ! J’espère que d’ici quelques années, ça sera l’occupation la plus répandue ! Tous à vos graines, jetez les ordis !

La seule chose que je souhaite changer l’année prochaine, c’est de vendre nos légumes directement à Kenny Lake, plutôt que d’aller au marché à 2H de route. Une production locale  doit être consommée localement, ça semble logique. Si on peut trouver une 12° de clients, alors on livrera nos paniers légumes une fois par semaine et tout le monde sera gagnant. La production sera moins importante aussi, car mine de rien, cet été, on a fait que bosser ! Pas une excursion canoë, pas une randonnée camping ! On n’a pas arrêté ! L’été est si court, c’est dommage de ne pas profiter de tout ce que la Nature a à offrir ! Sans compter que l’été prochain, Juma sera prête à naviguer !!

Quant à la réalisation du journal, nous sommes rôdés. Chacun sait ce qu’il a à faire et nous mettons 2 fois moins de temps que l’année dernière à la même époque. On collabore à merveille, sans accrochage. Pas de stress, pas d’horaires « bureau » : on bosse quand on veut, à n’importe quelle heure du jour. Un journal de 20 à 28 pages, réalisé 100% depuis chez soi, (sauf l’impression) c’est quand même unique ! Si on faisait ce boulot à deux en France, on serait au Smic et bien pauvres. Ici, non seulement on a plein de temps libre, mais on met de côté pour nos projets!

Ma seule tristesse dans cette vie alaskane est de devoir vivre loin de la famille et des amis. Parfois, j’ai un grand vide au cœur et l’envie urgente de rentrer. Il m’aura fallu presque un an pour réaliser que ça y est, j’habite en Alaska, expatriée ! Ça fait tout drôle de poser son sac après avoir fait le pigeon voyageur pendant 4 ans. Je ne me sens plus en voyage !

Pas beaucoup de jeunes de mon âge par ici. Les quelques filles travaillent dans des bureaux ou ne passent pas l’hiver dans la région, les autres sont déjà maman et sont bien occupées. En fait à Kenny Lake, on vit un peu en autarcie ! Si je ne vais pas faire les courses, faire du bénévolat à la bibliothèque ou du yoga, il pourrait passer des mois sans voir un chat, d’autant que nous habitons dans un cul-de-sac ! Ici c’est étrange, chacun vit dans son propre univers, dans son bout de forêt et on en oublierait parfois qu’il y a d’autres hommes que nous, surtout l’hiver !

Ici, on apprend à aimer le silence. La musique en bruit de fond me gène et avec Matt, j’apprécie le fait de ne pas parler pour ne rien dire. Le silence n’est jamais une gène. La parole devient sacrée.  J’espère quand même ne pas devenir un vieux chat sauvage.  

Je n’ai pas hâte de retrouver le froid. La vie est tellement rude en hiver ! Je continue de croire que les gens ici sont fous de rester en hiver dans le coin. Si ça n’était pour Matt et nos 12 chiens, je ne pense pas que je survivrai en Alaska des années (physiquement et émotionnellement)! J’aime tellement mieux le soleil… Mais là encore, j’accepte le sacrifice, parce que c’est tellement unique comme période, et l’hiver réserve tant de beauté et de plaisir à musher ! Et puis, toute la vie n’est faite que de chapitres, et l’Alaska en fait partie. Beaucoup de voyages et d’aventures nous attendent, en sachant que nous aurons toujours ce petit coin de paradis où nous poser et nous ressourcer. Bref, la vie est belle !

 

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Par judithpuzzuoli
Le 8 octobre, 2011
A 1:37
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Record

Kenny Lake, 5 octobre 2011

Petit bilan annuel du blog qui aura 2 ans déjà à la fin du mois!

Si les compteurs du blog sont corrects, le nombre total de visiteurs depuis 2 ans s’élèvent à 32 371. Le mois de septembre a été un record historique: 3400 visites sur le mois! Ce qui fait 850 visites par semaine en moyenne!

Je ne sais toujours pas d’où viennent toutes ces visites et il ne me semble pas connaître tant de monde, mais c’est toujours un plaisir de voir que ce blog à une raison d’exister!

Avec le début de l’hiver et plus de temps à rester au chaud à l’intérieur, j’espère pouvoir écrire davantage, et faire partager un peu plus en détail cette petite vie de pionniers que nous menons dans ce coin du globe.

Comme toujours, ce blog ne prétend rien d’autre que de garder le lien avec ceux que j’aime, journal à coeur ouvert. Peut-être aussi à inspirer (modestement) ceux qui le lise à suivre leur idéal, leurs rêves, à vivre libres et sans frontières (physiques ou mentales), en accord avec soi-même…  

img3200.jpg Et pendant ce temps là, nos petites tomates vertes finissent de mûrir sur un coin de fenêtre… Voilà toute notre maigre récolte! Cela ne les rend que plus douces et savoureuses.

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Par judithpuzzuoli
Le 5 octobre, 2011
A 20:38
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Merci les amis!

Kenny Lake, 5 octobre

Le temps défile. Déjà 10 jours que les amis Mangonautes sont repartis…

Merci Cécile, pour ton aide précieuse au jardin, tes bons petits plats, tes mains dans la pâte à pain, tes coups de pinceau et de ponçage sur Juma, tes sourires, ta douceur, ton beau regard sur la Nature, ton talent débridé…

Merci Agathe, petite soeur de coeur,  pour ta joie contagieuse, tes histoires extraodinaires, ton rire de lutin, tes potions magiques et ton tipi dans le jardin, tes blagues et tes câlins…

Merci Capt’ain Phil, pour ton aide irremplaçable pour réparer la quille de Juma, avec pédagogie, efficacité, zen (quand l’entreprise me semblait si compliquée!), ta bonne humeur du matin, ta curiosité et ton enthousiasme pour tout, éternel coeur de grand gamin.

Qui aurait crû que la petite bande arrivée à bord du Manguier en septembre 2009 dans les Aléoutiennes, serait encore en Alaska 2 ans plus tard! Alaska, terre d’asile pour les esprits libres…

Aux aventures passées et à venir les amis, et bon vent à vous!

img3188.jpg Agathe au volant du School Bus, pose fièrement à côté du Grigri Evolutif de Cécile.

img3197.jpg Phil, Cécile, Agathe and me.  

Dans : Non classé
Par judithpuzzuoli
Le
A 20:11
Commentaires : 0
 
 
 

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