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Vivre et grandir au coeur de l'Alaska

 
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Joies de l’hiver (2eme partie)

Kenny Lake, 23 novembre 

Tandis que les températures continuent de dégringoler, d’autres joies de l’hiver s’offrent à nous…

-30°C en moyenne depuis une bonne semaine. Jusqu’à -39°C la nuit. C’est fou comme on s’habitue vite en fait ! -20°C est devenu largement supportable, mais dès qu’on passe en dessous de cette barre, ça fait mal ! Physiquement et moralement ! Le froid, le vrai, ne s’explique pas. Il faut le vivre. A -30°, respirer brûle les poumons et toutes parties non couvertes (joues, nez) s’engourdissent rapidement.  

Sortir du lit le matin:  Hum… que l’on est bien au chaud dans son lit sous 3 couvertures polaires et un duvet en plume ! Notre wood stove marche à merveille mais par ces températures, 8H d’affilée sans recharger en bois refroidit sacrément la pièce au petit matin. Il fait 7-8°C au réveil dans notre chalet une pièce et beaucoup de courage pour se lever. Le bout du nez tout froid est un signe que le feu est éteint ! Heureusement, Matt se porte volontaire la plupart du temps pour aller redémarrer le feu. C’est seulement quand j’entends les bûches de sapin crépiter et la bonne odeur du pain maison toasté que j’ose sortir du lit.

S’habiller : mon ensemble préféré : t-shirt, short, claquettes : 30 secondes à enfiler, c’est bouclé.  On en est loin bien sûr ! Je n’ai jamais compté combien de temps cela me prend chaque matin, mais sûrement 10 minutes de la tête au pied. C’est simple, il faut doubler ou tripler tout (deux paires de chaussettes, deux paires de pantalons, 2-3 hauts manches longues, un pull en laine, une veste polaire, un manteau, écharpe, 2 paires de gants). Ça ne veut pas dire qu’on est à l’abri du froid pour autant ! Malgré tout ça, il faut se bouger quand on est dehors, car le froid s’infiltre partout. Et puis ça n’est pas parce qu’il fait froid que l’on va tout enfiler sur le dos à chaque fois que l’on sort ! En fait, quand on ne sort que pour aller aux toilettes, chercher du bois ou quelque chose au cellier, on y va tout simplement en pull !

Aller faire ses besoins dehors par -30°C : la mission  Trivial, mais de la plus haute importance quand on n’a pas les toilettes chez soi ! Nous n’avons pas encore investi dans le pot-de-chambre ! Par ici, c’est souvent un sujet de discussion sans tabous et les récits de chacun valent toujours quelques bons fous-rires. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne lit pas le journal aux toilettes ! On y va en courant, on ne s’attarde pas, et on court sur le retour, sans boucler la ceinture ! Le plaisir incontesté cependant, est de faire pipi sous un ciel étoilé ! L’une de nos plus belles libertés ! Car il faut bien dire qu’on a des ciels fantastiques, absolument purs. Et ciel dégagé va de pair avec grand froid ! Pas le temps de s’attarder à apprendre les constellations donc, mais quel privilège ! Aussi, dans le noir, il faut garder un œil sur l’élan qui se promène dans le jardin. De l’extérieur, regarder la lumière de notre petit chalet éclairer la nuit fait quelque chose aussi. Ça le rend précieux au milieu de ce froid mortel.  

Nourrir les chiens : quelque soit la température, nos braves amis ont leur soupe du jour en soirée, la portion étant plus grande lorsqu’il fait bien froid. C’est tout un procédé parce que nous n’avons pas l’eau courante et que nous ne voulons pas faire la route jusqu’au puits communautaire tous les jours. Donc, il faut penser tous les matins à faire fondre de la neige dans notre grande bassine. Posée sur le wood stove, on l’a rempli de 4-5 sceaux de neige tassée. Celle-ci fond doucement toute la journée et est tiède en fin d’après-midi. Ensuite, on laisse macérer croquettes et eau pendant une demi-heure : la soupe est prête ! Sheley et Gobi me poussent à m’activer, le temps que j’enfile mes affaires chaudes. Je ne sais pas pourquoi, mais cette besogne reviens à moi seule! Il semble que nos différents rôles avec Matt s’équilibrent naturellement : lui à la coupe du bois, moi à la nourriture des animaux. Ce qui est sûr, c’est que le sceau est bien lourd est me fait les bras ! Le plus dur est toujours de se motiver pour affronter le froid. Une fois dehors, c’est marrant de voir l’excitation des chiens et de chercher leur gamelle dans le noir, qu’ils cachent généralement au fond de leur niche ! A quatre pattes, frontal sur la tête… Ah oui, parce qu’ici, la frontale est vitale !! Elle fait partie de notre quotidien et je ne sais pas comment on pourrait vivre sans. Il y en toujours plusieurs paires accrochées derrière la porte. Gare à celui qui ne les remet pas en place !

S’occuper du générateur : « a pain in the ass ! »  Fini le panneau solaire qui recharge nos batteries ! Plus assez de soleil pour chauffer. Nous sommes donc entièrement dépendant du générateur pour l’électricité, que nous utilisons pour s’éclairer et charger les ordinateurs et batteries diverses. Comme il fait nuit 16H par jour, ça va de soit qu’on utilise plus d’électricité qu’en été. Notre générateur marche « ok » la plupart du temps, mais ça demande quand même le coup de main et surtout de penser à acheter régulièrement le gallon d’essence et l’huile ! Il nous arrive régulièrement de nous retrouver dans le noir car les batteries sont déchargées. A tâtons, il faut chercher la frontale, sortir dehors, remplir le réservoir et allumer le générateur. Pas plus de 3 minutes, mais le temps de bien se geler les doigts.

Penser à chauffer le moteur de la voiture : Appelé « block heater », ce petit outil magique à pour utilité de chauffer l’huile du moteur et ainsi d’aider la voiture à démarrer par grand froid. Dès que l’on doit aller quelque part, il faut donc démarrer le générateur près de la voiture, celui-ci branché au block heater. Il faut compter 3H par -30°C. On ne le fait pas toujours assez longtemps et la voiture n’aime pas ça, mais c’est un moteur essence, et il démarre toujours beaucoup mieux qu’un diesel. Donc, si on doit livrer le journal et partir à 6H40 pour Copper Center, ça veut dire se lever la nuit vers 4H pour chauffer le moteur !! Le fun ! Matt est volontaire d’office pour cette besogne !

Bref, il y a encore beaucoup à dire sur les joies de l’hiver dans ce froid pays, et je vous en raconterai sûrement quelques autres… Tout ça pour dire qu’ici la vie est belle mais rude ! Il faut beaucoup de courage et de motivation, 7 jour/7. Pas le choix. C’est peut être pour ça qu’il y a si peu d’habitants dans le coin ! Je me dis souvent « allez, bouge-toi ! », car c’est facile de rester sur le canapé au chaud… mais il y a toujours une raison pour sortir dehors. Et chaque fois que ce froid embrasse chaque cellule de mon corps, il réveille mes sens et me rappelle une vérité toute simple : je suis en vie et quelle vie !!

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Par judithpuzzuoli
Le 24 novembre, 2011
A 6:23
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Dog mushing misadventures

Dog mushing misadventures

Kenny Lake, 17 novembre 

Je vous fais partager le récit de l’une de mes plus mémorables sorties dog mushing. Il y a toujours d’avantage à raconter quand les choses tournent d’une façon que l’on n’attend pas ! C’est dans ces cas là qu’on apprend le plus.

dogmushing.jpg Un petit croquis tout d’abord, pour que vous sachiez de quoi je parle… 

Les préparatifs du départ…

img3429.jpg img3431.jpg J’installe Doc. Il ne faut pas longtemps avant que CJ vienne s’emmêler avec lui!

img3447.jpg img3450.jpg Dewy (à gauche), Chewy (à droite). Deux forces de la nature, avec Booger. Il faut de la poigne pour les retenir! Ils m’entraînent pour rejoindre les autres. Sûrement l’étape la plus fatigante du Dog Mushing.

installationboogercopie.jpg Petit caléidoscope de l’installation de Booger, celui qui me donne le plus de peine à la pose du harnais. Il bouge et tire tellement que j’ai bien du mal à le faire tenir en place et je fais souvent passer une patte avant dans le mauvais trou du harnais! Il faut donc tout retirer et remettre comme il faut. Cette fois-là, il m’aura bien fallu 3 minutes!

img3458.jpg img3460.jpg Sur le départ. Au signal « Everybody ready! », excitation générale. Je lâche le crochet qui nous retient en criant « All right! » et nous décollons.

img3461.jpg En sortant de la cours… Et c’est parti pour le fun!

Lundi après-midi, -15°C, je décide de sortir avec 8 chiens, comme la veille. D’habitude, nous partons à 6, mais j’ai pitié de mes chiens qui doivent ouvrir la piste dans une neige fraîche et profonde, tirant mon lourd traîneau et mes 60 kilos.

Magellan et Fluffy en Leader, CJ et Loogy en Swing, Booger et Doc en Team, Dewy et Chewy en Wheel. Matt prend des photos de l’installation et du départ. Je sens les chiens super-excités et nous décollons à fond à peine le snap lâché. (Le sled est retenu à un tronc d’arbre par une corde, au bout de celle-ci, un petit crochet sécurisé qui se débloque d’une main facilement). J’ai les deux pieds sur le frein pour modérer leur ardeur ! Direction la route que nous allons longer jusqu’à l’épicerie Wengers, à 7.5 km.

Deuxième virage au sortir de notre cours. 90° séré, « flex » sur les genoux et vigilante à ne pas me renverser avec le sled. Avec tous ces arbres, je ne sais pas très bien ce qui se passe devant avant d’avoir effectué le virage, quelques secondes après les Leaders. Nous passons sans problème mais je vois l’instant d’après Doc avec une patte arrière prise dans la ligne principale ! Le pauvre court sur 3 pattes et celle emprisonnée est en tenaille entre ceux qui tirent devant et le poids qui suit derrière. Impossible qu’il se dégage tout seul. Je m’arrête aussitôt. Je sais déjà que je n’ai pas beaucoup de temps car les chiens sont encore dans l’excitation du départ et mon croc n’a aucune prise dans la neige fraîche. Je l’installe quand même et court vers Doc. J’essaye de donner du mou dans la ligne, mais devant, les chiens continuent de tirer. Doc hurle de douleur et déjà les 6 chiens de devant reprennent leur course malgré mes hurlements enragés! Je me retrouve au milieu de la ligne, avec Chewy et Dewy qui me piétinent ! Je détache leur tug line pour qu’ils n’aient plus de force sur le sled et cri aux autres de se calmer. On ralenti et au bout de plusieurs tentatives, je parviens à libérer Doc. Je me relève en vitesse avant que le sled me passe sur la tête et saute dessus en route…

Qu’est-ce que je vois alors ? Dewy est libre !! Il a réussi à sortir sa tête du collier qui le retient à la neck line! J’arrête de nouveau le sled. Les leaders se sont arrêtés pour jouer avec lui. J’en profite pour courir à l’avant, saute sur Dewy et réussi à l’attraper par son harnais. Déjà l’équipe repart sans moi. J’attrape au vol le sled d’une main tandis qu’il passe devant moi, de l’autre je tiens Dewy par le harnais. On ne peut pas continuer comme ça ! J’arrête le sled à nouveau, mais je sais bien que les chiens ne me laisseront pas le temps d’aller réinstaller Dewy et je risque de perdre le sled… Tant pis ! Je lâche le chien, il n’a qu’à courir à côté. Fou de joie, il rejoint les Leaders et courent devant eux. Maintenant nous sommes sur la piste voiture bien damée et j’espère juste que les Leaders n’iront pas tout droit sur la route à la fin de la piste ! Magellan et Fluffy sont les plus têtues de la bande et si elles ont décidé de s’amuser, mes ordres n’auront aucun effet. J’ai les deux pieds sur le frein et compte arriver en douceur à l’intersection pour prendre notre chemin habituel le long de la route.

Dewy fonce droit sur la route ! Fluffy va pour le suivre mais Magellan écoute mon « Hagh ! » (gauche !) et tourne comme il faut, les autres suivent. Ouf ! Dewy revient quelques instants après sur la piste et pendant un bon moment nous ne courrons pas trop mal, sauf quand Dewy vient se mettre dans les pattes des autres. Il décide de nous quitter pour aller visiter une maison au bord de la route. Je ne peux rien faire et me dis qu’il n’aura qu’à rentrer tout seul, l’imbécile heureux.

Quelques kilomètres plus loin, je décide de faire une tentative pour arrêter les chiens, le temps de détacher le collier de Dewy qui traîne dans la neige et dans lequel Chewy se prend les pattes. J’y parviens et jette le collier dans le sled. Les chiens en profitent pour s’emmêler un coup, les leaders faisant demi-tour pour saluer ceux de derrière, leur jeu favori. C’est à ce moment là que Dewy surgit de nul part! Encore une fois, je réussi à l’attraper. Cette fois-ci je l’attache. C’est du rodéo car c’est le chien le plus costaud de la bande. Au même moment, Fluffy et Magellan -qui n’en font qu’à leur tête depuis le début- décident carrément de faire demi-tour sur place. Pas facile de les en empêcher car je suis à l’arrière et n’ai pas le temps de me dégager que déjà le sled se retourne, les chiens m’entraînent et je tombe. Une fois encore, je me retrouve juste devant le sled et tire de toutes mes forces sur la ligne principale pour freiner les chiens. Rien n’y fait, les 8 courent déjà comme des fous. Ils ont une telle puissance ! Mon pied se retrouve je ne sais comment entre le côté du sled et la corde du croc ! J’ai l’impression d’être un animal pris au piège. Je n’ai aucun contrôle sur mes chiens, et me fait traîner comme un pantin dans la neige, tandis que j’essaye désespérément de débloquer mon pied. J’ai peur dans la course que mon genou se torde ou que je me casse une patte. Je ne peux pas basculer le sled pour faire frein dans la neige car ça risque d’empirer la position de mon pied. Après m’être fait traînée pendant plusieurs mètres et utilisée toutes mes forces pour débloquer ce pied, c’est la libération et j’essaye à peine de retenir le sled.  Je suis à terre de toute façon et ne peux utiliser le frein. Le nez dans la neige, je vois partir mon équipe. Je peux vous dire que c’est le pire sentiment pour un musheur : ne pas savoir/pouvoir contrôler son équipe. La défaite, l’humiliation. La puissance animal qui vainc l’intelligence de l’Homme !

Allez, ça n’est pas si grave ! C’est le chemin du retour, les chiens savent très bien comment rentrer à la maison. Je décide de marcher le long de la route d’un bon pas, au cas où j’aurai la chance de les rattraper ! Courir ? Inutile. Vous avez déjà essayé de courir avec des Bunny Boots ? En condition « normale » et avec mon meilleur sprint, les chiens seraient 3 fois plus rapide !

Une voiture me passe devant, je lui fais signe de ralentir, au cas où mes chiens décideraient d’aller faire un tour sur la route… Une deuxième voiture la suit : je lève le pouce pour faire du stop, on ne sait jamais ! La voiture m’ignore ! Est-ce que je fais si peur que ça à voir ? Je vois la première voiture s’arrêter sur le bord de la route, 300 mètres devant. Deux personnes sortent de la voiture et sautent sur le sled pour l’intercepter ! Nice ! J’essaye de courir pour les rattraper, car je sais qu’ils ne pourront retenir les chiens bien longtemps. La deuxième voiture s’arrête et fait alors marche arrière pour me récupérer ! Je saute à bord, explique ma mésaventure et nous arrivons en face du traîneau en quelques secondes. Je n’ai pas le temps de remercier mes sauveurs. La scène est infiniment comique : c’est comme si les chiens m’avaient vu arriver ! Ils décident de repartir au galop de plus belle, entraînant avec eux l’homme et la femme qui les retenaient. Je vois l’homme qui retenait les deux wheels tomber et passer sous le sled et la femme lâcher la poignée du sled et tomber elle aussi. Comique de situation… Je me retiens de rire. Heureusement, les deux personnes vont bien et me regardent avec des yeux étonnés : « Those dogs are crazy ! How can you handle them by yourself ! ».

Je leur explique en quelques mots que c’est le début de la saison, que les chiens sont contents de courir, et surtout que je n’ai pas l’habitude d’en avoir 8 ! Les gens de la deuxième voiture me proposent d’aller au devant des chiens et de les intercepter plus loin. Ok ! Je n’en reviens toujours pas que Fluffy et Magellan peuvent courir aussi vite et avec autant de détermination. Heureusement que la route est droite et que nous pouvons les voir de loin. Je descends de la voiture et me prépare à sauter sur le sled. L’autre voiture aussi s’est arrêtée pour aider : barrage d’hommes devant le sled ! Les chiens surpris s’arrêtent un instant. Je grimpe sur le sled, remercie mes sauveurs et déjà nous repartons à plein régime. Certains chiens sont emmêlés mais ça ne nous empêche pas d’avancer, alors « let’s go home ! »

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Par judithpuzzuoli
Le 18 novembre, 2011
A 20:19
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Histoires de chiens

Kenny Lake, 13 novembre

J’aime prendre des photos de la meute. Leur image reflète leur personnalité et parfois une histoire…   

img3357.jpg  L’indignation de Sherley. Habituée au confort intérieur, elle s’insurge dès qu’on l’attache, essentiellement lorsque l’on doit partir ou qu’il fait trop beau dehors pour rester à l’intérieur. On pourrait la laisser libre, mais elle arrive toujours au galop sur la porte, qu’elle ouvre avec ses pates avant. Elle n’a toujours pas appris à la refermer! Malgré son caractère fort et buté, Sherley reste la Leader incontestée et je lui fais entièrement confiance pour nous mener à bon port.  

img3361.jpg Le guet. Surveillance de La Porte, l’antre des Hommes synonime de confort, bonnes odeurs, coin chaud sous le bureau et caresses.  

img3363.jpg Le regard intense de Magellan. Il a toujours un mélange de crainte et d’attention extrême dans ses yeux sauvages. Elle ne baisse jamais sa garde lorsque nous sommes à portée de vue. Comme si elle essayait de comprendre les Hommes. Malgré toute notre affection, elle ne nous fera jamais totalement confiance. Ces temps-ci, Magellan passe son temps a essayer de se libérer de sa chaîne. Quand elle réussit, elle profite bien de sa liberté! Récemment, je l’ai trouvé suspendue dans le filet du poulailler, la moitié du corps à l’intérieur, l’autre dehors, les pattes dans le vide: bloquée! Elle a réussie à trouver la seule entrée, pas assez grande pour son corps cependant.  Vraiment drôle à voir mais les poules y ont échappé de peu! A peine la chienne m’aperçoit qu’elle s’agite pour se décoincer et réussie à sortir. C’est toujours un challenge de la rattraper car elle ne se laisse pas facilement approcher. Il faut ruser, en allant caresser un autre chien ou en amenant une petite croquette comme appât! Curieuse elle s’approche, puis fait des petits sauts de côté dès que j’approche une main pour prendre son collier. Magellan aime aussi faire des offrandes à ses copains, Dewy et Booger. Elle va chercher les harnais et leur apporte! Je ne sais pas si c’est du hasard, mais elle choisit LEUR harnais! Si elle trouve un os ou une bocal vide de saumon qui traîne, idem, elle apporte ses cadeaux aux Boys. Vraiment mignon.

img3355.jpg Booger en pleine mue. Toujours excité et prêt à jouer dès que l’on s’approche. Une force de la nature, mais souvent un gros feignant en mushing.

img3362.jpg Doc l’amoureux, regarde Gobi, sa belle.

img3366.jpg Petite CJ. Toujours prête à courir, toujours pleine d’énergie. Difficile de contrôler la contrôler au départ mais une fois partie, c’est un bolide, déterminée et efficace.

img3368.jpg  Fluffy la Gourmande. Elle aime courir, mais pas en Leader (trop de responsabilités!) et préfère le retour à cause de la récompense qui l’attend.

Ce qui fait que l’on s’attache à ces chiens, ce sont leurs traits de caractères uniques dans lesquels on se retrouve soi-même. Nos émotions, nos caractères sont souvent comparable.

Les courses mushing ont repris, pas encore régulièrement à cause de la météo. Depuis 15 jours, il tombe des tonnes de neige! Les jours de neige et de ciel bleu s’alternent et il faut constamment ré-ouvrir la piste, couverte par 15 nouveaux centimètres de neige. Fatiguant pour les chiens, épuisant pour moi qui court derrière le traîneau pour alléger mon poids! Une bonne suée à chaque fois!  

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Par judithpuzzuoli
Le 14 novembre, 2011
A 5:05
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The moose is back!

Kenny Lake, 11 novembre

Hier soir, pleine lune. Dehors, c’est magique: la lune éclaire la neige de façon fantasmagorique tandis que tout ce qui est sombre ressort d’un noir intense. Il fait -14°C et je m’équipe pour sortir observer la lune et profiter de cette ambiance particulière. Les nuages défilent devant la lune, sans altérer son intensité. Je surprends des traces circulaires profondes dans le petit jardin: un élan est passé par là. Alors que je vais pour m’assoir dans la neige, je fais face à l’autre jardin et là qu’est-ce que je vois!? L’ombre de deux élans, une mère et un petit, à 25 mètres à peine. Tous les deux sont tournés vers moi, attendant de voir ce que je vais faire. Je m’accroupis pour les observer (prête à décamper si la mère venait à me charger dessus!). Long silence. Tous les trois immobiles, figés comme des statues. Les chiens dorment dans leur niche, seule Magellan observe en silence. Il passe un moment avant que les deux bêtes se détendent et reprennent leur recherche de nourriture. Elles ont consciencieusement descendu tout le rang de pois que nous avons laissé sur pied. Nettoyage en règle avant de passer à la rangée d’épinards. Quel nez!

Sur leur garde, elles décident de rejoindre le couvert de la forêt, attendant que je parte pour reprendre leur fouille. Je commence à me refroidir et rentre au chaud, heureuse de cette rencontre nocturne.

img3411.jpg  Ce matin, la mère et son petit sont de retour dans le jardin.

img3412.jpg Depuis la fenêtre de mon bureau, entre plumes et grigris.

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Par judithpuzzuoli
Le 12 novembre, 2011
A 22:38
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Miss Piggy’s fate

Kenny Lake, 11 novembre

dscn9640.jpg Miss Piguy fait la pose (photo prise en octobre)

Dimanche 6 novembre a été le dernier jour de notre Miss Piguy. Après l’avoir nourrie, caressée et entendu ses joyeux « grouinements » quotidiennement pendant 6 mois, tuer cette gentille bête n’a pas été facile. Enfin, c’est Matt qui a tiré le coup de feu, mais ça m’a fait de la peine. C’est tellement sympa et drôle un cochon! Une vraie personnalité. J’ai envoyé une petite prière pour qu’elle parte vite et sans souffrance.

C’est la première fois que j’élève un animal pour le manger. Avec Matt, on n’achète pour ainsi dire jamais de viande, et si on le fait, on sait que c’est une viande qui vient d’un élevage local, où les animaux vivent une vie saine en plein air. On mange plus souvent du saumon. Par principe, je préfère désormais me passer de viande que de manger un animal qui a eut une pauvre vie et été tué en abattoir dans des conditions que l’on ne connait pas. Je ne crois pas que beaucoup de monde peuvent tuer un animal et pourtant nous sommes de grands consommateurs de viande dans notre société. Si chaque personne n’avait d’autre choix que d’élever l’animal qu’elle souhaite manger, et de faire le travail « jusqu’au bout » (tuer, préparer, cuisiner), il y aurait sans doute une vaste majorité de végétariens!

Miss Piguy a été choyée pendant 6 mois, a mangé des tonnes de légumes et plantes sauvages du jardin, à eut sa gratouille dans le dos régulièrement, tout le foin nécessaire à son confort et toute notre affection. Matt ne l’a pas assommée et égorgée, mais tué d’une balle dans la tête. Cela semble horrible, mais c’est une mort immédiate, sans stress.

Une fois la sale besogne accomplie, j’ai rejoins Matt pour l’aider à vider l’animal, retirer la peau et couper les morceaux. Je me suis mis en mode « ça n’est plus qu’un corps » et ai oublié que c’était Miss Piguy qu’on dépeçait, où ça m’aurait sûrement donné la nausée. C’est assez gore mais j’avais déjà vu vider un sanglier et un mouton alors j’ai le coeur mieux accroché. Et puis c’était éducatif de voir le système digestif, le coeur et la composition général de l’anatomie.

 img3386.jpg Notre stand charcuterie, en plein air. Pas besoin de frigo! Jambons, côtes, épaules, lard, foie, coeur… Dans le cochon, tout est bon! Il n’y a ques les viscères que nous n’avons pas gardé (et seront sûrement mangées par les corbeaux). Nous avons laissé la peau dans le jardin et les oiseaux viennent picorer dessus pour manger le gras. Les corbeaux, gaies et piverts viennent à tout de rôle. Les os une fois nettoyé de la viande iront pour les chiens. Rien n’est perdu, tout le monde est content!

img3401.jpg img3400.jpg Notre ami le pivert vient se servir sous notre nez, sans crainte!

 Il nous a fallut plusieurs heures pour découper la bête, rincer les morceaux et les mettre dans la saumure (brine en anglais), un mélange d’eau, sel, miel et sucre roux. Un vrai travail d’équipe! Nous avons laissé macérer 4 jours au cellier dans une grande cuve et le soir même, mangé une partie du coeur, foie et viande tendre. Je ne suis pas fan des organes… le foie a un goût très fort mais le coeur est tendre comme du magret de canard! Si notre amie Karin H. avait été là, elle l’aurait sûrement mangé cru à pleine dents! Manger le coeur, c’est honorer Miss Piguy et je l’ai remercié d’avoir donner sa vie pour nous nourrir.

img3409.jpg Jeudi soir, soirée boucherie. Environ 5 heures de travail. Nous avons trié les bons morceaux de la viande à saucisse, enveloppés les morceaux à conserver (pour congélation) et mis en bocaux quelques bons petits morceaux (que nous avons fait stériliser dans la foulée- 14 gros bocaux en tout!). Une fois découpés en petits bouts, les morceaux pour la saucisse sont assaisonnés avec du poivre, ail et champignons séchés émiettés. Ensuite, on passe le tout au hache-viande  par deux fois pour un meilleur mélange. Ne reste plus qu’à emballer pour la congélation! C’est un long travail mais ça fait plaisir de voir le résultat fini et nous avons pu apprécier notre premier steak! Dans quelques temps, nous essayerons une recette de rillette avec ce qui a été congelé.

La quantité de viande est impressionnante! Nous n’avons pas pesé mais y a de quoi nourrir un régiment! Nous en aurons sûrement pour une année pour en venir à bout. Tant mieux car c’est laborieux! Et peut-être pourrons-nous échanger un peu de cochon contre de l’élan ou du caribou!

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Par judithpuzzuoli
Le
A 5:42
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Happy Holloween!

Archeology magazine press release, 1 novembre

Des scientifiques ont découvert hier, lundi 31 octobre, la première momie jamais découverte sur les terres d’Alaska. Cette momie de sexe feminin, à la conservertion intacte, a été découverte suite à une fonte de glace accelérée dans la grotte de Tinglitica, au Nord Ouest de l’Alaska. Si la glace a préservé le corps pendant plusieurs millènaires (datation carbone encore non divulgées), le mystère de son histoire reste complet. Le réchauffement climatique laisse présager encore d’autres découvertes fabuleuses dans les années à venir.

grotte3copie.jpg

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Par judithpuzzuoli
Le 1 novembre, 2011
A 20:37
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Joies de l’hiver (première partie)

 Joies de l’hiver (première partie)

Kenny Lake, 1er novembre 

Waow… Il neige sans discontinuer depuis hier soir. Une neige si fine qu’elle accroche à peine dans les branches. Mini flocons très denses qui couvre le sol à vue d’œil! Déjà 20 centimètres (en ajoutant ce qui est déjà tombé et tassé). On a beau connaître cela, c’est chaque fois comme la première fois. Je suis excitée comme une gamine et tandis que je déguste mes crêpes maison, je rêve éveillée pars la fenêtre en regardant le beau spectacle de la Nature.

Joie de l’hiver n°1 : Voir tomber la neige. Admirer. 

J’ai toute la matinée pour cela car je n’ai comme programme aujourd’hui que d’aller à la librairie pour 16H. C’est une occupation en soi, où je laisse mes pensées dériver. Loin d’être monotone. Je vois en plus le jour se lever et les couleurs apparaître. Je suis débout depuis 6H, pour aider à finir de boucler la prochaine édition du journal. A 8H, il faisait encore nuit noire. Le jour tarde à venir avec ce ciel opaque de neige.

Dehors, tout est calme. Quelle chance nous avons d’être au milieu de la forêt et d’avoir à sortir pour aller aux toilettes ! On se sent proche des éléments, intimement reliés et dépendants de notre environnement. J’aime regarder le chalet du fond du jardin et penser que ce cocon, on ne serait pas là.

Sherley et Gobi n’ont fait que 3 pas dehors pour leur pipi matinal et sont bien vite rentrées ! Ces enfants gâtées ne supportent plus d’avoir le poil mouillé et les coussinets froids! Elles passent la journée sous mon bureau, m’asphyxiant régulièrement de leurs pets discrets mais fatals.

Dehors, les autres membres de la meute sont à l’abri dans leur niche respective. Seule Magellan monte la garde et observe nos moindres mouvements. Elle est couverte de neige !

Joie de l’hiver n°2 : Rester au chaud. Prendre soin de soi. Ne rien faire. 

Non pas qu’il fasse froid : -3°C, de la rigolade. Mais bon, faire du dog mushing avec cette neige mouillée qui tombe, pas génial.  Une vraie bonne raison, donc, de rester à l’intérieur et de se cocooner ! Je me suis réveillée avec une envie de crêpes maison. Matt a le temps d’en ingurgiter deux avant de partir pour ses cours d’EMT (Emergency Medical Technician). Le journal est bouclé. Plus aucune priorité. Matt réussit à sortir de la cour en voiture, je ne sais comment. Il a prévu la pelle dans le coffre, au cas où. C’est vraiment typique d’ici : la neige et le froid n’arrête personne. Comme si de rien. On n’a même pas encore posé les pneus cloutés ! Raisonnable, je m’arrête à la deuxième crêpe à la confiture de figue (made in normandy), histoire de prolonger le plaisir toute la journée.

Joie de l’hiver n°3 : Déneiger. Prendre la route. Rouler sur le verglas. 

Ça serait trop beau si on pouvait tout le temps rester chez soi l’hiver, mais il y a toujours une raison de sortir. Mission numéro 1 : sortir de la cour et rejoindre la route. 1.5km de piste enneigée. Après une grosse neige comme aujourd’hui (15cm et ça continue), ça demande d’être un vrai pilote pour ne pas s’embourber. La règle est de ne pas s’arrêter et de ne pas freiner une fois parti ! Sur la route, vaille que vaille, faut s’armer de courage et de vigilance.

Par exemple, hier je devais aller à la Poste chercher des colis : une vraie expédition ! Déjà, notre Poste est à 26 miles (41km) de Kenny Lake ! Une bonne demi-heure par condition de route normale. Ces jours-ci, les températures douces ont rendu les routes verglacées par endroit et en qui me concerne, je roule à 50km tout du long, parfois moins. Peu de voitures sur la route, mais toutes me doublent à 80-90km ! De la folie ! Je me cramponne au guidon et prie pour arriver à bon port. Trois heures aller-retour, en comptant mes arrêts, pour revenir au bercail. « I made it !! » J’ai l’impression d’avoir accompli un exploit ! A choisir, je préfèrerai être coincée une journée sur un bateau en pleine tempête que d’avoir à prendre la voiture pendant 2H. Ça s’appelle : apprendre à vaincre ses peurs… et y a encore du chemin.

 img3346.jpg  img3352.jpg Le school bus sur ciel d’orage, avec et sans le rayon de soleil. Premier rayon qui passe à travers les nuages depuis une semaine.

 img3347.jpg img3350.jpg img3351.jpg Quelques vues du jardin. J’adore ce ciel dramatique. Le soleil de début d’après midi apporte un peu de couleurs.

img3359.jpg img3360.jpg Le mangeoire à oiseaux.

  img3311.jpg Une vue floue de la route, juste pour vous donner une idée des conditions. On ne voit plus aucune lignes (milieu ou latérales).

  img3374.jpg Aujourd’hui, c’est le jour du pain… je crois que je vais me contenter des crêpes! Faire chauffer ce four quand il est tout humide, c’est la galère!

 img3380.jpg Magellan, gardienne de ces lieux. C’est marrant comme en l’absence de Sherley et Gobi, elle devient chef intendante. Bien que ce soit la plus flippée de tous nos chiens, je la pressens successeur de Sherley, le moment venu.

Dans : Non classé
Par judithpuzzuoli
Le
A 19:22
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