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Vivre et grandir au coeur de l'Alaska

 
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A little bit of snow

KennyLake, 28 janvier 2012

Tandis que le froid nous suit cette saison à Kenny Lake, la ville portuaire de Valdez connaît l’une des ces années records en terme de chutes de neige. Nous attendions le redoux (-30°C !) pour prendre la route de Valdez et voir de nos yeux le spectacle grandeur nature de cette ville littéralement ensevelie sous la neige !

Quelques chiffres pour cette année : dans la semaine du 5 au 12 janvier, il est tombé en moyenne 22cm de neige par jour, soit 1m50. Depuis le début de la saison (mi-octobre), il est déjà tombé 321 inches(près de 10 mètres). Sachant que c’est en février qu’il neige habituellement le plus, la ville pense qu’à ce rythme, les chutes vont atteindre un record de 20 mètres cette saison.

L’école publique a dû fermer ses portes la semaine dernière, car les quantités de neige cumulées sur les toits devaient être retirées en urgence sous peine d’effondrement. Sur ce toit, il a été calculé 97 poundsper square foot de neige, soit 43,6kg par 30cm2  et donc 475kg/m2 !! (Ha ! Je ne vous raconte le temps que ça m’a pris pour vous sortir ces chiffres !)

Autant dire que les pelleteuses à neige vont bon train, de même que les coups de pelles ! Et sur le toit, pas d’alternative, il faut faire ça à la force des bras ! Alors Valdez recrute à tout va! Le salaire horaire à même doublé ce mois-ci : 20$ par heure pour les courageux prêts à retirer la neige des toits (publiques, commerces).

Le jour de notre visite, il n’avait pas neigé depuis quelques jours et les rues étaient donc « dégagées ». Le spectacle n’en est pas moins impressionnant ! De la rue, c’est simple, on ne voit que des murs de neige de tous côtés et des toits qui dépassent, eux même recouvert de neige. Mieux vaut savoir où l’on va car la vue est bouchée ! Ici et là, des pyramides de neige  s’élèvent, plus hautes que les bâtiments.  Les parkings d’été servent de stockage de neige provisoire. Ces montagnes de poudreuse sont ensuite progressivement chargées sur des remorques et déversées à la mer. Quel boulot ! 

La ville ressemble à une souricière géante. Les fenêtres sont bouchées par la neige et partout sont creusés des tunnels d’accès pour les portes! Quand on marche sur les trottoirs, on longe des murs épais de plusieurs mètres de large et de plus de 2m50 de haut ! 

Alors à Kenny Lake, personne (de la tribu des Cigales) ne se plaint du froid, car ici, on préfère un bon-40°Cpendant une semaine et rester au chaud à se dorloter que de sortir toute la journée pelleter la neige sur le toit et devoir se creuser une tranchée pour entrer ou sortir de chez soi !

A Valdez, les gens sont fiers de toute cette neige. Ils vivent là en connaissance de cause et bravent courageusement les éléments. Une amie de Valdez nous disait qu’elle préfère les jours de neige aux jours de vent, particulièrement longs et glacials !  

 

 De gauche à droite:  La boutique du coiffeur/ Pour vous donner une petite idée… Matt mesure 1m98 ! Il se tient à l’endroit même où nous avons notre stand de légumes en été ! / L’entrée de Rogue’s Garden, notre QG (café/épicerie/resto bio)/ Le port de Valdez: si vous regardez au premier plan, vous verrez un hors-bord à moitié coulé/ Un brave sur un toit, en train de découper la neige par cube. La pelle ne suffit pas. Les gars sont armés d’une sorte de couteau à beurre géant et découpent des tranches de neige qu’ils poussent ensuite avec leur pelle. / L’entrée de Rogue, en été.

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Par judithpuzzuoli
Le 29 janvier, 2012
A 5:48
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Having fun by -40°C

 KennyLake, 21 janvier 

Depuis notre retour, nous n’avons vécu que le Grand Froid. Quatre jours continuent à-40°C, de jour comme de nuit. Loin de nous sentir prisonniers de cet environnement sur lequel nous n’avons aucune emprise, nous apprécions tous les moments de cette retraite forcée.

Nous vivons encore au rythme du décalage horaire, nous couchant vers 20H épuisés et debout vers 6H, alors qu’il fait encore nuit noire. La seule obligation de quitter le cocon, a été pour Matt de livrer le journal jeudi matin. Il a fallu mettre le réveil 3 fois : à 23H pour allumer la voiture et la laisser chauffer un peu, à 2H, même manœuvre, puis à 4H pour le réveil, chauffer la voiture encore une fois et préparer l’étiquetage des journaux. Je ne sais pas comment fait cette machine pour démarrer par-40°C mais Matt semble l’avoir bien domptée.

Je ne vais dehors que pour l’extrême nécessité : aller aux toilettes, nourrir les chiens et les poules (matin et soir par ces températures), chercher des seaux de neige afin de la faire fondre sur le poêle (pour l’eau des chiens), ramener quelques bûches pour le feu.

A chaque fois, c’est la Mission, le plus dur étant toujours de se motiver psychologiquement et d’enfiler toute une panoplie de vêtements lourds et encombrants. J’évite de porter mes lunettes, car si je souhaite respirer l’air à travers mon écharpe, une couche de buée se forme automatiquement sur les verres et je n’y vois plus rien. Matt a en plus la tâche de tronçonner le bois en petites bûches et de sortir le générateur pour charger nos batteries.

Aussi, j’ai remarqué que c’était pire de courir (dans l’idée de vite finir sa Mission), l’air semblant brûler les poumons avec plus d’ardeur et le froid s’infiltrer malicieusement sous les couches d’habits.

Comme on est bien à l’intérieur ! Il fait vite très chaud dans le chalet. La première nuit, nous avons chargé un peu trop le poêle et il faisait bien 35°Cdans la mezzanine, m’obligeant à sortir du lit en sueur et à dormir sur le canapé. La seule chose désagréable est lorsqu’on doit ouvrir la porte. Un brouillard glacial s’infiltre au galop dans la pièce me faisant frissonner jusqu’à l’os.

Alors me direz-vous, que fait-on quand on ne peut pas sortir, qu’on n’a pas la télé, ni d’amis pour nous rendre visite? Déjà, ça demande de bien s’entendre avec l’autre personne qui vit 24H/24 dans la même pièce ! Avec Matt ça n’est pas un problème car nous savons chacun nous occuper et nous respecter l’un l’autre. Je lis beaucoup. Je dévore tous mes nouveaux livres, sans culpabilité, du genre « Je devrais faire ci ou ça ». Quel bien fou de n’avoir rien d’autre à penser ! Pas de course, de liste « à faire », de deadline, de rendez-vous. Matt semble méditer beaucoup, contemplant la Nature par la fenêtre. On mange bien aussi. Ça rythme nos journées. Je n’ai pas l’impression de me goinfrer pour autant.

Quand le jour tombe (vers 16H30), on se demande tous les deux comment la journée a pu passer aussi vite sans que ni l’un ni l’autre n’ait subit la peur de l’ennui. On fini toujours la journée par se regarder un petit film.

Hier samedi, grand changement : le thermomètre est remonté à -30°C !! C’est une victoire, vraiment ! L’air nous semble respirable à nouveau et je sors même sans gants le temps de quelques minutes. Nous décidons de profiter du « beau temps » !

Je m’essaye au ski de fond ! Pas longtemps car la neige est profonde (il a bien neigé 40 cmde plus en notre absence), et je m’enfonce. A la place, nous partons pour une mini randonnée en raquettes. Gobi a vite fait de nous abandonner, et Sherley, fidèle amie, fait des sauts dans la neige pour avancer tant bien que mal. Elle s’enfonce jusqu’aux épaules et décide finalement de marcher derrière nos traces. Elle est récompensée de ses efforts lorsqu’elle trouve une tête de lapin, (abandonnée par un renard?) ! Ces10°C de chaleur en plus font vraiment la différence sur nos capacités de résistance! Ni mains ni mes pieds ne congèlent !

Je peux aussi reprendre mes travaux de menuiserie et couper dehors mes planches pour les tiroirs de ma commode. J’ai hâte de la voir terminée pour ranger tout mon bazar ! J’ai fait le plan et les calculs, Matt m’aide au collage et aux agrafes, sans oublier ses bons conseils.

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Par judithpuzzuoli
Le 22 janvier, 2012
A 21:16
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Notre bercail du Grand Nord

Notre bercail du Grand Nord

Kenny Lake, 18 Janvier 2012

Apres un long mois d’absence sur le blog, je reprends ma plume (enfin mon clavier!) pour vous raconter les jours derniers.  Un mois passé en France avec  Matt, cocoonés par la famille et les amis, au coin de la cheminée ou autour de tables toujours bien garnies, la peau du ventre bien tendue, servis et chéris comme des pachas…  Le contraste avec  l’Alaska est… brutal!

A noter d’abord l’un des vols  les plus magiques qui il m’est été donné de faire: un  ciel parfaitement dégagé tout le trajet nous a permis de voir les côtes Françaises et Anglaises dans le même instant, les bosquets et petits champs Anglais, Londres, les vertes prairies  d’Irlande,  la glace et les icebergs de l’ Iceland et survoler  du Nord au Sud le Grand Nord Canadien, entre taïga,  toundra, lacs par milliers, rivières glacees sinueuses… Vastes plaines désertes et intouchées par notre civilisation. Quelle incroyable invention que l’aviation, pour nous permettre en 9h de vol de traverser autant d’horizons différents!

Atterrissage à Anchorage dimanche soir.  Première goulée d’air en sortant du parking souterrain de l’aéroport: il fait -20°C et l’air glacial emplit mes poumons par surprise. Aarrgh!  Vite à l’hôtel!

Nous prenons la route de Kenny Lake lundi après avoir fait quelques courses à Anchorage, en nous promettant bien de ne pas y remettre les pieds avant longtemps. Adieu société de Consommation, bruit et malbouffe! Les 4h30 de routes défilent, splendides. A mesure que nous nous approchons du bassin de la Copper River, on sent le froid qui tombe. Le chauffage de la voiture ne parvient plus à nous garder au chaud et on enfile les grosses vestes.

Nous parvenons à rouler jusqu’au chalet après  1.5km de piste plus ou moins damee, bien que les dernières centaines de mètres soient un peu chaotique. Le voisin qui a nourrit nos chiens pendant un mois a tracé la piste en voiture jusqu’au dernier coup de vent qui est  venu former des congères çà et là.

A peine arrivés que je saute de la voiture pour aller saluer mes fideles amis. Gobi s étouffe de joie dans des couinements burlesques, Sherley endormie au fond de sa niche tarde à sortir puis ose a peine y croire ses yeux. Elle renifle mes mains avec ardeur et semble toute ahurie…  Puis elle se met à aboyer furieusement pour que je la libère. Les 11 autres chiens aboient comme des fous. Apres avoir détaché Gobi et Sherley, je décide de faire un tour du chenil pour saluer tout le monde. Je fais vite car déjà mes mains s’engourdissent.

Une fois le tour fini, je cours me remettre au chaud dans la voiture encore allumée.  C‘ est seulement la que je réalise (trop tard) que je suis sortie sans gants! Trois minutes dehors ont suffi  a me geler les doigts littéralement. Ils sont pales et rigides et j’arrive a peine à les bouger! Jamais depuis que j’habite en Alaska n’ai-je eu les doigts aussi “con-ge-les”! Et quelle douleur! Durant les dix minutes qui suivent, je me tords sur mon siège tandis que le sang reflue vers mes doigts, comme autant de coups de lames brulantes. Matt qui est rentre a la maison préparer le feu ressort un instant pour chercher du bois et ne voit pas mon visage crispe. Je ne peux même pas taper au carreau pour lui faire signe car ma veste d’ hiver étouffe le son de mes coups de coudes sur la vitre. Je sens mon cœur battre a tout rompre et mes jambes sont prises de secousses. Dehors, j’apprendrai qu’il fait -40°C! Par ces températures, le corps privilégie les organes vitaux, les extrémités se font sacrifier en premier. Dans mon cas, il ne faut pas longtemps et je suis reconnaissante d’avoir pu me réchauffer si vite dans la voiture.

A l’intérieur de la maison, il fait -30C. Quel accueil! On passe d’instinct en mode survie: Matt n’a pas perdu de temps et déjà le feu crépite dans le poêle a bois. Lorsque mes doigts reprennent de leur mobilité, je sors rejoindre Matt a l’intérieur lui raconter ma mésaventure. Avec les deux chiennes, nous restons collés au poêle une petite demi-heure avant que notre pièce unique se réchauffe progressivement. On finit par se blottir sur le canapé avant qu’une température acceptable soit retrouvée. En une heure, on peut déjà faire tomber les manteaux et penser à l’étape 2: manger!

Il reste à rebrancher  les batteries pour l’électricité et le gaz pour retrouver un minimum de confort.

Nous n’avions qu’un bidon dans la voiture, aussi n’avons-nous remplit que 20 litres d’eau au puits communautaire pour notre consommation immédiate et pour les chiens. Il faut encore les nourrir et la neige ne font pas assez vite dans la bassine sur le poêle pour avoir assez d’eau pour leur repas. Je décide de leur donner des croquettes sèches pour cette nuit et donnerai une bonne portion le matin avec de l’eau tiède. Aussi Je redonne à chacun un bon morceau de paille pour que la nuit soit moins rude.

Brave Matt bosse toute la nuit sur le journal que nous devons terminer pour le lendemain matin. Le matelas de la mezzanine et les draps sont encore froids et durs lorsque je vais me coucher, mais ca ne m’ empêche pas de m’endormir dans la minute qui suit, en rêvant à ma sœur tout juste arrivée au Sénégal et au tonton Michel sur l‘ Ile Maurice!

Nous n’avons pas pensé à faire de courses a l’avance et n’avons ni pain, ni oeufs, ni  lait… Tant pis, le petit dej’ sera des céréales au lait de coco en conserve. Mardi matin, il fait encore -40C (il a fait jusqu’a -41.5C dans la nuit). Ca ne sert a rien de démarrer la voiture, autant rester au chaud et faire avec ce qu’ on a.  A 16h30, épuisés par le décalage horaire et les heures de travail sur l’ordi, nous nous écroulons de fatigue et débutons notre nuit ! Ce matin, je suis réveillée à 4H et la nuit est encore longue… il ne fait jour qu’a 9h! Sur le canape avec un bon bouquin, je fais la gardienne du feu.

Ps: desolee pour les accents… j ai oublie mon adaptateur en France, donc j ecris sur l ordi de Matt pour l instant…

 

 

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Par judithpuzzuoli
Le 19 janvier, 2012
A 3:38
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