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Vivre et grandir au coeur de l'Alaska

 
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Beautiful Alaska

Beautiful Alaska

Kenny Lake, 20 février

L’une des plus belles journées de cet hiver. Un ciel parfait, une lumière magique… Enfin le soleil revient!

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Ce qui est embêtant avec la nouvelle configuration du blog, c’est que l’on ne peut plus ouvrir les photos à la taille réelle où je les publie… C’est dommage car c’est chouette de pouvoir zoomer pour voir les détails!

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Par judithpuzzuoli
Le 20 février, 2012
A 22:53
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My dear friends

My dear friends

Kenny Lake, 20 février

Par une belle matinée givrée, quelques clichés de mes chers amis. Et l’occasion de vous donner de leurs nouvelles…

Gobi, la matriarche, Gobi la douce, peluche pleine d’amour. Doyenne avec Sherley, toujours bon pied bon oeil, à bientôt 13 ans (presque 90 ans, années chiens!). Gobi ne court plus avec les autres cette saison. Si elle aime sortir dehors voir l’attelage, elle est bien contente de voir passer le traîneau sans avoir à courir elle aussi! Une seule fois, elle nous a accompagné, en courant derrrière le traîneau, mais elle a compris que ça n’était plus de son âge! Mère Gobi a appris cet hiver, avec les conseils éclairés de Sherley, à ouvrir la porte d’entrée. Ce qui nous fait deux fois plus de courants-d’air, et deux fois moins de portes fermées.

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Sherley, leader incontestée. Elle garde cette jeunesse éternelle qui l’a fait courir comme un jeune chiot, la sagesse en plus. Elle court encore avec nous, mais à son rythme. Sa tumeur à l’épaule droite (que l’on voit sur la photo) est revenue et grossit à vue d’oeil. Elle ne semble pas en souffrir. Nous ne souhaitons pas l’opérer encore, de peur qu’elle ne résiste pas à l’opération. De même que cette tumeur semble bien enracinée hélas.

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Galerie, de gauche à droite :

Magellan : fidèle à elle-même. Sauvage, tête de mule, intelligente, rusée. Magellan court le plus souvent en leader faute d’avoir d’autres « vrais » leaders sous la main. Elle semble aimer de moins en moins cela, mais elle est douée et nous comptons sur son intelligence pour nous mener à bon port.  Un caractère… il lui arrive de bouder toute la journée parfois, lorsque nous partons pour une grande randonnée et qu’elle ne fait pas partie de l’attelage. Le soir et jusqu’au lendemain, elle reste cloitrée dans sa niche !

Muskee : le petit nouveau de la saison. Notre amie Dee-Dee nous l’a « prêté » pour l’hiver. Un brave petit chien, toujours partant, jeune et plein d’énergie, calme et doux. On le place en Swing, derrière les leaders. Il a un joli cœur entre les yeux et sur le front. Il a beaucoup « pleuré » ses premières semaines avec nous. Sa « vraie » famille a dû lui manquer pour un temps mais maintenant il semble heureux parmi nous.

Doc : le beau gosse qui charme le cœur des belles. Je l’aime de plus en plus. Il a tout pour plaire ! Fort, intelligent, calme, travailleur, aussi bon en « wheel » (à l’arrière) qu’en leader. On peut toujours compter sur lui. Il est drôle aussi, car au début, il se cache toujours dans sa niche pour ne pas être « choisit » pour courir… puis finit pas aboyer comme les autres, semblant crier « Moi, moi ! ».

Luna : la petite bombe d’énergie est toujours aussi crazy. Avec Loogy, on les appelle les « Loonies », les Toqués ! Luna ne cesse de me surprendre et sait faire parler d’elle ! Elle a toujours l’aboiement le plus horrible de toute l’histoire des canidés, mais on l’aime bien ! ça n’est que sa deuxième saison, et elle est toujours fofolle… mais on voit des progrès ! Il faut toujours lui crier dans l’oreille et lui pincer fort pour qu’elle cesse de hurler (comme un cochon qu’on égorge, vraiment !), mais elle sait aussi que sa voix dérange et qu’il faut qu’elle se taise. Si c’est dur de l’éduquer, elle a un potentiel énorme et vaut tous les efforts.  Hier, j’ai fait une course en forêt avec elle en leader, et de toutes mes courses mushing, je crois que je n’ai jamais été aussi vite, sur une aussi longue distance ! C’est simple, elle entraîne tout le monde dans sa course effrénée ! Une vraie pile Energizer ! Même la pauvre Magellan qui veut se traîner, doit courir à son rythme !

Booger : ce gros patachon me fait toujours aussi rire. C’est un costaud, mais un gros feignant aussi. Il est excité comme un puce au début (et difficilement contrôlable), brûle toute son énergie sur les premiers kilomètres puis se traîne. Lui ce qu’il aime, c’est les caresses et s’allonger au soleil. Il ferait un chien de compagnie parfait.

Loogy, le Loony. Malgré son caractère joueur et indomptable, je nomme Loogy « chien de la saison » pour ses efforts et progrès comme leader ! Quelle surprise en effet… il semble enfin comprendre « Gee » et « Hagh ! »,  est bien plus calme qu’avant et semble trouver un réel plaisir à être en leader. Ouf ! On avait besoin de ça ! Avec Magellan qui rechigne, Sherley et Gobi à la retraite (pour ainsi dire), on a besoin d’une tête solide ! Il est vraiment increvable, n’a pas peur d’ouvrir les pistes dans la neige profonde et en redemande même ! Brave Loogy !

Chewy : quel beau chien aussi ! Sa queue a des reflets brun-violet ! Un bosseur, un dur à cuir. Il ne lâche pas malgré la fatigue, et il y a de quoi après nos longues randos… C’est quand même les « wheels » (les chiens de l’arrière) qui semblent faire avancer le sled avec le plus de force.

Dewy : un peu comme Booger, c’est une force de la nature mais il ne sait pas gérer son énergie. Cette saison, on l’a vue carrément « abandonner » la partie au retour de balade. Complètement épuisé, il se laissait traîner et je devais freiner pour ne pas qu’il passe sous le sled ! Quand il me fait ce coup là, je le détache et le laisse rentrer seul à la maison.   

CJ : gentille CJ, digne fille de Gobi, est toujours aussi vive, infatigable et motivée. On a remarqué qu’elle a une montée de lait ces jours-ci… et on se demande si elle n’est pas enceinte… ça aurait pu arriver en notre absence (quand on était en France). On sait que par deux fois, deux mâles se sont libérés et ce n’est que le soir que notre voisin les a retrouvés. Affaire à suivre !

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Par judithpuzzuoli
Le
A 21:54
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It’s a dangerous life!

Kenny Lake, 16 janvier

Un élan et son petit squattent notre jardin depuis hier matin. Ils restent une heure, fourragent ici et là,  repartent, reviennent.  Il faut être vigilant lorsque l’on sort dehors, pour être sûrs que la mère n’est pas juste derrière la maison.

Hier matin, tandis que j’étais à Glennallen, Picker (l’une de nos chiennes) s’est libérée de sa chaîne et courait de tous les côtés pour montrer sa joie… C’est alors que maman élan, voyant là une menace pour son petit s’est mise à lui charger dessus! Matt a vu toute la scène: elle a foncé sur les chiens, piétinant tout sur son passage. Picker est parti se mettre à l’abri et c’est un miracle qu’aucun chien n’est été blessé vu la force et le poids de l’animal. Ils ont dû rentrer dans leur niche au dernier moment!

Voici quelques photos avant que la mère ne vienne charger sur nos chiens, prises avec le téléphone de Matt.

A mon retour de « la ville », pas d’élans dans les parages. Le temps que Matt me raconte l’aventure du matin, qui débarque?! Maman et bébé élan! Le petit à l’air décidé à passer la nuit dans notre serre. Tu m’étonnes, il y a là le gîte et le couvert! De la bonne paille sèche, des restes de verdure et de racines de l’été dernier et l’abri en plus!

Bref, dès que j’ai vu la mère par la fenêtre à 3 mêtes à peine de la maison, j’ai pris la caméra pour faire un film et pouvoir vous montrer. Il y a 4 parties. J’ai dû couper un peu car le fichier était top gros. J’y ai mis les « meilleurs » moments. Ames sensibles, s’abstenir! (enfin, maman surtout!). Mais vous verrez, ça se termine bien! Le début commence quelques secondes avant que la mère élan ne viennent charger sur les chiens, puis sur nous… J’ai filmé toute la scène jusqu’au départ des élans.

PS: Désolée, je n’ai pas mis de « beep » sur la bande son pour couvrir nos gros-mots! héhé!

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Voilà pour les aventures d’hier. Plus de peur que de mal et tout le monde est sain et sauf. (Matt a pourtant vu la mère piétiner Fluffy) Mais en fait, ils sont revenus dans la soirée et on pense même qu’ils ont passé la nuit dans la serre au final. On a entendu des bruits de pas en allant se coucher.

C’était vraiment flippant quand la mère nous a chargé dessus et j’ai bien cru qu’elle allait rentrer dans la maison avec nous! Elle a fait demi-tour à moins de 2 mètres de la porte. Matt a tout juste eut le temps de me projeter à l’intérieur et de fermer la porte derrière nous. Ça m’a juste valu un hématome au poignet. 

Hier soir, de nuit, la frontale sur la tête, je regarde dans toutes les directions avant de choisir un coin sûr où pisser! ça fait quand même bizare de se sentir en danger sur son propre terrain!

Ce matin, Matt est parti de bonne heure livrer le journal. Gobi est sortie avec lui et Matt a fermé la porte à clé de l’extérieur pour qu’elle ne puisse pas rentrer et me réveiller (eh oui, elle aussi sait ouvrir les portes maintenant !). Je suis sur le point de me lever quand j’entends le bruit  de sabots qui piétinent sur le pas de la porte, suivit par les aboiements plaintifs de Gobi !! Je saute du lit et descends voir. La mère élan est juste là et je vois Gobi se faufiler pour s’échapper. J’entre-ouvre la porte et appelle Gobi pour qu’elle vienne se mettre à l’abri ! La queue entre les jambes, elle rampe jusqu’à la porte, toute tremblante et entre se cacher sous le bureau. La mère élan est déjà retournée voir son petit… Pauvre Gobi, elle n’a pas bougé depuis des heures!

Je viens de sortir pour nourrir les poules en surveillant qu’il n’y avait pas d’animeaux dans les parages. La cours est vrai un champ de bataille! Des marques de sabots partout et carrément un chemin de sabots qui va droit dans la serre (à force d’y entrer/sortir s’y souvent).

Je vous tiens au courant de la suite des évènements…

 

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Par judithpuzzuoli
Le 16 février, 2012
A 21:24
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Mini-révolution

Kenny Lake, 15 février 

Quelques pas de plus vers le confort !  L’hiver à quelques avantages… dont le temps pour rendre son nid plus douillet.

Ma commode est enfin en place et déjà bien remplie. Il ne lui manque que des poignées et à mettre la porte en place. Mon bazar trouve enfin une place, et ça me fait un beaucoup de bien ! Aimant l’organisation, ça commençait à être dur psychologiquement de voir mes piles d’affaires en vrac depuis mon installation. 

Je me suis aussi mise à la couture grâce à mes amies du club tricot. Premier projet : faire des rideaux  pour isoler les fenêtres lorsqu’il fait bien froid ! N’ayant pas encore fini les contours des fenêtres (prochain projet), on sent les courants d’air !

Le plus long n’est pas la couture en soi, une fois qu’on a pris le coup de main, mais de faire et installer les tringles, faites dans du diamond willow (une espèce de saule qui a la particularité de faire des tortillons et creux uniques en forme de losange). J’avais mis de côté quelques beaux spécimens coupés l’été dernier pour travailler dessus cet hiver. Tous ne font pas l’affaire : il faut le bon diamètre et la bonne forme ! Une courbe naturelle pour pouvoir être vissé aux extrémités sans bloquer les rideaux.

Bref, voilà un aperçu des premiers résultats. Il me reste à chercher 2 beaux bâtons de saule pour fixer les derniers rideaux. Il faut ensuite entre 3-4 heures pour tailler et poncer chaque pièce.

Au final, tout ça prend bien sûr bien plus de temps que si j’avais simplement « acheté » ce dont j’avais besoin, mais j’en retire une immense satisfaction. J’aime pouvoir faire de mes doigts et créer de l’utile. Les objets prennent une autre valeur, sans compter tous le savoir-faire que l’on acquière.

 

 

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Par judithpuzzuoli
Le
A 1:25
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Dog mushing and cutting wood

Kenny Lake, 6 février 

Pour ceux qui viennent de lire le texte précédent, voici une petite aventure qui nous est arrivée il y a quelques jours en allant chercher du bois avec les chiens… C’est un peu long, mais vous aurez toute l’histoire !

Vendredi 3 février, 22° sortie traîneau de la saison. Je continue de noter chaque sortie dans mon « carnet de musheuse ». Matt est allé en forêt la veille en raquettes pour ouvrir la piste et a repéré un coin avec plein de troncs morts, coupés hauts. J’appelle ce site le « Haw’s nest Bluff ». C’est depuis ce point de vue sur la Copper vallée que nous avons découvert l’été dernier un nid de faucon, à environ 3.5km de la maison. Nous décidons d’aller y couper du bois avec 6 chiens.

Le temps est parfait : grand ciel bleu, tout juste une petite brise,-1°C, une neige un peu collante. Avec nous, Magellan et Loogy en leader, Doc et Muskee en swing, Dewy et Chewy en wheel. Il a neigé10 centimètresdans la nuit et nous décidons d’y aller avec les Boys, car il va leur falloir de la force pour damer la piste à nouveau et ramener la cargaison de bois. Magellan, la seule fille, est le cerveau de la bande.  

Tall Matt est assis dans le sled et je suis au contrôle, debout à l’arrière sur les patins. Je regrette déjà d’avoir oublié l’appareil photo car notre équipage est plutôt drôle à voir. Malgré la neige fraîche, nous avançons bien. Les virages secs sont difficiles à prendre avec le poids de Matt dans le sled et nous nous renversons une ou deux fois. On essaye alors d’être tous les deux sur les patins à l’arrière, mais il y a peu de place pour les pieds et je décide finalement de m’asseoir dans le sled. Les branches chargées de neige s’écrasent sur ma figure et je me retrouve couverte de neige en un rien de temps, jusque dans le cou. Les chiens sont super heureux. Ils aiment une bonne balade bien crevante et n’arrêtent pas d’aboyer dès que l’on s’arrête pour leur donner le temps de reprendre leur souffle.

La seconde partie du chemin est plus délicate. Il n’y a eu qu’un passage en raquettes et la neige est profonde. Les chiens s’enfoncent jusqu’à mi-pattes et le moindre écart sur le côté les fait s’enfoncer carrément jusqu’au cou. Matt passe alors devant en raquettes pour ouvrir la piste. Nous avançons lentement mais ça donne une motivation aux chiens et nous le suivons de près. Nous nous arrêtons tous les100 mètrespour que les chiens reprennent leur souffle. La neige collante s’accroche au traîneau ce qui le rend plus lourd et moins manœuvrant. 

Arrivés au Bluff, Matt fait une boucle pour que nous puissions faire demi-tour. Là, la neige est totalement fraîche et nous avançons avec difficulté. Je marche derrière le traîneau et m’enfonce jusqu’aux genoux. Nous trouvons un coin pour attacher le traîneau à un tronc et réorganisons l’emplacement des chiens pour qu’ils ne puissent pas exercer de force sur le sled (et se faire la malle sans nous !). Il leur faut toujours un moment avant de comprendre qu’on va faire une longue pause. Je leur donne alors un snack de saumon bien mérité.

Le temps d’arriver au bluff, la météo a radicalement changée : nous sommes à découvert, face à la vallée et le vent souffle par bourrasques violentes. La vue sur les montagnes est totalement bouchée par un dense mur de neige. Une barrière invisible le fait s’arrêter juste de l’autre côté de la vallée, mais le vent nous apporte déjà quelques flocons et ce front neigeux nous arrive droit dessus.

 Nous décidons toujours de couper du bois car nous en avons vraiment besoin. Tandis que je transporte les bûches coupées jusqu’au traîneau, je vois littéralement arriver sur nous ce mur de neige. En quelques minutes, nous nous retrouvons en pleine tempête de neige ! Un vent à vous bousculer, des flocons glacials (de la taille d’une pièce de monnaie) qui fouettent le visage et une visibilité réduite. Le pique-nique que nous avions prévu attendra le retour ! Les chiens, excités par ce temps ne demandent qu’à rentrer eux aussi.

 Avec notre chargement, nous sommes trop lourds pour être à deux sur le sled. Matt passe devant en raquettes et je le suis, bien contente de retrouver l’abri naturel de la forêt. Ici commence la galère : le traîneau avec sa cargaison de bois humide et couvert de neige, plus moi dessus, doit peser dans les 160kg ! La neige est collante et pas encore bien damée… les chiens fatigués de leurs efforts à l’aller. Dès le premier virage, le sled s’en va tout droit, le nez quittant la piste étroite pour aller s’enfoncer dans la neige profonde. Je cris aux chiens « Everybody ready !? All right !», tout le monde tire mais le sled ne bouge pas d’un pouce. Nous sommes bloqués. Après plusieurs essaient pour motiver les chiens en poussant de toute mes forces sur le traîneau pour les aider, rien n’y fait. Je passe à l’avant du sled, dégage de mes mains le surplus de neige collée dessous et tire sur l’avant pour ramener le traîneau vers la piste. Après de pénibles « Ho Hisse ! » et toute la force de mes petits bras, il finit par bouger. Je grimpe sur le traîneau, pousse un bon coup tandis que les chiens tirent comme des mules et nous revoilà sur la piste. Ouf !

 Seulement je ne suis pas sortie d’affaire… Il y a des virages partout sur ce chemin! Et presque chaque virage me vaut une sortie de piste et son lot d’efforts ! Je suis trempée (jusqu’à la culotte) de m’être assise dans le sled à l’aller, de cette neige humide qui s’infiltre partout, de sueur… J’ai froid, j’ai faim, j’en ai plein le dos ! La maison est encore à plus de 2km et nous avançons comme des escargots.

 Matt me réconforte en me disant que ça le vrai mushing ! Un temps pourri, une neige fraîche, un sled bien chargé ! Que c’est comme ça qu’on apprend à devenir bon musheur. Ok ! Je ris jaune et continue.

 Je décide quand même après un énième virage raté de me décharger un peu. Je retire une belle grosse bûche en me promettant de la récupérer plus tard… ça va un peu mieux mais franchement je n’ai plus de force pour guider le traîneau. Matt me propose les raquettes et de continuer avec les chiens.

 J’enfile les raquettes et dit à Matt de passer devant et ne pas m’attendre car je vais prendre mon temps. Ces raquettes sont vraiment larges et longues et me font marcher en canard. Mais surtout, la neige vient se bloquer dessous par gros paquets et force à s’arrêter tous les20 mètrespour retirer les blocs de glace accrochés aux crampons. Trop galère, autant marcher sans ! Mes pieds s’enfoncent jusqu’aux chevilles et la marche est laborieuse mais au moins j’avance !

 Un quart d’heure plus tard, je retrouve Matt qui m’a attendu. Il me propose de grimper sur le sled ! Pauvres chiens ! On avance un peu mais au premier virage, on s’enfonce dans la poudreuse. C’est bon, je peux marcher, ça va juste prendre du temps ! Mais Matt est décidé à rentrer avec moi et après réflexion se met à balancer le chargement de bois sur le côté ! Je le vois comme un échec de rentrer bredouille, mais suis contente de ne pas avoir à marcher toute cette distance trempée, gelée, affamée et fatiguée ! J’arrive même à blaguer en pensant à la bonne douche chaude qui nous attend en rentrant ! (Nous n’avons pas de douche…)

La récompense : un pique-nique gargantuesque dont des toasts au foie-gras (ramené de France) ! J’enfile mon pyjama et décide de squatter le canapé le reste de l’après midi. Quant au bois, je l’ai récupéré le lendemain, en empruntant une piste gelée et bien damée. A piece of cake !

 

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Par judithpuzzuoli
Le 10 février, 2012
A 5:58
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How to get wood in winter

Kenny Lake, 6 février 2012 

Après la vague de froid de janvier, c’est au tour de la neige. Jamais plus de 12cm par jour, mais petit à petit, ça s’accumule et l’accès à notre chemin depuis la route est à chaque chute de neige un peu plus délicat. Nous refusons l’idée de faire appel à une dameuse, ce qui nous faciliterait la vie, mais au détriment des arbres du chemin, généralement réduits en pièces à cause de la largeur de l’engin.

Depuis notre retour, nous avons épuisé le stock de bois coupé avant notre départ et nous coupons depuis quelques semaines notre bois au compte-goutte, de deux façons : Matt passe une corde autour de sa taille et tire le traîneau jusqu’à l’endroit de la coupe, généralement à proximité du jardin. La forêt alentour étant « nettoyée » depuis plusieurs décennies par d’autres locaux, il reste  peu d’arbres morts sur pieds proche de la maison et la forêt de sapins semble jeune et est bonne santé. Matt se contente généralement de couper de vieux troncs morts, reste de coupes n’ayant pas été terminées il y a de cela des années. Un traîneau bien plein nous fait tenir généralement 2-3 jours, selon les températures. 

Vous me direz : pourquoi ne pas prendre le truck et couper du bois le long des routes, comme on fait parfois ? Pas si facile en fait avec cette neige ultra profonde qui cache en plus les arbres. Il y a en a aussi de moins en moins proche de chez nous (car d’autres locaux font pareil). Pour notre dernière tournée, nous avons coupé deux sapins énormes, mais situés à bien25 mètresde la route. Ça veut dire porter les bûches sur toute cette distance dans la neige profonde, sans oublier le talus raide à monter pour rejoindre la route ! Je fais des allers-retours avec les raquettes aux pieds, mais mon poids cumulé à celui de ma charge me fait m’enfoncer jusqu’à mi-mollets et souvent tomber. Un vrai travail d’Hercule.

L’autre méthode, plus sympa, est de prendre des chiens pour aller plus profond dans la forêt. Les arbres morts ne sont pas nombreux et pas aussi grands que sur le bord de la route, mais ça allie l’utile à l’agréable et ça à le mérite d’être totalement gratuit en énergie (si ça n’est la nôtre !). Nous avons aussi le sentiment d’être complètement autonome et indépendant pour répondre à notre besoin le plus vital par ici : se chauffer.

Maintenant, comment font les autres à Kenny Lake? Déjà, il y a deux groupes : ceux qui ont l’électricité et ceux qui ne l’ont pas. Je dirais qu’il y a plus de monde branché au réseau. L’électricité va souvent de pair avec confort et leur source de chauffage principale est généralement le fuel. Un camion les livre à domicile et tous ont un poêle à bois en secours. Se chauffer au bois dépend aussi du temps disponible : ceux qui ont un travail à plein temps n’ont généralement pas le temps de se procurer leur bois. Ils font alors appel à un bucheron qui leur livre le bois coupé ou vont le chercher eux-mêmes à la scierie locale (175$ pour 3.5m2).

Evidemment, les personnes âgées qui n’ont pas le fuel se font livrer leur bois. Ceux qui n’ont pas l’électricité, par choix de vie, coupent généralement leur bois eux-mêmes. Ça va de pair avec leur façon de penser : vivre indépendant et autonome. Souvent, ces gens ont un travail saisonnier, l’été, et vivent l’hiver de leurs économies.

Quant à ceux qui vont en chiens de traîneau chercher leur bois… nous ne sommes qu’une poignée! Et avec raisons. Je vous raconterai la prochaine fois notre dernière aventure en forêt…

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Par judithpuzzuoli
Le 6 février, 2012
A 21:13
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