Free yourself

Vivre et grandir au coeur de l'Alaska

 

What’s up here ?!

Kenny Lake, 18 mars

Je délaisse quelque peu le blog ces temps-ci ! Je me demande toujours ce que je vais écrire la prochaine fois, avec l’appréhension d’éviter de rentrer dans une certaine routine et de garder l’intérêt de mes fidèles « fans » intacte !

Ce mois de Mars est synonyme de changements. Le premier, est le retour à l’heure d’été, qui marque un tournant radical dans notre long hiver alaskan. Enfin le soleil monte haut et toute la vallée retrouve une lumière éclatante, perdue pendant si longtemps qu’on en avait oublié l’intensité. Il fait jour dès 6h du matin. Le soleil passe au dessus des montagnes vers 8h30 et étend sa course jusque vers 19h, ne faisant nuit noire qu’après 20h30 ! Si nos nuits sont encore froides (-20°Cen moyenne), les jours sont presque « chauds » au soleil. J’ai même inauguré le hamac hier ! On entend à nouveau les oiseaux, les chiens et les poules se prélassent au soleil et on voit apparaître les premiers bourgeons. Un début de Printemps, sauf qu’ici, l’introduction est longue… nous ne verrons le sol que fin avril et les premières feuilles que mi-mai ! Tout comme à l’automne, les feuilles couvrent le sol en moins de 15 jours, il leur faut autant de temps pour pousser à pleine maturité.

En attendant, la neige n’a pas encore vraiment commencée à fondre et le mois de mars est LE mois idéal pour le dog mushing. Température plus douce et journée qui n’en finissent pas. Je sors régulièrement avec les chiens maintenant que notre grande boucle  dans la forêt est complètement ouverte, après les efforts de Matt en raquette et de 6 braves chiens derrière lui. Comme le bois se fait rare autour de chez nous, Matt coupe du bois mort plus profondément dans la forêt, à 3-4 kilomètres. Il vient de couper un sapin gigantesque qui va nous permettre de tenir une bonne semaine. Nous avons empilé les rondins sur le bord du chemin et je rempli le traîneau à chaque retour de ballade. Nous allons aussi au congélateur (au chalet des parents de Matt) en traîneau, où nous ramenons à chaque fois un carton rempli de saumon, saucisse maison, brocolis, épinards… Nos vivres de l’été dernier sont loin d’avoir disparues !

 Parmis les changements, moins récents: vous avais-je dis que j’étais la nouvelle prof de Français et d’Espagnol de Kenny Lake!? Une expérience amusante et enrichissante dont je reparlerai…

Ce mois-ci, nous avons aussi été appelés plusieurs fois à répondre à des urgences avec l’ambulance. Matt est officiellement EMT (Emergency Medical Technician), ce qui fait qu’il est le responsable principal sur les interventions. Je suis ETT (Emergency Trauma Technician), le niveau en dessous, et lui sert donc d’assistante. Moins de responsabilité, mais autant de stress à agir vite et bien.  Le troisième volontaire est le chauffeur de l’ambulance, pas forcément ETT. Notre radio est allumée 24H/24, 7 jours/7 et nous répondons dès nous sommes disponible, même la nuit. Il a 3 équipes qui tournent sur Kenny Lake et je réalise que ça n’est pas tant que ça au regard des disponibilités de chacun et que nous allons intervenir régulièrement avec Matt. D’où la nécessité de réviser et s’entraîner souvent car tout ce savoir à vite fait de s’oublier ! Ça fait drôle de penser qu’à chaque instant, la radio peut sonner pour une urgence. Chaque appel fait monter une décharge d’adrénaline phénoménale, qui dure jusqu’à l’arrivée à la clinique. Le fait de savoir que parfois la vie de quelqu’un est entre nos mains est fort émotionnellement. Nous vivons et voyons des choses qui semblent tout droit sortie d’un film et malgré toute ma répugnance pour la souffrance et le sang, il semble que « sur le vif », un instinct de survit dépasse tout le reste, nous permettant de tout endurer. Pourtant, chaque intervention me rappelle comme nous sommes fragiles et vivons en permanence sur un fil. Notre corps est une précieuse mécanique qu’il nous faut respecter. Aussi, parfois, nous nous retrouvons au mauvais moment, au mauvais endroit et me fait méditer sur le concept de destinée, ne croyant plus au hasard depuis longtemps. Quoi qu’il en soit, ces expériences me rappellent l’importance d’honorer la vie, notre vie, en faisant de chaque jour une fête, en accomplissant ce qui nous plaît et nous réalise.

 Quelques photos: Nous avons fêté l’anniversaire de Matt le 12 mars/ Un Great Grey Howl en visite dans le voisinage. Difficile de prendre une bonne photo car il se confond dans le paysage et l’auto focus à du mal à le trouver sur l’image! /

Mount Wrangell, que nous voyons depuis notre jardin est le volcan actif de la chaîne Wrangell  (les autres autours ont déjà explosé il y a belle lurette). Il « fume » pas mal ces jours-ci, en plusieurs endroits. Rien de grave! C’est un  volcan actif de type  »Shield », le plus grand au monde de sa catégorie, qui n’est pas supposé « exploser » demain ni comme la plupart des volcans. Celui-ci ferait plutôt fondre les millions de tones de neige qui forme son dôme, ce qui créerait un immense raz de marrée de neige boueuse, avalanche qui envahirait toute la vallée. Heureusement, ça n’est pas prêt d’arriver!

 

 

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Par judithpuzzuoli
Le 18 mars, 2012
A 21:09
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More Alaskan Beauty

Kenny Lake, 8 mars

Notre petite chouette (Boreal Owl) est de retour. Elle a passé l’après midi perchée sur l’enclos des poules, immobile comme un sphinx, si ce n’est sa tête qui tourne à 180° d’un côté puis de l’autre, occasionnellement. Elle se fond à merveille dans le paysage d’hiver et le tronc de bois sur lequel elle est perchée. Ses tâches ressemblent à s’y méprendre à la neige fine qui tombe depuis ce matin. L’illusion est parfaite et la première fois que je l’ai aperçue, à seulement trois mètres de moi, j’ai dû m’y reprendre à deux fois.  

Norbert (c’est son surnom), que nous n’avions pas vu depuis l’hiver dernier, semble toujours choisir de venir chasser de jour sous ce temps gris, froid et neigeux. Il est d’une patience à toute épreuve : ni les aboiements des chiens, le bruit de moteur de la moto-neige (que Matt essaye de réparer), ma séance photo à moins de 5 mètres ne semblent la faire bouger. Il fixe le sol, scrutant le moindre mouvement sous la neige trahissant la présence d’un campagnol (vole comme on les appelle ici). Parfois, un petit coup d’œil sur les poules, par curiosité ou par envie ?

Voici quelques clichés de Norbert, pris sous tous les angles.

Aussi, en parlant autour de moi de cette fameuse nuit à aurores boréales, j’ai appris que JT, notre plus proche voisin, avait pris des clichés un peu plus tôt dans la nuit. Il m’a donné quelques unes de ces plus belles photos. Le temps de pause rend la couleur un peu plus verte qu’elle ne l’était en réalité, mais c’est vraiment très proche. J’ai aussi découvert grâce à lui, le mystère des bruits de chaîne/pelle irréguliers… La bonne blague : il se trouve que l’un de ses chiens a pour gamelle une vieille cocotte-minute ! Celle-ci se trouve sur son chemin de ronde et lorsqu’il se déplace, selon l’endroit, sa chaîne vient racler contre la cocotte, ce qui crée un bruit de résonnance lugubre (bien flippant en pleine nuit) ! Le chien devait être en alerte cette nuit là si JT était dehors lui aussi à regarder les aurores. Mystère résolu!

 

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Par judithpuzzuoli
Le 9 mars, 2012
A 4:58
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A few pictures

 Kenny Lake, 3 mars

Dans mes dernières news sur les chiens, j’ai oublié de vous parler de Picker et Fluffy (photo ci-desous).  Je donne sans hésiter à ces deux là le bonnet d’âne de la saison. Si toutes les deux sont toujours excitées comme les autres au départ, après quelques centaines de mètres seulement, elles se traînent toutes deux du derrière et laissent en grande partie les autres faire le travail. Elles ont compris qu’elles pouvaient courir juste assez sans avoir à « tirer » le sled. Bon, on ne leur en veut pas trop, ce sont de vieilles chiennes après tout, 10 et 11 ans respectivement. L’âge de la retraite ! Mais on ne peut s’empêcher de les comparer avec leurs frères et sœurs qui au même âge ont encore une pêche d’enfer! (Assurément, ces chiens sont des athlètes comparé à un chien « de compagnie », qui souvent après 10 ans à des problèmes de hanches et/ou de poids.)

Fluffy et Picker courent donc moins souvent que les autres, surtout maintenant que bien avancé dans la saison, nous faisons de plus longues courses (12 kmminimum). Fluffy, que j’aime particulièrement pour sa bonne bouille et son caractère joueur, me fait immanquablement de vilains tours quand je décide de la prendre comme leader.  Quand le terrain devient difficile (neige profonde) ou que l’on s’arrête quelques secondes pour que la troupe reprenne son souffle, Miss Fluffy profite généralement de l’occasion pour tout simplement faire demi-tour sur place, ce qui bien sûr entraîne tout le monde au passage et crée un nœud énorme dans la chaîne… Elle sait que c’est mal, bien sûr, mais elle est têtue comme peut l’être Magellan et n’écoute que son instinct !

J’ai ajouté dans la galerie de photos, quelques images prises lors d’une sortie traîneau/raquettes, où l’on va vers le profond de la forêt pour ouvrir notre piste préférée. J’accompagne Matt dans le sled jusqu’à l’endroit où la neige est fraîche puis Matt passe devant en raquettes et moi à l’arrière du sled pour contrôler la vitesse des chiens et les motiver quand il faut. Notre grande boucle dans la forêt n’est pas encore complètement ouverte mais on peut déjà aller bien loin et ce sont toujours mes sorties préférées.

 

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Par judithpuzzuoli
Le 3 mars, 2012
A 19:56
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Les aurores boréales sont-elles musicales?

Kenny Lake, 2 mars

Une note quant aux bruits que j’ai entendu l’autre nuit lors des aurores boréales…

Après avoir cherché sur Google, j’ai trouvé un site très documenté, pour ceux qui veulent tout savoir sur ce phénomène: www.banditdenuit.com  

Voici un extrait tiré du site:

« Y a-t-il du bruit auroral ? Voici une question controversée au sujet des aurores polaires. Au cours des derniers siècles, aucune mesure instrumentale et objective de bruit audible n’a été faite, en dépit du fait qu’il y eu plusieurs tentatives avec des microphones extrêmement sensibles.

Les aurores polaires se produisent à partir des altitudes de90 kmet vers l’espace, alors il y a beaucoup de distance avec le sol terrestre. Des enregistrements de bruits anormaux ont été captés en Alaska et en Scandinavie par des spécialistes privés ou en provenance d’universités situés à ces endroits.

Les sons enregistrés ressemblent énormément aux crépitements qu’on entend sous les lignes de hautes tensions de transport d’électricité.

Témoignage : « Ce rideau géant aux couleurs multiples laisse quelques fois entendre le bruit d’une tenture de soie en mouvement : son à peine perceptible à l’attention d’un vivant » (extrait du livre de Joseph Baril, missionnaire depuis 1958 dans le nord de l’Ontario et du Québec, Mes aurores boréales, page 7). »

Si le son des aurores boréales n’a jamais été prouvé scientifiquement, moi je crois en ce que j’ai entendu et que ça n’était pas une hallucination sonore, vue la clarté de l’air.

Pour ce qui est des petits bruits de pétards qui semblaient venir de partout, ça peut venir d’autre chose. Lorsqu’il y a des changements de températures, la glace craque, se dilate, bouge… La rivière n’étant pas très loin, ces bruits peuvent venir de là. Je sais qu’en période de  fonte, on entend comme des explosions suivit par des éboulements (assez impressionant), et que ça provient de la glace accumulée sur les rives qui éclate. Le bruit résonne dans toute la vallée.

Quant au bruit de chaîne ou de pelle… le mystère reste complet!

Ps: merci pour les commentaires de chacun. Désolée de n’avoir pas pu vous montrer le spectacle en image!

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Par judithpuzzuoli
Le 2 mars, 2012
A 19:58
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Cadeau du ciel

Kenny Lake, 1 mars

C’est toujours une mission à reculons que de se lever au milieu de la nuit pour aller dehors vider sa vessie… Etre suffisamment réveillé pour pouvoir descendre du loft de la force de ses bras par le tronc d’arbre bossu – qui nous fait office d’échelle, trouver ses chaussures et son manteau dans le noir sans écraser un chien étalé sur le sol, affronter le froid dehors, revenir congelé et mettre une  heure pour se réchauffer…

De mes yeux de taupe (sans mes lunettes), j’écoute d’abord les bruits de la nuit avant d’avancer de plusieurs mètres hors de la maison, au cas où un élan serait juste dans la cours… En sortant hier soir, je remarque de la lumière inhabituelle dans le ciel, et sachant que la lune n’est qu’à son premier quartier, je devine que c’est une nuit à « Northern Lights » ! Je me précipite à l’intérieur pour trouver mes lunettes et pouvoir les observer en détail.

J’accomplie ma mission sous les étoiles et le ciel qui danse de tous les cotés, savourant ma chance d’être réveillée pour ce grand spectacle si rare cet hiver. Suis-je la seule à l’observer à cette heure tardive ? De souvenirs, je ne crois pas avoir vu un ciel aussi chargé d’aurores. Elles arrivent par vagues entières du Nord. L’horizon est phosphorescent, signe qu’une aurore est sur le point de se « lever » et au dessus de ma tête, de grandes vagues dansent d’Est en Ouest, d’Ouest en Est. C’est fois-ci, elles ne sont pas vertes intenses (comme on les voit sur les photos souvent), ni rouge ou bleu comme on en voit parfois à l’œil nu, mais bien « phosphorescentes », la meilleure description que je puisse donner.

La vitesse à laquelle elles défilent au dessus de ma tête est impressionnante. Agitées comme une tempête en mer, les vagues vont et viennent, disparaissent, réapparaissent, se transformant sans cesse avant de s’évaporer comme par magie en descendant vers le Sud. Cinq minutes à peine, une prochaine vague se lève, toute aussi belle. La lune se devine entre les arbres, à l’Ouest, à peine plus haute qu’un réverbère.

A la beauté du spectacle s’ajoutent des bruits que je ne sais expliquer, et qui dans cette ambiance fantomatique ont le don de me faire sursauter et serrer l’estomac. Il faut savoir  qu’ici en pleine nuit, c’est généralement le silence absolu. Un silence que l’on ne peut connaître si l’on habite en ville, ni même dans un village, où il y a toujours un chien pour aboyer où une voiture au loin. La pureté du ciel ajouté au froid rendent les sons différents, amplifiés.

Quatre sortes de bruits sortent donc de la nuit, séparés les uns des autres, me faisant regarder de tous côtés… Il y a d’abord occasionnellement comme des bruits de pétards venant du ciel. Notre clairière semble amplifier particulièrement les sons et comme le ciel est clair et sans une once de vent, les bruits peuvent venir de plusieurs kilomètres, facile. Comme il est 2H30 du matin et que les sons semblent éclater un peu dans toutes les directions, je me dis que ça n’est pas « humain ». Je rentre une seconde à l’intérieur pour prévenir Matt de ce qui se passe et lui demander à propos de ces bruits de pétards. Il me confirme que ça provient des aurores.

Un autre son très étrange aussi se fait entendre pendant quelques minutes, tandis qu’une aurore au-dessus de ma tête, plus vive que les autres, défile en tous sens : j’entends comme un souffle prolongé, un peu comme un fouet qui claque et résonne ou de mini-bourrasques de vent, sans vent ! C’est très beau et très inhabituel. Je  sais qu’il n’y a pas de vent car les arbres sont parfaitement immobiles et tout me fait penser que c’est l’aurore qui crépite !

J’entends aussi des bruits dans les sous-bois : craquements de bois, pas ? Sûrement un élan qui se balade, mais comme les chiens n’aboient pas et que je ne vois rien, je suis sur mes gardes… Je sais que ça arrive souvent la nuit qu’un élan ou deux passent devant la maison pour traverser la clairière, plus facile à emprunter que la neige profonde.

Enfin un dernier bruit, qui m’intrigue encore. A vous raconter ça au petit matin quand il fait jour, ça fait rigoler, mais je vous assure qu’en pleine nuit, au milieu de la forêt et sous ce ciel magique, tout à de quoi surprendre ! Alors que je m’apprête à me mettre au chaud après un bon quart d’heure dehors, j’entends comme un bruit de chaîne que l’on secoue ou de pelle qui gratte le sol sur des cailloux. Trois-quatre coups de cette sonorité métallique il semble puis le bruit s’arrête avant de reprendre une dizaine de seconde plus tard, de façon irrégulière. On dirait que quelqu’un fait des travaux au milieu de la nuit mais c’est bizarre car il n’y a pas de bruit de moteur. Parfois, des dameuses passent  tard dans la nuit pour nettoyer les routes mais cette fois c’est différent car ça n’est pas continu et ça ne ressemble pas à une machine. Je n’ai aucune idée de ce que ça peut bien être mais mon imagination me permet tous les scenarios ! Après une autre série d’aurores et toujours sans savoir l’origine de ce bruit, je rentre enfin dans le chalet, mes jambes et mes mains étant complètement gelées !

Totalement réveillée après tout ce temps en plein air, je reste à observer une autre aurore depuis la fenêtre. Mais sans les bruits et sans sentir les éléments, ça n’est pas aussi impressionnant. Une aurore s’apprécie vraiment à sa juste valeur dehors, humble petit humain face à l’immensité du ciel ! Je regrette de ne pas savoir prendre en photo ce spectacle mais ajoute cela sur la longue liste des choses à apprendre. Toujours est-il que sans appareil, on profite d’autant plus de ce que nous offre la nature.

Dans : Non classé
Par judithpuzzuoli
Le 1 mars, 2012
A 19:16
Commentaires : 5
 
 
 

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