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Vivre et grandir au coeur de l'Alaska

 

Abeilles et thermites

Abeilles et thermites

Kenny Lake, 29 avril 2012  

Tandis que les derniers amas de neige disparaissent, le printemps s’installe pour de bon. Abeilles et thermites s’activent…

Nos abeilles de l’été dernier n’ont pas survécues. Sans grande surprise vue les périodes de froid qu’on a eu. Peut-être auront-elles plus de chance l’hiver prochain si on trouve un système efficace pour les isoler du gel. Le seul autre apiculteur du coin qui ait tenté activement de garder sa ruche en vie, en chauffant l’un de ces bâtiments, les a vus mourir aussi, malgré qu’elles aient survécu la plus grande partie de l’hiver…

Matt a donc commandé une nouvelle colonie. En fait, 2 boîtes de 10000 abeilles chacune plus une reine dans chaque boîte. Cette année, elles semblent avoir mieux supporté le voyage (de Californie). Il y a peu de perte et elles semblent plus actives.

La ruche de l’année dernière a été nettoyée, il reste encore un peu de miel dans quelques rayons, de quoi leur donner un bon début car pour l’heure, il n’y a aucun bourgeon d’éclos. Le temps est parfait pour les transférer dans leur nouvelle demeure : pas de vent, soleil chaud (pour ici !). Matt décroche la petite boîte qui contient la reine, séparée des ouvrières. La boîte est fermée par un petit bouchon de liège qu’il suffit de pousser pour laisser la reine sortir. Il pousse le bouchon et dépose la boîte au fond de la ruche. Le temps qu’il prenne la boîte pour verser les abeilles dans la ruche (préalablement vaporisée d’eau sucrée, pour les calmer), je vois la reine s’envoler de la ruche !! Aie ! Une ruche sans reine est une ruche morte. Matt la cherche aux alentours, l’aperçoit (elle est reconnaissable avec son gros point jaune collé sur le dos), essaye de la prendre de ses doigts et… la reine s’échappe encore, cette fois prend son envol et disparaît dans la forêt ! Heureusement qu’on a une deuxième reine dans l’autre boîte ! Matt verse toujours la première boîte d’abeilles qui forme un tas énorme au fond de la ruche. Il prend alors la deuxième reine, (que l’on allait condamner à mourir dans son coin !), et pose la boîte ouverte dans la ruche avant de verser la seconde boîte. Sous cette montagne d’abeilles, je me demande comment celles du fond ne se retrouvent pas étouffées, mais apparemment, elles se débrouillent bien.

Matt installe le reste de la ruche, les étages supérieurs, les cadres vides, la grille empêchant la reine d’atteindre le niveau le plus haut, pour qu’elle n’aille pas y pondre et pour qu’on l’on puisse récolter le miel. C’est quand tout est installé que Matt, (avec sa vision d’aigle !), aperçoit sur le sol au pied de la ruche la première Reine ! Cette fois, pas le choix, il faut la tuer car si elle entre dans la ruche, c’est combat de reines assuré, et toutes les deux peuvent en mourir !

Les abeilles n’attendent pas une seconde pour s’organiser et volent déjà partout. On n’a pas mis de protection, cette variété étant si « douce » d’habitude. Nous avons chacun des abeilles pris dans les cheveux et j’ai du mal à garder mon sang-froid, d’entendre des bourdonnements si près de mes oreilles ! Matt vient à ma rescousse, ce qui lui vaut de se faire piquer au visage !

Nous passons un bon moment à les observer s’installer. Ces insectes sont vraiment fascinants et la façon dont elle s’organise instinctivement est phénoménal. Le soir, en fermant une partie de l’entrée principale pour isoler du froid pour la nuit, tout semble en ordre. Les cadavres sont poussés à la porte et la ruche et on peut voir quelques gardiennes en poste. Longue vie à vous, petites abeilles.

Les thermites, c’est nous. Que je sache, il n’y en a pas en Alaska ! Je nous surnomme ainsi pour notre insatiable énergie pour bâtir, quoi que ce soit. Avec ces belles journées, nous nous activons toujours dans divers projets. Matt a fini de restaurer la serre, installé une grande piscine pour récolter l’eau de la neige, plus un grand réservoir et une piscine plus petite. Avec tout ça, on devrait avoir assez d’eau pour l’été, pour arroser nos jardins et abreuve la meute. C’est incroyable l’eau que l’on peut récupérer dans cette marre derrière le jardin où la neige fondue s’accumule depuis un mois. Cette eau finit par s’évaporer complètement si non pompée, alors tant mieux pour nous. On couvre les piscines d’une bâche pour chauffer l’eau avant de vaporiser la surface d’huile d’olive, ce qui devrait éviter que les larves de moustiques pullulent. Et j’espère déjà que cette année sera plus clémente côté moustiques !

Matt a commencé la construction de notre Arctic entry way, sorte d’entrée devant la maison, pour stocker chaussures, affaires de travail, bois, nourriture des animaux… tout ce qu’on n’aura plus à stocker à l’intérieur et qui prend de la place! Ça sera aussi le nouveau logis de Sherley et Gobi pour la nuit, ce qui fait qu’on devrait avoir une maison libérée de la boue, terre, poils… A lot nicer !

Tandis que Matt construit le sol, je prépare un tronc d’arbre, « burl », ce type de tronc bossu si joli. Il va servir de pilier dans l’entrée pour aider à soutenir le toit, et pour le style, typiquement alasakan.

On commence les semis demain ! Nos plants de fraises grandissent à vue d’œil, les épinards plantés à l’automne montrent leur bout du nez, de même que la salade plantée il y a 2 semaines.

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Par judithpuzzuoli
Le 30 avril, 2012
A 0:53
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Première pluie de l’année

Première pluie de l’année

Kenny Lake, 19 avril 

Au moment où j’écris se termine la première pluie 2012 ! Pour nous c’est un évènement ! Cela veut dire, qu’enfin, ce qui tombe du ciel n’arrive plus sous la forme de flocons ! C’est vraiment le printemps en Alaska,  même si pas un bourgeon n’a encore éclos ! !

En plus, la neige semble avoir littéralement disparue en l’espace de quelques jours et le jardin petit à petit apparaît de sous le blanc manteau effrité. On ne cesse de s’émerveiller de voir le sol à nouveau après… 6 mois !

Nous sommes réveillés vers 6H avec le jour et j’ai souvent bien du mal à me rendormir mais bien trop flémarde pour me ever si tôt ! Il va falloir s’habituer aux jours éternels de l’été et au lever de soleil de 2H du matin (peut être plus tôt ?).

Les poules ont repris leurs activités extérieures et ponte quotidienne ! Il était temps ! Pas un œuf depuis octobre (par manque de lumière et froid). Il ne reste plus que 6 poules des 10 achetées au printemps dernier, mais ça nous suffit. Nos poules semblent heureuses de retrouver un peu de chaleur et un terrain où s’ébattre et on les entend glousser à nouveau après le silence de l’hiver. Nous récupérons 3 à 4 œufs par jour en ce moment. Largement de quoi faire pour deux.

 Matt a débuté les activités de jardinage, en commençant par ressusciter les plants de fraises de l’année dernière (stockés au cellier). Ces plants sont en fait les « runners » (les rejets). Ils n’ont pas encore donné de fraises. Les autres plants sont sous la paille dans la serre et on ne sait pas encore s’ils ont survécu avec le froid et tous ces piétinements d’élans! Il a aussi réparé le toit de la serre qui s’était effondré pendant l’hiver et a l’esprit branché jardinage pour la saison. Cette année, nous allons planter juste de quoi nous nourrir pour l’été et l’hiver – pas de marchés- et c’est donc moins stressant. On aura un beau jardin et autant de variétés que l’année dernière, mais finies les grosses journées de récoltes/lavage… Et plus de temps pour les conserves !

On travaille généralement le matin pour le journal (quand c’est la semaine « boulot » pour moi), pour nous laisser les après midis à travailler sur différents projets. J’aime me donner une « mission » par jour, même si bien souvent, il me faut plus d’une journée.  Ces jours-ci, je tanne une peau de mouton que nous avons tué il y a quelques mois (donné par un voisin pour nourrir les chiens). J’avais mis la peau dans la neige après avoir dépecé la bête (toute seule!) et attendais les beaux jours pour la tanner. Ma technique n’est sûrement pas la plus « pro », mais 100% naturelle. Je ne veux pas utiliser des produits chimiques pour la nettoyer et nous n’avons pas toute l’eau à disposition et des bassins pour faire plusieurs rinçages… alors je verrai plus tard pour trouver une solution shampoing/anti-odeur.  La peau de l’année dernière est magnifique en tout cas et parfaitement sèche et souple. Elle est immense et en attendant d’avoir construit mon tipi, je vais la garder au sec.

Matt, entres autres dizaines de projets, travaille sur notre table-cuisine en bois. Il a ce beau tronc d’arbre coupé dans sa tranche en deux depuis des années et on enfin l’utiliser pour la maison. Je vous montrerai le résultat une fois fini et en place! De mon côté, je construis des tabourets de bar pour aller avec. Les pieds sont fait dans du « diamond willow« , ce saule aux anfractuosités superbes et j’ai hâte d’assembler, même si je sais déjà que c’est plus vite dis que fait!

Vous verrez ci-dessous une photo de notre champignon Komboutcha. On nous a offert ce champignon miracle et depuis on le cultive. C’est un puissant remède ancestral pour tout soigner et à boire sans modération pour garder la santé. On mélange le champignon avec du thé noir, du vinaigre, de l’eau et du sucre et on laisse macérer pendant environ 1 mois. On sait que le mélange est prêt quand le champignon a créé un rejeton (un petit champignon). On filtre et y a plus qu’à boire! Le goût est fort, genre limonade bien pétillante, mais pas le goût de champignon. Ensuite, il suffit de recommencer la mixture en jetant le petit champignon.

Avec ces beaux jours, je me prépare à reprendre les travaux sur Juma. J’organise ma liste de priorités ! J’attends encore que la boue sèche autour du bateau et en attendant essaye de finir un tas de petits travaux intérieurs… Comme toujours, pas le temps de s’ennuyer par ici, mais qu’il est bon de faire la sieste dans le hamac et de sentir le soleil !

 

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Par judithpuzzuoli
Le 20 avril, 2012
A 2:43
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Break up c’est parti !

Break up c’est parti !

Kenny Lake, 14 avril 2012

Désolée, encore une longue absence. Difficile de rester enfermée, coincée derrière l’ordi quand il fait si beau dehors et qu’il y a tant à faire !

Le week end de la course en traîneau (fin mars) à marqué définitivement la fin de l’hiver. Nous avons depuis trois semaines un temps radieux. Du grand ciel bleu et une vue sur la chaîne de Wrangells toujours somptueuse. Il gèle encore légèrement la nuit, mais les journées sont douces (+13°Cau soleil). On assiste à la « grande fonte » et à chaque jour laisse voir un peu plus d’herbe – jaune pour l’instant, mais c’est déjà ça !

Ça fond vite au soleil, mais comme il y a beaucoup de forêt et sous-bois, il faudra encore quelques semaines avant que tout soit parti. Qui dit fonte, dit gadoue, plaques de glace, mares et flaques. Les bottes sont de sortie pour ce mois-ci, mais les plus à plaindre sont vraiment nos pauvres chiens, entourés de gadoue et qui doivent se réfugier sur leur niche tout le jour. Comme la saison mushing est maintenant terminée, nous essayons de libérer un chien à la fois quelques heures par jour, histoire que chacun puisse se dégourdir un peu. Ça demande d’être vigilants car aucun de nos animaux n’est castré/opéré, et il y a mes deux peaux de moutons qui sèchent ici et là, à portée de crocs…

Ce beau temps donne envie d’être dehors, mais ça n’est vraiment pas la meilleure saison pour les ballades à pied, à ski de fond ou en raquettes alors on s’occupe autrement avec différents travaux d’aménagements intérieurs (maintenant que le plan de travail n’est plus sous la neige).

Le chalet devient plus confort même si les travaux me semblent toujours avancer trop lentement. Nous avons agrandi la mezzanine pour avoir plus de place pour nos affaires et j’ai construit des étagères et portes coulissantes, pour optimiser l’espace. Si je me débrouille pas mal pour la coupe des planches, les calculs en amont me demandent encore beaucoup d’efforts et de maux de tête… et un projet qui me semble devoir prendre une après midi, en prend généralement trois. Je râle un peu devant mes erreurs de « design » mais l’apprenti menuisier/charpentier apprend petit à petit, aidée par les bons conseils et la patience infinie de Matt. J’ai aussi fini tous les rideaux, fait la finition des bords de fenêtres en bois (ma fierté !), plus des rideaux pour la cuisine.

Le plan de la cuisine est opérationnel depuis un moment déjà, mais il reste encore à construire un égouttoir à vaisselle, finir des étagères et autres espaces de rangement. Sans oublier, bien sûr, l’installation du système de canalisation de l’eau et un vrai robinet !! C’est LE projet-Révolutionnaire que j’attends avec le plus d’impatience depuis mon installation en Alaska. Ça va nous changer la vie ! Rien que pour se laver les mains (à deux mains) et faire la vaisselle sans avoir à chauffer de l’eau dans la bouilloire…

Matt a aussi aménagé un espace de rangement (derrière la cuisine) pour stocker nos conserves et autres produits au sec, plus un autre espace en face pour cacher les batteries,  le coin outils et la citerne à eau (bientôt opérationnelle).

Et dès que la neige ait a fondue bien sûr, Matt va reprendre les travaux de ma « Yoga room », comme il l’appelle, et le projet de salle de bain, véranda et sauna ! Rien que ça ! Bien sûr, tout ne sera pas fini pour l’hiver prochain, mais on a bon espoir d’en faire le plus possible !

Je n’ai pas encore repris les travaux sur Juma (le voilier), mais ça ne saurait tarder. Encore pas mal de glace tout autour. Nous avons tellement de projets et de temps libre, que c’est difficile de choisir les priorités et les jours sont désormais plus longs que notre énergie ne peut en procurer.

Je continue mes cours de français et d’espagnol, 2-3 fois par semaine. Cela me demande toujours beaucoup de temps de préparation et si ça me plaît d’enseigner, on verra l’année prochaine si je souhaite vraiment continuer. La fin de l’année arrive à grands pas par ici et il ne me reste plus qu’un mois de cours.

Toujours des appels d’urgence avec l’ambulance, ici et là. Chaque fois une expérience différente, toujours enrichissante. Les appels en pleine nuit sont moins drôles, mais ils restent rares heureusement. Nous savons maintenant qu’un appel prend en moyenne 4H, entre le départ et le retour. Le plus pénible pour moi est le côté paperasse, où Matt ou l’EMT en charge de l’appel ce jour là doit passer une bonne heure à remplir un dossier complet pour la clinique, une fois le patient transporté et entre des mains expertes.  

La triste nouvelle qui m’a bien pesée sur le cœur ces temps-ci, a été la sale histoire qui a entachée le voisinage. Cela a commencé par la disparition de Spike, le chien de nos amis et voisins les « Hyppies ». Ce chien, un huskies géant de la taille d’un loup presque (!) est vraiment le 3° enfant de la famille et tout en lui montre qu’il se prend lui-même pour un être humain. Une vraie personnalité ! Nous avons l’habitude de le voir faire son tour de ronde et saluer nos chiens presque tous les jours,  toujours en gardant ses distances. Pas de nouvelles de Spike donc pendant 15 jours, et on pense tous qu’il lui arrivé un sale tour, mais quoi ?

Puis on reçoit un appel de notre voisine, bien choquée, qui nous raconte qu’elle a entendu un coup de feu dans l’après midi et qu’au retour d’une visite chez un autre voisin, elle a aperçu du sang sur une piste menant droit chez lui. Il est chez lui dans la cours, l’un de ses chiens en sang, en train de mourir dans ses bras, heurté par une balle. C’est Lupin, l’un des deux chiots-loups dont je vous avais parlé il y a quelques temps. On sait maintenant qu’un autre voisin, cinglé, à tiré sur Lupin, et très probablement -même s’il n’a pas voulu l’avouer- sur Spike également, sûrement tué sur le coup et qu’il aura caché quelque part. Nous avions effectivement entendu un coup de feu le jour de la disparition de Spike…

Ça aurait pu arriver à Sherley et Gobi, qui sont tout le temps en vadrouille dans la journée, et depuis, on ne les laisse plus en liberté ensemble. (Elles semblent rester dans la cours quand elles sont seules). Je ne connais pas ce sale type, mais il faut vraiment être diabolique pour pouvoir oser tirer sur des chiens inoffensifs et de ses propres voisins, sans même un avertissement pour dire qu’il ne veut pas de bête autour de chez lui.

Il y a des gens dérangés partout, mais je crois qu’en Alaska, la dureté du climat et la solitude dans laquelle on peut rester pendant d’aussi longs mois finissent par affecter la raison, peut être plus qu’ailleurs. Pour ma part et selon ma courte expérience sur ces terres, je crois que la solitude rend fou. J’ai envie d’ajouter, si l’on ne sait pas être à l’écoute de son Maître intérieur, ou à la recherche d’une plus grande connaissance de soi.   

 

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Par judithpuzzuoli
Le 14 avril, 2012
A 23:07
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Tonsina Dog Race 2012

Tonsina Dog Race 2012

Kenny Lake, 2 avril 

Désolée pour cette longue absence. Avec le retour des beaux jours, nous nous activons tout le jour comme des termites pour construire, aménager, améliorer notre confort intérieur. Y a de quoi faire… Nous souhaitons avancer le plus possible avant la fonte de la neige et le début des travaux de jardinage, bateau qui nous tiendrons occupés dehors tout l’été.

Ce week end a été bien rempli aussi avec la course de dog mushing de Tonsina (tout près de chez nous). L’année dernière, ma soeurette Sarah était là et nous avions toutes les deux participées, Sarah dans la course de 6 miles/6 chiens, et moi dans la course 10 miles/8chiens. J’avais gardé un goût amer de cette compétition à cause de ma blessure au genou causée durant la course et qui avait traîné des mois après l’incident. Cette année heureusement, ça n’était que du bonheur ! Un bon week end entre amis, de nouvelles connaissances et du grand beau temps.

Cette fois-ci, nous décidons d’aller à Tonsina en truck le matin même avec nos 6 chiens, plutôt que de partir la veille en traîneau jusqu’au Lodge. Mes chiens sont bien entraînés mais je n’ai pas envie de les crever la veille. Nous sommes donc levés de bonne heure samedi matin pour préparer l’équipe. Deux chiens à l’arrière du truck, 4 autres à l’intérieur, côté passagers. Il faut attacher ce petit monde correctement et penser à tout l’équipement nécessaire : nourriture, harnais, sled, équipements en rab en cas de pépin, pelle et sac pour ramasser les crottes, cordes, crocs… pour prévoir d’attacher les chiens comme il faut une fois sur place.

Excitation générale sur le départ puis tout le monde se tient tranquille durant le trajet, même Luna et sa voix stridente. Le choix de mon équipe était difficile ! Il me faut des chiens forts et volontaires, des leaders de confiance… Après mûre réflexions, je choisis Luna et Loogy comme leaders. Un risque à prendre car ces deux là sont vraiment espiègles et indisciplinés mais ils forment une bonne paire et leur enthousiasme est sans limite. En swing (derrière les leaders), CJ et Magellan. CJ pour sa vitalité, Magellan pour son intelligence. Au cas où, je pourrai toujours échanger l’une ou l’autre avec l’un des leaders. En weel (à l’arrière), deux garçons costaux : Doc et Chewy. Il y en avait d’autres mais ces deux là sont les plus persévérants et calmes. L’âge de mes chiens ?  9-10 et 12 ans, mais toujours bon pied, bon œil ! Il n’y a que Luna, 3 ans, la jeune folle qui à elle seule impose son rythme.

Pas de bol, c’est le redoux depuis quelques jours et la neige est vraiment mauvaise. Elle a commencé à fondre et la piste étant fraîchement damée, les pieds s’enfoncent par endroit jusqu’aux genoux (aux épaules pour les chiens). Le responsable de la course nous prévient que ça peut être dangereux pour les chiens et que si nous avons la malchance de tomber du sled, nous pouvons nous retrouver enfoncés jusqu’au cou dans la fraîche ou dans l’un des ruisseaux qui longe la piste par endroit ! J’hésite encore à quelques minutes du départ à concourir pour la course de10 milescar il y a seulement 3 équipes qui y participent et elles semblent être plus proches de mon niveau. Dans la course de6 miles, je sais déjà qu’il y a deux équipes de « pros », avec de jeunes chiens et des sled en carbone ultra léger !! Quelle chance j’ai avec mes vétérans et mon lourd traîneau d’environ 20 kg !

La course de6 milesconsiste en une boucle à effectuer 2 fois, la course de10 miles, même boucle, mais 3 fois ! Les miles sont approximatifs comme vous voyez ! Je trouve ça un peu bête de faire 3 fois la même boucle en repassant par le départ et je me demande si les chiens auront le courage de continuer après 2 mêmes boucles !

Comme la compétition risque d’être annulée si les conditions sont vraiment mauvaises, je me décide à faire la course de6 miles, la première de la journée, car je ne suis pas venue pour rien ! Je tire évidemment le numéro 4, bonne dernière sur le départ ! Ça n’est pas génial car ça veut dire peut être doubler des équipes et emprunter une piste encore plus pourrie !

Sur le départ, les chiens sont comme des fous. Matt m’accompagne jusqu’au la ligne du départ pour retenir les chiens qui tirent fort. C’est le stress car Matt s’enfonce jusqu’aux genoux ici et là et j’ai peur que mes chiens s’emmêlent à quelques minutes du départ.

Et c’est parti ! La piste est un vrai chaos par endroit. Je vois les chiens disparaître jusqu’au cou, sauter pour s’en sortir et continuer. Je dois freiner souvent pour leur laisser le temps de repartir et m’accroche au sled solidement pour rester le plus possible en équilibre. Certains passages sont bien damés (piste voitures) et nous traçons.  Vers la fin de la première boucle, je rattrape une équipe qui termine sa deuxième boucle. De loin je vois le musher tomber du sled et s’enfoncer dans la neige, avec toutes les peines pour repartir. La musheuse y parvient mais dois s’arrêter un peu plus loin pour remettre de l’ordre dans sa chaîne principale. Je décide de la doubler, chaque seconde compte ! Luna veut passer à gauche du sled, Loogy à droite ! Je les arrête, cris « No ! Hah ! (gauche) » et par miracle, les chiens m’écoutent ! Nous passons le sled en frôlant l’équipe de si près que j’ai bien peur d’écraser un chien de l’autre équipe. Puis nous filons tout droit sans incident ! Ouf ! La deuxième boucle se passe sans soucis, je suis plus à l’aise car connaît le parcours et prend un réel plaisir à musher. Le paysage est magnifique. Je termine bonne dernière (4°) avec un temps de 20min19sec, mais suis très fière de mon équipe ! Je ne suis qu’une minute derrière le 3° et ai mes chances de remonter en 3° position le lendemain.

Deuxième jour, dimanche matin. Il y a bien gelé pendant la nuit (-10°C) et la piste est bien meilleure. Même excitation pour les chiens que la veille. Nous partons comme des flèches. A mi-chemin dans ma 1ere boucle, le premier musher au départ arrive derrière moi, à toutes berzingues, me criant de loin de m’arrêter pour le laisser passer. Le gars est vraiment ultra rapide ! Je décide d’attendre le dernier moment pour m’arrêter car je n’ai pas envie de perdre quelques précieuses secondes à l’attendre. Le gars hurle mais tant pis ! Je m’arrête au parfait endroit et il me passe devant sans soucis à la seconde près. Je n’ai pas à m’arrêter plus de 5 secondes et nous repartons sur les chapeaux de roues, les chiens excités à l’idée de courser l’équipe. Nous le suivons de près pendant quelques minutes avant qu’il ne disparaisse ! Un vrai bolide ! Le reste de mon parcours se passe bien, nous sommes plus rapide que la veille même si au 2° tour, je sens que l’on ralenti. Nous rattrapons presque le 3° musher mais ses chiens étant plus réguliers que les miens, il fini par nous devancer. Résultat, je termine en 19min et quelques. Mieux que la veille ! ça ne suffit pas à rattraper mon retard et je termine la course dernière, une minute 30sec derrière le 3°. Le 1er aura mis seulement 14 minutes !

Je regrette un peu de n’avoir pas choisi la course de10 miles, car au final, tous étaient moins rapides que les concurrents de la course 6 miles ! J’avais donc mes chances d’avoir un bon classement ! Tans pis ! Au moins cette année je termine la course, et sans blessure ! Aussi  je suis fière que mes chiens, les plus vieux de la compétition, s’en soient si bien sortis !

 Hier soir, le week end s’est terminé autour d’un feu de joie géant chez des amis de Kenny Lake. Pour la deuxième année, les Lambert ont invité tout le village (ou presque) et plus de 100 personnes, petits, grands et vieux étaient rassemblés dans un grand champ donnant sur une vue imprenable de la chaîne Wrangell. Chaque famille a apporté un ou deux plats en tout genre et le pique-nique de l’année, installé dans un vieux school bus, a donné lieu au plus grand buffet imaginable. Barbecue, plats d’ours, de saumon, de caribou, légumes cuisinés et salades variées, dizaines de desserts..  Totalement unique! L’air était bon même si proche de zéro. Pour nous c’est le Printemps! Le feu de joie haut de plusieurs mètres nous a tenu au chaud pendant que chacun se remplissait la panse, assis dans de vieux canapés ou sur des chaises de camping. Les enfants jouaient au frisbee, batailles de boule de neige et tours de moto-neige, tirés dans une grande luge. L’occasion de revoir tout le voisinage après des mois chacun chez soi à l’abri du froid. Une bien belle fête, un bel esprit Alaskan.

 

 

 

 

 

 

 

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Par judithpuzzuoli
Le 2 avril, 2012
A 21:12
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