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Vivre et grandir au coeur de l'Alaska

 

Last days of dog mushing

Kenny Lake, Alaska, 11 mars

Depuis mon arrivée en Alaska il y a 6 ans (déjà), je tiens un carnet de musher résumant chacune de mes sorties avec les chiens. C’est assez drôle de voir que les 3 premières saisons, je suis sortie en moyenne un plus de 50 fois sur l’ensemble de l’hiver. Puis avec l’arrivée de Timothy, on est descendu à une 12° de fois seulement !

Nous avions 12 chiens en 2009 (mon premier hiver ici) et nous sommes maintenant descendus à 5 ! Il reste les 3 frères, Booger, Chewy et Loogy, et 2 d’une autre litière, Dewy et CJ (la dernière femelle). On perd franchement le compte des années et après avoir regardé mon carnet, on a réalisé comme les chiens sont vieux : les 3 frères viennent de fêter leurs 15 ans et les deux autres 13 ans ! Et pourtant vous ne pouvez imaginer la santé de fer de ces braves chiens ! A croire que passer des hivers dehors par -40°C ça endurci!

Nos vétérans courent encore avec une pèche d’enfer, je n’en crois pas mes yeux à chaque sortie. Pour vous donner une idée, j’ai chronométré hier notre course pour revenir du Wedding Bluff (avec la belle vue sur la Copper River) : 13 minutes pour faire 2.5km. C’était quelques minutes plus long à l’aller car ça monte un peu plus (pente douce graduelle). Et puis au retour ils sont plus motivés car ils savent qu’un goûter les attend à l’arrivée ! Je ne pense pas qu’ils tiendraient ce rythme sur une heure donc c’est difficile de faire une moyenne à l’heure (on ne court plus aussi longtemps depuis quelques années). En tout cas, à cette vitesse sur la piste dans les bois, pleine de virages, bosses, montées et descentes, c’est très excitant. La piste est dans des conditions idéales, je suis même obligée de freiner à l’aller (par peur qu’ils s’épuisent trop vite). Il faut avoir l’œil vigilant pour les branches basses, et être bien souples sur les genoux, un peu comme en ski de piste, pour amortir les bosses et les creux. On file à toute vitesse et c’est un plaisir sans cesse renouvelé, d’autant que même s’il gèle un peu dans la journée, on n’a pas froid car on se dépense, à aider les chiens en courant dans les montées. 

Et puis surtout, quelque soit la vitesse, c’est toujours le même sentiment de liberté, de plénitude, de connexion avec la Nature. Le temps de la course, on oubli tout le reste, on est dans l’instant présent, en rythme avec les chiens et ce qui nous entoure. Cette année, je réalise encore plus la chance que j’ai de pouvoir musher et comme les sorties sont comptées désormais vu l’âge des chiens. Je vis nos dernières aventures avec eux ! CJ a un cancer (opéré l’année dernière mais qui est revenu). Le plus extraordinaire est qu’elle court encore comme un jeune chien. C’est même elle qui impose le rythme aux autres avec sa fougue. Les autres semblent aller très bien mais à cet âge là, quand ils sont malades ça semble venir d’un coup et ça va vite. J’espère quand même pouvoir musher la saison prochaine (dès novembre), mais il me manquera sûrement CJ et donc un bon leader pour courir devant. Loogy se débrouille très bien avec quelqu’un à côté de lui, tout seul il a plus tendance à se retourner, s’arrêter… Donc il faudra peut être voir à emprunter un leader pour la saison. On verra bien. D’ici là, j’espère pouvoir faire du traîneau autant que possible (tous les jours j’aimerai bien) jusqu’à la fin du mois. Fin mars marque toujours la fin de la bonne neige.

 

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Dans : Non classé
Par judithpuzzuoli
Le 12 mars, 2016
A 7:03
Commentaires : 0
 

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